Duché de Silésie

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Duché de Silésie
Księstwo kujawskie (pl)

1138 – 1335

Blason
Blason du duché de Silésie
Description de cette image, également commentée ci-après
Les duchés silésiens pendant les années 1249 à 1273 : Wrocław (en orange), Opole et Racibórz (jaune), Legnica (violet), Głogów (vert) et Opava (bleu)
Informations générales
Statut Duché
Capitale Wrocław
Histoire et événements
1138 Création du duché
1173 Premier partage du duché entre les fils de Ladislas le Banni
1249 Nouvelle partition entre les fils d'Henri II le Pieux
1335 Intégration au Royaume de Bohême
Duc de Silésie
(1er) 1138–1146 Ladislas II le Banni
(Der) 1311-1335 Henri VI le Bon (duc de Wrocław)

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le duché de Silésie, est un ancien duché médiéval, situé dans la région historique de Silésie, en Pologne. Wrocław en est la capitale. Le duché est levé avec le démembrement territorial de la Royaume de Pologne après le décès du duc Boleslas III Bouche-Torse en 1138. À partir de l'année 1249, il se divisa en une pluralité de petits principautés. En 1327, le duché de Wrocław (ce qui reste du duché de Silésie) ainsi que la plupart des autres duchés gouvernés par la dynastie Piast de Silésie sont intégrés au royaume de Bohême. L'acquisition est finalisée en 1335, lorsque le roi polonois Casimir III, par le traité de Trenčín (en), renonce à ses droits sur la Silésie en faveur du roi Jean Ier de Bohême.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le duché s'étend au sud ouest de la Pologne, sur le cours supérieur et central de l'Oder. Il etait bordé au nord avec le duché de Grande-Pologne et à l'est avec le duché de Cracovie (Petite-Pologne). Au sud il confinait avec le duché de Bohême et le margraviat de Moravie, gouvernés par la dynastie des Přemyslides, en plus, à l'ouest avec la marche de Lusace (Basse-Lusace) et la Haute-Lusace.

Les principaux affluents de l'Oder dans la Silésie sont l'Olza, la Nysa Kłodzka, la Ślęza et la Bystrzyca. À l'extrême ouest, les rivières Bóbr et Kwisa devint la limite frontalière avec la Lusace. En outre, la Vistule prend sa source dans les Beskides de Silésie au sud-est. La frontière sud avec la Bohême et la Moravie est en plus grande partie parallèle à la crête de la montagne Sudètes jusqu'à la porte de Moravie, avec le point culminant de la Sniejka (1 602 m) dans les monts des Géants.

Avec les séparations, les régions historiques de la Basse- (Wrocław) et Haute-Silésie (Opole) se développaient. Le territoire qui constituait l'ancienne duché fait aujourd'hui partie de la République de Pologne, également avec de plus petites pièces en la République tchèque et l'Allemagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des ducs de Silésie.

Depuis la fin du Xe siècle, la royaume de Pologne des premiers Piasts a dû batailler ferme avec les ducs de Bohême pour la suprématie dans la Silésie. Il faut attendre l'année 1137 pour qu'un traité de paix, par l'intermédiaire de l'empereur Lothair III, a fixé la frontière entre les deux états le long des Sudètes.

Création[modifier | modifier le code]

Pour éviter un conflit de succession, le duc Boleslas III de Pologne, duc de Pologne depuis 1102, divise son duché en quatre provinces héréditaires (Mazovie, Cujavie, Grande-Pologne et Silésie), qu'il répartit entre ses quatre fils (Ladislas, Boleslas, Mieszko et Henri). Un cinquième duché, le province Seniorate (Petite-Pologne ou Duché de Cracovie), ayant pour capitale Cracovie, est réservé à l'aîné de ses fils, qui selon le principe de l'ancienneté agnatique (en), devient duc princep de toute la Pologne. Le testament de Boleslas III Bouche-Torse (en) marque ainsi le début du démembrement territorial de la Pologne (rozbicia dzielnicowego en polonais).

Ladislas II le Banni, l'ancêtre des Piast de Silésie (Chronica Polonorum du Vincent Kadlubek, 1205/07)

Étant l'aîné, Ladislas reçoit la province seniorate, qui à sa mort devra revenir au senior de la dynastie Piast. Mais il reçoit également à titre personnel et héréditaire, le duché de Silésie, avec Wrocław pour capitale. Néanmoins Ladislas ne parvient pas à prendre le contrôle de toute la Pologne. En 1146, ses demi-frères le bannissent. Boleslas le Frisé, (deuxième fils de Boleslas III), duc de Mazovie, devient duc princep.

Premier partage[modifier | modifier le code]

En 1163, les trois fils de Ladislas, soutenus par l'empereur Frédéric Barberousse, rentrent en Pologne et obligent Boleslas le Frisé à restaurer leur patrimoine. En 1173, près dix ans de règne en commun, ils finissent par se partager le duché de Silésie:

À la mort de Boleslas en décembre 1201, Henri Ier son dernier fils survivant hérite de toutes ses terres. Il entre bientôt en conflit avec ses parents Piast et avec ses voisins allemands. En 1202, il doit faire face à l'invasion de son oncle Mieszko Ier, qui n'est toujours pas satisfait du partage de 1173 et qui a annexé le territoire de Iaroslav d'Opole. Ce territoire restera la propriété des descendants de Mieszko Ier.

En 1206 Henri Ier trouve un accord avec Ladislas III, grand-duc de Pologne, et échange le territoire de Lubusz contre la région de Kalisz en Grande-Pologne. Le plan est remis en cause quand Ladislas III perd le seniorat et que Lubusz est occupée par les troupes de Conrad II, margrave de Lusace. À la mort du margrave en 1210, Henri Ier récupère Lubusz, mais à partir de 1221, il doit encore défendre son territoire contre les attaques de Louis IV, landgrave de Thuringe.

En 1230, à la mort de son cousin le duc d'Opole, Casimir Ier, fils de Mieszko Ier, Henri agit en tant que protecteur de ses neveux mineurs. C'est donc lui qui gouverne sur l'ensemble de la Silésie. En 1232 il devient grand-duc de Pologne, et à sa mort en 1238, son fils Henri II lui succède. La volonté de Boleslas III de rassembler toute la Pologne semble enfin se réaliser.

La famille d'Henri Ier et Edwige de Silésie (Vita beatae Hedwigis, 1353)

En 1239, Henri II abandonne la régence de la Haute-Silésie à son cousin Mieszko II. Il doit à nouveau défendre Lubusz, cette fois contre les forces des margraves de Brandebourg. En 1241 il donne Lubusz à son frère Mieszko. Les espoirs d'une réunification de la Pologne sous la coupe des Piast de Silésie s'envolent avec le début des invasions mongoles et la mort d'Henri II, en 1241, à la bataille de Legnica.

Fragmentation[modifier | modifier le code]

Son fils aîné Boleslas II le Chauve ne parvient à conserver la suprématie que quelques mois et c'est Conrad Ier de Mazovie qui lui succède comme duc de Pologne. Conrad sera à son tour évincé deux ans plus tard au profit de Boleslas V le Pudique. À la mort de Miekszko, en 1242, Boleslas II récupère Lubusz. En 1247, il est contraint par la noblesse à partager le pouvoir avec son frère Henri III le Blanc. Cette collaboration ne dure pas. L’année suivante, les deux frères scindent le duché en deux parties. Boleslas s’approprie la région de Głogów et de Legnica, qui devient sa capitale, créant ainsi le Duché de Legnica. Il laisse la région de Wrocław à Henri, créant ainsi le duché de Wrocław. La guerre entre les deux frères semble inévitable. Pour financer son armée, Bloleslas II cède Lubusz à l'archevêque de Magdebourg, tandis qu'Henri s'allie avec le margrave de Misnie. La guerre n’aura pourtant pas lieu car leur jeune frère Conrad II de Głogów, avec l'aide de Przemysl Ier de Grande-Pologne, s’attaque à Boleslas, qu'il vainc en 1251. Boleslas lui cède alors le Duché de Głogów (en).

Le morcellement du duché de Silésie se poursuit au cours des générations suivantes et accompagne le morcellement de la Pologne (en). En 1270, Henri IV, fils d'Henri III le Blanc, hérite de son oncle Ladislas, l’archevêque de Salzbourg et reçoit le duché de Wrocław. En 1288 il devient même duc de Pologne. Henri IV décède en 1290 sans descendance. Son cousin Henri V le Gros, fils aîné de Boleslas II le Chauve lui succède. Il parvient à rassembler les duchés de Wrocław et de Legnica. Mais à sa mort 1296, ses possessions sont de nouveau partagées entre ses fils.

En 1327, Henri VI le Bon, second fils d'Henri V le Gros, sous la pression de la noblesse de Wrocław, fait allégeance à Jean Ier de Bohême. En échange de l'usufruit la région de Kłodzko ainsi qu’une rente confortable, Henri VI signe même, en 1335, un acte d'héritage par lequel il laisse tous ses territoires à Jean Ier de Bohême. Il décède 3 mois plus tard. La même année, Casimir III de Pologne, n'ayant lui non plus pas d'enfant, renonce par le traité de Trenčín (en), à tous ses droits sur la Silésie au profit du royaume de Bohême.

Cartes[modifier | modifier le code]

Les cartes suivantes illustrent le morcellement du duché de Silésie en une vingtaine de petits duchés indépendants.

Sources[modifier | modifier le code]