Georges Matoré

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Georges Matoré
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
Nationalité
Activités

Georges Matoré () est un lexicologue français, professeur honoraire à la Sorbonne. Pendant la 2e Guerre Mondiale, il est arrêté en Lituanie et incarcéré dans les geôles staliniennes lors de la première occupation de la Lituanie par l'URSS.

Plusieurs fois lauréat de l'Académie Française, Georges Matoré était officier de la Légion d'Honneur, et a présidé l'Association "Liberté pour les Baltes".

Matoré en Lituanie[modifier | modifier le code]

À la fin de ses études à l'Institut des Langues Orientales à Paris, Georges Matoré est nommé par le Quai d’Orsay professeur de français à Klaipėda (Lituanie), un port important lituanien où il arrive le . Le , il est contraint de quitter la ville et est muté à Siauliai. Son départ intervient le lendemain de l'occupation de la ville par les nazis, qui lui redonnent le nom allemand de Memel, nom qu'elle portait jusqu'à son intégration à la Lituanie en 1923. Il y enseignera jusqu’à son arrestation le par le NKVD, sous l’inculpation d’espionnage. Il était resté en Lituanie par amour, après le départ du personnel de l’Ambassade de France en juin 1940, un départ motivé par l’occupation de la Lituanie par les forces soviétiques le , suivie de son intégration à l’URSS le au moyen d’élections truquées (la Lituanie devient officiellement une république socialiste soviétique intégrée à l'URSS le ). Tout en continuant son activité à Siauliai, et à l’invitation des autorités soviétiques, Georges Matoré devient alors enseignant à l’Université de Vilnius, ville alors polonaise restituée par l'URSS à la Lituanie le en échange de bases militaires.

À la suite de son arrestation et de nombreux interrogatoires, après deux mois au secret à la prison de Siauliai, il est transféré au Saugumas de Kaunas (Sureté NKVD), puis à la prison centrale de Kaunas, où il est condamné à 8 ans de prison sans assister à son procès. Fin juin 1941, alors que les armées soviétiques fuient l’avance nazie, il profite de l’abandon de la prison par les autorités pour recouvrer la liberté le . Il réussit à regagner Vilnius à pied le pour rejoindre sa future épouse Aldona. Une fois marié, le couple est inquiété par la Gestapo qui l’interroge en , alors qu’il s’est mis à aider les juifs lituaniens en leur fournissant de faux papiers polonais. Le couple Matoré finit par regagner Paris le en traversant l’Allemagne nazie. Il a publié un récit très vivant de ses années en Lituanie dans Mes prisons en Lituanie, livre paru en 1992. Il y décrit des aspects peu connus des répressions en Lituanie lors de la première occupation soviétique, vécues de l'intérieur des prisons, et donne une image détaillée de la vie quotidienne sous les deux occupations soviétique et nazie.

Matoré en France[modifier | modifier le code]

Il devient assistant à la Sorbonne après son retour de Lituanie, puis est nommé en 1949 professeur à la faculté des Lettres de Besançon. En 1952, il retrouve la Sorbonne comme professeur de linguistique jusqu'à sa retraite.

En 1953 paraît La Méthode en lexicologie de Georges Matoré. Cet ouvrage tente une nouvelle approche en lexicologie : partant du postulat que le vocabulaire d'une civilisation est révélateur de cette civilisation elle-même, Matoré envisage le vocabulaire dans un but historico-sociologique.

En 1985, Matoré propose une première application de sa méthode qui concerne le vocabulaire du Moyen Âge (Le Vocabulaire et la société du Moyen Âge) ; en 1988, il propose Le Vocabulaire et la société du XVIe siècle.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

La Langue de Molière, in : Molière, Œuvres complètes, dir. Gustave Michaut, Paris, Imprimerie nationale de France, 1949

Le Vocabulaire de la prose littéraire de 1833 à 1845. Théophile Gautier et ses premières œuvres en prose, Genève, Librairie Droz ; Lille, Librairie Giard, 1951

La Méthode en lexicologie. Domaine français, Paris, M. Didier, 1953 ; nouvelle édition Paris, M. Didier, 1973

Abbé Prévost, Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, (dir.), Genf/Lille, 1953

L'Espace humain. L'expression de l'espace dans la vie, la pensée et l'art contemporains, La Colombe, Éditions du Vieux Colombier, 1962 ; 2eme édition refondue, Paris, A. G. Nizet, 1976

Dictionnaire du vocabulaire essentiel. Les 5 000 mots fondamentaux, Paris, Larousse, 1963 ; nouvelle édition revue et corrigée, avec la collaboration de Claude-Marie Baranger, Paris, Larousse, 1984, 1993

Histoire des dictionnaires français, Paris, Larousse, 1967

Le vocabulaire et la société sous Louis-Philippe, Genève, Slatkine, 1967

Musique et structure romanesque dans la Recherche du temps perdu (avec Irène Tamba), Paris, Klincksieck, 1972

La Muselière. Un détenu écoute et rêve, Paris, La Pensée universelle, 1975

Le Vocabulaire et la société médiévale, Paris, P.U.F., 1985

Le Vocabulaire et la société du XVIe siècle, Paris, P.U.F., 1988

Mes prisons en Lituanie, Boulogne, Éditions du Griot, 1992