Couvent des Augustins de Toulouse

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Couvent des Augustins de Toulouse
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Le couvent des Augustins de Toulouse fut fondé en 1268 à Toulouse pour des religieux de l'ordre des Ermites de saint Augustin (O.E.S.A.). Il fut d’abord implanté hors les murs, près de la porte Matabiau, puis transféré, entre 1310 et 1341, à l’angle de la rue du Musée et de la rue des Arts. Il fut supprimé en 1790 et abrite aujourd'hui le musée d'art de Toulouse.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis 1840 (parties médiévales) et inscrit (escalier Darcy) depuis 1990[1].

Historique[modifier | modifier le code]

La construction du couvent[modifier | modifier le code]

En 1269, une communauté d'Ermites de saint Augustin (O.E.S.A.) fut fondée en dehors de la ville de Toulouse, près de la porte Montolieu, grâce au chapitre des chanoines réguliers de Saint-Sernin (C.R.S.A.) qui s'engagea à y construire un couvent, en échange de terres et de droits que les nouveaux arrivants lui concédèrent à partir des donations dont ils avaient déjà bénéficié (Archives départementales de Haute Garonne, 101 H 638). Comme il arrive fréquemment dans l'histoire des fondations religieuses, le premier lieu d'implantation s'avéra inadéquat aux besoins de la communauté.

En 1309/1310, les ermites de saint Augustin obtinrent du pape Clément V l'autorisation de vendre leur première fondation et d'acquérir l'emplacement actuel pour y construire les bâtiments qui subsistent actuellement à l'intérieur des murs de la cité, sur le territoire de la paroisse Saint-Étienne. Les chanoines de Saint-Sernin commencèrent à s'opposer à ce transfert et finirent par vendre trois maisons aux religieux, en 1326, pour le prix de 3 500 florins en échanges d'une partie de la cire et des draps reçus par les Augustins à chaque sépulture.

Jean Lobres, maître-d'œuvre de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse participa à la construction du chevet de l'église. Celui-ci est composé de trois chapelles ouvrant directement sur la large nef unique, sans transept, avec, en partie haute, une disposition de pans coupés. Cette organisation de l'église est caractéristique du style gothique méridional. En 1341, les fondations du couvent sont bien avancées.

L'église est alors érigée complètement et reçoit un décor peint ressemblant aux peintures de l'Espagne du nord dans la première moitié du XIVe siècle et de miniatures produites dans le milieu royal à l'époque de Philippe le Bel. Le clocher en forme de campanile est construit sur plan carré et à proximité du chœur. L'accès se fait par l'ouverture qui donne aujourd'hui dans la sacristie. La construction de la partie orientale du cloître débute dès l'année 1341. Les trois autres parties ne sont commencées qu'en 1396 par le pierrier Jean Maurin. Puis 90 ans plus tard, en 1396, le cloître est achevé.

L'incendie de 1463[modifier | modifier le code]

À partir du 7 mai 1463 et durant près de quinze jours, à cause de l'imprudence d'un boulanger, un incendie ravagea une grande partie de la ville de Toulouse. Comme pour le couvent des Carmes, la plupart des toits du couvent des Augustins s'effondrèrent. À l'aide des fidèles et de l'Église, la construction du toit repris dès l'année 1495 avec les maçons Martin Pujol et Pierre d'Arroye. Les travaux furent alors rapidement conduits et la nouvelle consécration de l'édifice fut célébrée le .

Le déclin du couvent[modifier | modifier le code]

Le couvent héberge jusqu'à deux cents moines aux XIVe siècle et XVe siècles. Mais rapidement, ce nombre diminue, et ils ne sont plus que cent quarante en 1518, soixante en 1649 et trente-et-un en 1680 pour être réduits à quelques-uns au moment de la Révolution. De plus, en 1542, le couvent est victime d'un pillage des livres et des archives de la bibliothèque, des objets liturgiques et des meubles précieux. Le , jour de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, la foudre s'abat sur le clocher. La flèche et les étages supérieurs sont détruits et provoquent de nombreux dégâts alentour. Cet événement entraîne le déclin du couvent : les difficultés financières et matérielles sont telles que la reconstruction du clocher n'est pas réalisée : le clocher fut amputé d'un étage et demi.

En mai 1562, dans le contexte des mesures qui furent prises à la suite de la révolte des Huguenots, trois augustins furent fouettés en public pour avoir quitté leur couvent, apostasié, et s'être marié avec trois religieuses augustines. Dans la foulée, toutes les religieuses augustines de Toulouse passèrent à la Réforme protestante, à l'exception d'une seule, et leur maison fut donnée aux Jésuite (chapelle des pénitents noirs)[2].

Par décret du , le couvent devient bien national et est désaffecté dès la suppression des ordres monastiques en 1790. Il sera destiné à abriter le musée d'art de Toulouse à partir du .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00094510 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. J. Raynal, Histoire de la ville de Toulouse, Toulouse, 1759, p. 244

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, 11e série, tome IX, Toulouse, 1921, p. 142-150.

Articles connexes[modifier | modifier le code]