Coran d'Othman

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Le Coran d'Othman à Tachkent
Le Coran d'Othman, sourate 7 (Al-A'raf), versets 86 et 87
Une réplique du Coran d'Othman en exposition à la Grande Mosquée de Koweit.

Le Coran d'Othman est une copie manuscrite incomplète du Coran datant du IXe siècle, attribuée erronément à Othman, troisième calife.

Elle est considérée comme la plus ancienne copie du Coran au monde. Elle est réputée garder une trace de sang d'Othman, qui en avait ordonné la recension et qui le lisait quand il fut assassiné.

Elle est incomplète commençant au milieu du verset 7 de la 2e sourate et finissant au 10e verset de la 43e sourate. Par conséquent, on ne sait pas si le Coran d'Othman était achevé et contenait les 114 sourates du Coran officiel postérieur.

Ce manuscrit est conservé à la bibliothèque de la mosquée Telyashayakh dans le vieux quartier Hast-Imam de Tachkent (Ouzbékistan) près du tombeau de l'ouléma du Xe siècle Kaffel-Shashi.

Othman avait nommé un comité pour officialiser un exemplaire du texte coranique et produire plusieurs copies. Cinq exemplaires auraient été envoyés dans les principales villes de l'empire musulman, Othman en gardant une à Médine pour son usage. L'unique autre copie préservée est au palais de Topkapı en Turquie.

Ali a succédé à Othman et aurait emporté l'exemplaire à Koufa actuellement situé en Irak. Tamerlan a envahi la région et saisi l'exemplaire pour l'emporter à Samarcande. Il est resté là pendant plusieurs siècles. En 1868, les Russes ont envahi Samarcande et ont emporté le coran à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg (actuellement la Bibliothèque nationale russe).

Après la Révolution d'Octobre, Lénine, dans un acte de bonne volonté envers les musulmans de Russie, a donné le manuscrit à la population d'Oufa (situé dans l'actuelle Bachkirie). Toutefois, après d'importantes protestations de la population du Turkestan, le document est retourné à Tachkent, où il est resté depuis.

Datation du manuscrit[modifier | modifier le code]

Le Codex de Samarcande ne peut pas avoir été écrit plus tôt que 150 ans après la recension d'Othman ; c'est-à-dire pas avant la fin du VIIIe siècle ou le début du IXe siècle, en raison du style coufique utilisé pour sa rédaction[1]. Certains musulmans affirment qu'il y a deux « recensions othmanes », ou copies originales du codex d'Othman du Coran : le manuscrit de Samarcande, à la bibliothèque de Tachkent en Ouzbékistan, et le manuscrit de Topkapi, au musée de Topkapi, à Istanbul en Turquie. Certains affirment que les taches rouges sur une page du codex seraient du sang provenant de l'assassinat d'Othman[2]. Le défaut de cette affirmation est que ces documents sont rédigés dans le style coufique qui, selon les chercheurs Martin Lings et Yasin Hamid Safadi, n'apparaît pas avant la fin du VIIIe siècle[3],[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John Gilchrist, Jam' Al-Qur'an: The Codification of the Qur'an Text, 1989, p. 144-147.
  2. (en) N. K. Singh (dir.) et A. R. Agwan (dir.), Encyclopedia of the Holy Qur'an, Global Vision Publishing House, 2000 (ISBN 81-87746-00-9), p. 496.
  3. (en) Martin Lings et Yasin Hamid Safadi, The Qurʻān: Catalogue of an exhibition of Qurʻān manuscripts at the British Library, 3 April-15 August 1976, World of Islam Festival Publishing Company, 1976 (ISBN 0-905035-21-6), p. 12-13 et 17.
  4. (en) Gilchrist, op. cit., p. 145-146 et 152-153.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]