Cinq points de l'architecture moderne

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Le Carpenter Center, 1963, dans lequel Le Corbusier a souhaité intégrer les cinq points développés[1].

Les cinq points de l'architecture moderne[2], publiés en 1927 par Le Corbusier et Pierre Jeanneret sous le titre les cinq points d'une nouvelle architecture, sont le résumé systématique de leurs idées architecturales, développées au cours des années précédentes.

Ces cinq points sont :

  1. les pilotis (le rez-de-chaussée est transformé en un espace dégagé destiné aux circulations, les locaux obscurs et humides sont supprimés, le jardin passe sous le bâtiment et sur le bâtiment)
  2. le toit-terrasse (ce qui signifie à la fois le renoncement au toit traditionnel en pente, le toit-terrasse rendu ainsi accessible et pouvant servir de solarium, de terrain de sport ou de piscine, et le toit-jardin) ;
  3. le plan libre (la suppression des murs et refends porteurs autorisée par les structures de type poteaux-dalles en acier ou en béton armé libère l'espace, dont le découpage est rendu indépendant de la structure) ;
  4. la fenêtre en bandeau (elle aussi, rendue possible par les structures poteaux-dalles supprimant la contrainte des linteaux) ;
  5. la façade libre (poteaux en retrait des façades, plancher en porte-à-faux, la façade devient une peau mince de murs légers et de baies placées indépendamment de la structure).

Il existe également un sixième point, mais de moindre importance, car il fait plutôt référence à de l'esthétisme. C'est celui de la suppression de la corniche.

Le Corbusier fait aussi référence aux casiers qui prennent place à l'intérieur du bâtiment et de l'encombrement des meubles.

Les cinq points reprennent en fait les principes constructifs développés aux États-Unis par l'École de Chicago sous l'influence de l'enseignement de Viollet-le-Duc. Repris partiellement en Europe par les architectes de l'Art nouveau (Hector Guimard, dont l'école du Sacré-Cœur construite à Paris, en 1895, respecte déjà quatre des cinq points du constructeur suisse ; seul le toit reste en pente), ils y mêlent les principes du mouvement hygiéniste de la fin du XIXe et du début du XXe siècle visant à une exposition maximale au soleil afin de lutter contre la tuberculose.

L'apport essentiel de Le Corbusier consiste en une systématisation de ses théories. De très nombreux bâtiments du Mouvement Moderne, puis du Style international, respecteront ensuite ces « cinq points de l'architecture moderne ».

Quelques bâtiments respectant les cinq points[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eduard Sekler, Le Corbusier at work, 1978, Harvard University Press, page 2.
  2. référence, http://www.fondationsuisse.fr/FR/architecture2D.html