Défense de la forêt contre les incendies

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Auxiliaires de Prévention de la Forêt Méditerranéenne (APFM) et Ouvriers Forestiers Rapatriés d'Afrique du Nord (OFRAN) encadrés par deux officiers de l'Office national des forêts lors d'une cérémonie en 2006.
Cérémonie de commémoration de l'Armée d'Afrique à Saint-Maximin avec garde d'honneur OFRAN - APFM en 2005.
Cérémonie de commémoration des Harkis à Toulon avec garde d'honneur OFRAN au drapeau en 2006.

Les feux de végétation font partie des risques naturels majeurs auxquels une partie de la population française est régulièrement confrontée. C’est pour cela que l’État français a mis en œuvre une politique de prévention appelée Défense de la Forêt Contre les Incendies (DFCI) avec notamment l’équipement, l’aménagement et l’entretien de l’espace forestier.

La politique de l'État français en matière de DFCI est déclinée par plusieurs services :

  • la Délégation à la Protection de la Forêt Méditerranéenne (DPFM) qui a pour mission de proposer et de mettre en œuvre la politique zonale de l’État en matière de prévention des incendies de forêts et d’assurer l’harmonisation de l'application départementale de cette politique interministérielle.
  • Les Directions départementales des territoires (et de la mer pour les départements à façade maritime - DDT ou DDTM) des départements à climat méditerranéen qui sont chargées de mettre en œuvre les politiques publiques d’aménagement et de développement durable des territoires et de la mer. Leurs services forestiers déclinent via le Plan départemental de protection des forêts contre l'incendie la politique de DFCI mise en œuvre dans le département.
  • La Mission zonale DFCI de l'Office national des forêts, basée à Aix-en-Provence, qui assure la coordination des différentes actions de DFCI de l’ONF, en liaison étroite avec les autres acteurs de la prévention.

La lutte contre les incendies de forêts exige une pénétration facile des massifs par les véhicules de patrouille de prévention et de lutte incendie chargés de remplir une mission de service public, il est donc nécessaire d’assurer un réseau de pistes spécialisées (les pistes DFCI) pour accéder à l'intérieur des massifs forestiers, des coupures de combustibles pour permettre la lutte dans des conditions de sécurité acceptable, ainsi que de mettre à disposition des points d'eau pour les véhicules de lutte.

Le Code forestier[1] prévoit l’établissement de servitudes de passages et d’aménagement sur les pistes DFCI qui permettent, outre la pérennisation et la sécurisation des pistes, la gestion et l’entretien des équipements DFCI (barrières, citernes, poteaux incendie…).

En l'absence de réservation de la politique de DFCI pour et par les services de l'État (et vraisemblablement du manque d'argent), n'importe quelle collectivité peut s'emparer de ces missions sous réserve de co-financer pour partie. On assiste donc à une multiplication des acteurs, bien souvent sans beaucoup de concertation et avec création de structures semi-publiques (SIVOM, SIVU et autres syndicats) qui ont pour but la captation de subventions européennes, nationales, régionales, départementales, intercommunales ou municipales et leur utilisation pour tous projets à vocation plus ou moins DFCI comme la mise en valeur agricole ou cynégétique.

La Délégation à la Protection de la Forêt Méditerranéenne (DPFM)[modifier | modifier le code]

La DPFM est un service de l’État à compétence zonale élargie (comprenant les départements des régions Corse, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que l’Ardèche et la Drôme, départements méditerranéens de la région Rhône-Alpes).

La DPFM met en œuvre la politique de l’État en matière de prévention des incendies de forêts en zone méditerranéenne et assure l’harmonisation de l'application départementale de cette politique interministérielle.

Les principales thématiques abordées par la Délégation concernent :

  • les plans de protection des forêts contre les incendies,
  • les équipements du terrain pour la surveillance et la lutte (pistes, pare-feux, vigies, réserves en eau…),
  • les plans de prévention des risques d’incendie de forêt,
  • le débroussaillement (techniques, réglementation),
  • les dispositifs de surveillance,
  • les coupures de combustible,
  • les brûlages dirigés et feux tactiques,
  • le retour d’expérience,
  • les nouvelles technologies et systèmes d’information géographique,
  • la recherche des causes et circonstances d’incendies (en liaison avec les parquets),
  • la gestion de la base de données historique sur les incendies méditerranéens, « Prométhée »,
  • la définition de l’aléa feu de forêt, prévision du danger météorologique d’incendie et mesure du stress hydrique des végétaux (siccité),
  • la recherche appliquée et veille technologique,
  • les échanges frontaliers et participation à certains programmes européens de coopération.

Pour mettre en application ces politiques, la Délégation gère un chapitre du budget du ministère chargé de l’agriculture, le Conservatoire de la forêt méditerranéenne (CFM).

Créé à la suite des incendies dramatiques de l’été 1986, le Conservatoire de la forêt méditerranéenne se présente comme un chapitre du budget du ministère chargé de l’agriculture dont les crédits sont ventilés chaque année par arrêtés ministériels entre les titres et la vingtaine de chapitres d’affectation définitive. Son but est de financer, conjointement avec les collectivités territoriales, des travaux d’aménagement destinés à prévenir les incendies dans les quinze départements où s’étend la forêt méditerranéenne.

Des ressources propres ont été affectées au Conservatoire : une taxe nouvelle sur les briquets et allumettes et le produit d’une hausse de la fiscalité sur les tabacs, le rendement attendu en étant évalué en 1987 à 100 MF, montant auquel les crédits du chapitre ont été fixés pour les premiers exercices.

Malheureusement[2], malgré les enjeux en cause, l'État n'a pas maintenu son effort financier initial ni assuré les conditions d’un bon emploi des crédits. Dès lors, une partie des équipements créés est devenue inutilisable. Cette imprévoyance est d’autant plus critiquable qu’elle affecte un secteur géographique ou l’évolution mal maîtrisée de l’occupation du territoire multiplie les risques de sinistres.

Les Directions départementales des territoires (DDT ou DDTM)[modifier | modifier le code]

Écusson d'épaule brodé cousu à 6 cm en dessous de la couture d'épaule gauche et porté par les employés des Services environnement - forêt des DDAF à partir de 1999.

Conformément à un décret de 2002[3], le plan de protection des forêts contre les incendies est élaboré par le Service forestier de l'État (ou Service environnement - forêt selon la DDT) et est composé des 3 pièces suivantes :

  • le rapport de présentation contenant un bilan descriptif et une analyse des incendies, un diagnostic de situation par massif forestier, comportant l'évaluation de la stratégie, la description et une évaluation du dispositif et une description et une analyse des méthodes employées pour la Défense de la forêt contre les incendies.
  • le document d’orientation contenant les objectifs prioritaires à atteindre en matière de diminution des causes principales de feux et d’amélioration des systèmes de prévention, de surveillance et de lutte.
  • les documents graphiques qui délimitent, par massif forestier, les territoires exposés à un risque d’incendie, indiquent les aménagements et équipements préventifs, identifient les zones soumises à l'aléa feu de végétation et localisent les territoires sur lesquels des plans de prévention des risques naturels (et notamment incendies de forêts, PPRif) doivent être prioritairement élaborés.

Ces services des DDT mettent en application les politiques de DFCI telles que le débroussaillement légal obligatoire, l'emploi du feu, la fermeture des massifs en cas de risque incendie, et bien sûr, la coordination de l’ensemble des acteurs concernés par la création d'ouvrages de Défense de la forêts contre les incendies en les finançant pour partie grâce aux fonds du Conservatoire de la forêt méditerranéenne.

La Mission zonale DFCI de l'Office national des forêts[modifier | modifier le code]

Écusson d'épaule brodé à 6 cm en dessous de la couture d'épaule gauche et porté par les employés de l'O.N.F sur le polo DFCI à partir des années 2000.

L’ONF est un des acteurs de la prévention des risques d’incendie : son action s'intègre dans le cadre de la politique de l'État pour la Défense de la forêt contre les incendies, sous la forme d’une mission d’intérêt général confiée par l’État pour la région méditerranéenne (au sens climatique).

Dans le cadre de la mission d'intérêt général confiée à l'ONF par l'État, les agents de la mission zonale DFCI, basée à Aix-en-Provence, assurent la coordination des différentes actions de DFCI mises en œuvre par les pôles départementaux.

Pour ces missions, ils s'appuient sur des équipes d'ouvriers forestiers spécialisés dispatchées dans les départements à climat méditerranéen soumis au risque d'incendie de végétation.

Les Ouvriers forestiers rapatriés d'Afrique du Nord (OFRAN)[modifier | modifier le code]

Technicien et Ingénieur de l'Office national des forêts encadrant des Ouvriers Forestiers Rapatriés d'Afrique du Nord (OFRAN) lors d'une cérémonie en 2003.

À la fin de la guerre d'Algérie, les harkis, moghaznis et soldats indigènes de l'armée d'Afrique qui avaient fait partie de l'armée française commencèrent à être massacrés par le FLN en violation des accords d'Évian. Finalement, 91 000 harkis et membres de leurs familles purent s’établir en France de 1962 à 1968.

Entre 1962 et 1970, quelque 42 500 personnes sont passées par des camps de transit avant d'être transférées dans d'autres structures censées éviter un déracinement brutal aux familles et les protéger contre d’éventuelles représailles du FLN : on distingue ensuite deux types de camps, les hameaux forestiers, perdus en pleine campagne et les cités urbaines à la périphérie des villes.

Les hameaux de forestage ou hameaux forestiers étaient des structures mises en place en France, pour loger, former et employer des familles d’anciens harkis après la fin de la guerre. Les anciens harkis y étaient employés à des travaux de reboisement et d’aménagement des forêts domaniales.

C'est l'Administration des Eaux et forêts qui est chargée d'accueillir, d'organiser et de gérer les chantiers forestiers de harkis, puis, à partir de 1966, c'est l'Office national des forêts qui reçoit la mission d'encadrer ces chantiers. Les chantiers comportent en général vingt-cinq hommes encadrés par un garde forestier. Sur le plan administratif, les ex-harkis forestiers sont des personnels ouvriers de l'État employés sur les chantiers de protection de la forêt méditerranéenne du Ministère de l'Agriculture[4].

Après les grèves de 1975, les anciens harkis qui travaillent sur les chantiers forestiers se voient proposer un nouveau statut par arrêté interministériel qui leur assure la sécurité de l’emploi, la mensualisation des salaires et la prise en compte des services accomplis dans les forces supplétives[5].

Dès lors, ils sont régulièrement employés pour la création et l'entretien d'ouvrages de DFCI, ainsi que pour la lutte sur les incendies de végétation où ils se font une spécialité de la sécurisation à pied des lisières du feu et de l'allumage de contrefeux.

Les Auxiliaires de protection de la forêt méditerranéenne (APFM)[modifier | modifier le code]

Auxiliaire de Protection de la Forêt Méditerranéenne (APFM) de l'Office national des forêts des Alpes-Maritimes en tenue de feu (veste Nomex jonquille, pantalon Kermel sapin et casque feu de forêt F2).
CCF 2000 litres (moyen) IVECO de la cellule de brûlages dirigés des APFM de l'Office national des forêts du Var, 2011.

Le dispositif APFM (Auxiliaires de protection de la forêt méditerranéenne) a été mis en place par l'État en 1998 en vue de prendre le relais du dispositif OFRAN (Ouvriers forestiers rapatriés d'Afrique du Nord). L'Office national des forêts est désigné comme organisme support de cette Mission d'Intérêt Général par convention passée entre le Ministère et l'Établissement.

Les APFM sont des salariés de droit privé ayant le statut d'ouvriers forestiers de l'ONF. Ils sont régis par les conventions d'établissement et règlements afférents au personnel ouvrier de l'ONF de la Direction territoriale Méditerranée.

Les actions principales des APFM sont les travaux de prévention (débroussaillement en majorité), les brûlages dirigés (préparation des chantiers et réalisation) et les patrouilles estivales de surveillance des massifs forestiers (guet armé terrestre) et l'intervention sur feu naissant en période estivale, ainsi que l'entretien des équipements DFCI le reste de l'année. Un Chef d'unité (et quelquefois un adjoint) encadre les ouvriers APFM.

Certains APFM sont des mécaniciens basés au Garage de la base APFM et chargés de l'entretien et des réparations sur l'ensemble du parc de véhicules et engins de l'État confiés à l'ONF . Ils participent également aux patrouilles estivales en effectuant des dépannages in situ ou en intervenant pour remplacer un véhicule défaillant par un mulet.

D'autres APFM, dits spécialisés sont basés dans les locaux de certaines agences interdépartementale ONF où leurs missions principales sont l'appui administratif concernant les dossiers de brûlages dirigés et d'obligations légales de débroussaillement, la réalisation des fiches Prométhée et la cartographie des brûlages et incendies sur système d'information géographique.

Les unités APFM disposent de broyeurs, d'épareuses, de niveleuses et autres engins de génie forestier. Un outillage manuel, (tronçonneuses et débroussailleuses à bras) complète la panoplie de l'ouvrier APFM.

Pour les brûlages dirigés, la surveillance des massifs forestiers et l'intervention sur feu naissant, les APFM disposent de Camions-citernes feux de forêts légers (CCFl) disposant de kit motopompe avec 400 à 800 litres d'eau, ainsi que de Camions-citernes feux de forêts moyens (CCFM) disposant de réservoirs de 2 000 litres.

Les forestiers-sapeurs[modifier | modifier le code]

Camion-Citerne Feu de Forêt 6000 litre IVECO des forestiers-sapeurs de la corse-du-Sud en 2001.

Les forestiers-sapeurs (à ne pas confondre avec les sapeurs-forestiers qui étaient des forestiers des Eaux et Forêts mobilisés dans le Génie militaire pendant la 2e guerre mondiale) sont du personnel des conseils généraux et non plus de l'Office national des forêts qui les encadrait au début de leur création.

Il y en a environ 700 en France (180 dans les Alpes-Maritimes, 25 en Ardèche, 120 dans les Bouches-du-Rhône, 100 en Corse-du-Sud, 100 en Haute-Corse, 120 dans l’Hérault et 70 dans le Var).

Selon les départements (et les ententes locales avec les Services départementaux d'incendie et de secours), ils participent ou pas au dispositif de lutte contre les incendies de forêt (comme par exemple en Corse), mais d'une manière générale sont toujours partie prenante du volet prévention (création et entretien des accès stratégiques, points d'eau, coupures de combustible, brûlages dirigés...).

Missions, ouvrages et infrastructures de DFCI[modifier | modifier le code]

Contrefeux ou feux tactiques[modifier | modifier le code]

Enquêtes sur les causes[modifier | modifier le code]

Coupures de combustibles et pistes DFCI[modifier | modifier le code]

Brûlages dirigés[modifier | modifier le code]

Restauration des terrains incendiés[modifier | modifier le code]

Points d'eau[modifier | modifier le code]

Signalétique[modifier | modifier le code]

Tours de guet et points hauts[modifier | modifier le code]

Poste de commandement[modifier | modifier le code]

Patrouilles[modifier | modifier le code]

Uniformes et équipements[modifier | modifier le code]

Service Forestier de l'État[modifier | modifier le code]

ONF DFCI[modifier | modifier le code]

Forestiers-sapeurs[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Code forestier (nouveau), Version consolidée au 17 avril 2016, Titre III : Défense et lutte contre les incendies de forêt.
  2. Rapport public annuel 2001 de la Cour des Comptes sur le Conservatoire de la Forêt Méditerranéenne.
  3. Décret n°2002-679 du 29 avril 2002 relatif à la défense et à la lutte contre l’incendie et modifiant le Code forestier.
  4. Philippe Lacroix, Jean-Louis Roque, Robert Izard, Michel Lacan (2011) : Voyage dans les forêts de l’Hérault: De Saint-Guilhem à l’Espinouse, Collection Parthénope, Éditions BIOTOPE, (ISBN 2366620519) & (ISBN 9782366620511), 400 pages.
  5. Abderahmen Moumen, Les Français musulmans en Vaucluse 1962-1991, Installation et difficultés d'intégration d'une communauté de rapatriés d'Algérie, éditions L'Harmattan, collection Histoires et perspectives méditerranéennes, juillet 2003, (ISBN 9782747541404).