Chaval

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Chaval
Defaut 2.svg
Naissance

Bordeaux
Décès
(à 52 ans)
Paris
Nom de naissance
Yvan Francis Le Louam
Nationalité
francais
Activité
auteur, cartooniste, regisseur

Chaval, de son vrai nom Yvan Francis Le Louarn, est un dessinateur humoriste né à Bordeaux le . Il s'est suicidé à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille bourgeoise et conventionnelle de Bordeaux, il fait des études à l’École des beaux-arts de Bordeaux, puis à l'École des beaux-arts de Paris[1]. Un oncle bohème et fantaisiste, peintre et décorateur, toujours habillé en clochard, ami d’Alphonse Mucha, l’initie aux œuvres des humoristes, Mark Twain, Alphonse Allais, Jerome K. Jerome. Il pratique la gravure et c’est à la demande d’un éditeur d’illustrer des livres qu’il s’est installé à Paris. Il exerce ensuite divers métiers, et travaille pour la publicité, illustrant notamment une longue campagne pour les produits en tube, tout en publiant ses dessins d’humour.

En 1942, il réalise plusieurs caricatures d'humour noir, jugées depuis antisémites [2],[3], pour le journal collaborationniste bordelais Le Progrès. Dans les Entretiens avec Chaval de Pierre Ajame[4], il dit avoir eu « mentalement un côté collabo »[5], ajoutant : « la chose publique ne m'intéresse pas, je n'ai jamais milité. Je suis toujours resté seul »[3]. C'est seulement dans les années 1950 que Chaval connaît la notoriété. Il dessine alors dans de nombreux journaux à grand tirage où son humour décalé est diversement apprécié. Il obtient en 1953 la Coupe Internationale du Meilleur Dessinateur. Utilisant jeux de mots et calembours, ses dessins sont remplis de dérision.

Son pseudonyme est choisi en hommage au facteur Cheval, qui fut transformé en Chaval après une erreur de transcription.

Cinéaste amateur, il réalise lui-même plusieurs courts métrages à partir de ses dessins, notamment Conte médiocre et Les oiseaux sont des cons. Son ami Mario Ruspoli réalisera deux courts métrages sur lui après son décès : Chaval et Le Chavalanthrope.

Il devient neurasthénique après la mort de sa femme, qui s'est suicidée après qu'il lui a avoué qu'il la trompait régulièrement depuis plusieurs années[6]; il finit par se suicider chez lui le 22 janvier 1968 à Paris, au gaz après avoir calfeutré la porte et affiché cet avis « Attention, Danger d'Explosion ».

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

  • L'homme
  • L'animalier
  • Les oiseaux sont des cons

Recueil de textes[modifier | modifier le code]

  • Les gros chiens

Films[modifier | modifier le code]

  • Conte médiocre [7]
  • Les oiseaux sont des cons[8]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Auteur d'illustrations pour :

  • Livres
    • Swift [1]
    • Kästner [1] (auteur allemand antifasciste, mais aussi livres jeunesse)
    • Queneau [1]
    • Robert Beauvais, Histoire de France et de s'amuser. Dessins de Chaval. 1964 [9]
    • Denise Harari et Pierre Defert, Bonnes vacances en France. Dessins de Chaval. 1959 [9]

Expositions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Chaval, revue Carton no 2, Glénat
  • Les Écrits, préface de Marine Degli et Pierre Etaix
  • Martine Gossieaux, Chaval, in La Passion du dessin d'humour, Paris, Buchet-Chastel, « Les Cahiers dessinés », 2008, p. 64-71 (ISBN 978-2-283-02269-6)
  • Thierry Saumier, « Chaval Ironigraphe ou « Mieux vaut pleurer que rire à contretemps » », Le Festin, no 20,‎ (lire en ligne)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (de) « Chaval » (consulté le 14 juillet 2016)
  2. « A Bordeaux, l'exposition Chaval soulève la polémique », La Croix,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Les collabos, Fayard/Pluriel, (lire en ligne), p. 168 :

    « Le dessin le plus saisissant est celui qui est publié le 13 juin 1942, une semaine après un éditorial non signé justifiant vigoureusement l'institution de l'étoile jaune par les occupants. On y voit deux Juifs, caricaturés selon les conventions antisémites en vigueur, arborant ladite étoile ; dialogue : Tiens vous en avez deux ? — Oui, on m'a fait un prix.  »

  4. Éditions Alice, Genève, 1976
  5. cité par Frédéric Pajak dans l'avant-propos de Les hommes sont des cons, Les cahiers dessinés, 2013.
  6. Mathieu Lindon, « UN REMÈDE DE CHAVAL » (consulté le 14 juillet 2016)
  7. « CHAVAL (expositions) » (consulté le 16 juin 2016)
  8. (en) « Les oiseaux sont des cons (1965) » (consulté le 16 juin 2016)
  9. a, b et c Library of congress, « Robert Beauvais » (consulté le 14 juillet 2016)
  10. « Chaval, dessins parus dans Paris-Match 1951-1967 » (consulté le 16 juin 2016)
  11. « Chaval » (consulté le 16 juin 2016)
  12. « le Rire Satire Pin-Up 1953 Schem Etaix Peynet Carrizey Montand Chaval Pichard » (consulté le 16 juin 2016)