Charles Guillain
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Charles Guillain est un explorateur français. Né à Lorient le , il y est mort le .
Biographie
[modifier | modifier le code]Son père était commis aux vivres de la marine. Il fait ses études au collège de la Marine d'Angoulême (1822) et dès 1825, embarque pour une mission hydrographique au Proche-Orient. Aspirant (1826), il participe à la bataille de Navarin (1827). Enseigne (1828), il voyage à Terre-Neuve puis sert à Alger et dans la station du Brésil et de La Plata (1831-1833).
Lieutenant de vaisseau (1835), second de La Prévoyante au Sénégal et à La Réunion, il devient commandant de ce navire et passe trois ans dans l'Océan Indien (1836-1839). En 1840, il fait une campagne en mer Rouge et à Madagascar puis est nommé capitaine de corvette (1842).
En 1846, il est chargé de relever les côtes de l'Afrique du Sud et commande le Du Couëdic. Il pénètre alors dans les terres pour étudier les peuples Swahili et Somali et analyser la géographie physique[1]. Pour la première fois dans un voyage scientifique, la photographie est alors utilisée[2].
Capitaine de frégate (1848) puis de vaisseau (1850), il sert en 1854 dans la Baltique.
De 1856 à 1861, il commande la division des équipages de ligne à Lorient et, en 1858, est membre de la Commission d'études sur l'immigration aux colonies.
Auteur en 1861 d'un mémoire intitulé Essai de colonisation pénale à la Nouvelle-Calédonie, il est nommé gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, où il arrive le et y reste jusqu'au . En 1869, Antoine-Léonce Michaux est nommé commissaire général à ses côtés.
Saint-simonien, il met en place le système de la transportation pénale, organise la justice, voulant réhabiliter le bagnard de Nouvelle-Calédonie par le travail et lui donner une seconde vie après sa peine en lui offrant des concessions de terre comme aux colons[3].
Il met en place le travail indigène en 1862, les ateliers de travailleurs indigènes, l'école indigène le .
Il crée en 1864 une société agricole basée sur ses idées saint-simoniennes à Yaté, nommant à sa direction Narcisse-Anténor Leloup (1823-1869)[4]. La ferme-modèle antérieure de Yahoué, à 10 km de Port-de-France, s'inspire de la ferme exemplaire (1822) de Roville de Mathieu de Dombasle.
Il commence les travaux d'urbanisme de Nouméa. En 1862 et 1868, il fait réprimer les soulèvements des régions de Wagap, Pouébo et Bourail, en compagnie d'Eugène Bourgey (1838-1899), qui cartographie le quadrilatère Gatope-Koné-Houagap-Hienghène.
En 1868, il est nommé contre-amiral. Il est enterré à Lorient au cimetière de Carnel.
Publications
[modifier | modifier le code]- Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de la partie occidentale de Madagascar, Paris, Imprimerie royale, 1845, 376 p. (extrait des Annales maritimes et coloniales).
- Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale, Paris, Arthur Bertrand, 1856-1857 comprend 3 volumes : I. Exposé critique des diverses notions acquises sur l'Afrique orientale, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, II - III. Relation du voyage d'exploration à la côte orientale d'Afrique exécuté pendant les années 1846, 1847 et 1848, par le brick le "Ducouëdic", et un atlas.
- Zanzibar et ses habitants, 1857
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Lee Cassanelli 2006.
- ↑ Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle, T.1, Afrique, CTHS, 1988, p. 169
- ↑ Michel Reuillard 1995, p. 33.
- ↑ Jean-Charles Leloup (éditeur scientifique), Pionnier de Nouvelle-Calédonie, 1863-1867. Narcisse-Anténor Leloup, Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires du XIXème siècle », , 245 p. (ISBN 978-2-343-08692-7).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Patrick Bollet (préf. Norbert Métairie), Lorient, ses hommes illustres, Le Faouët, Liv'Éditions, coll. « Mémoire du pays de Lorient », , 384 p. (ISBN 2-84497-071-0 et 978-2-84497-071-8), p. 219-223.
- Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle. Tome 4 : Océanie, CTHS, , p. 196-197.
- (en) Lee Cassanelli, « Tradition to text: writing local Somali history in the travel narrative of Charles Guillain (1846–48) », Journal of African Cultural Studies, vol. 18, no 1 « Language, power and society: orality and literacy in the Horn of Africa », , p. 57-71 (présentation en ligne).
- Jean-François Géraud, « Le sexe et l’outil. L’exemple de Charles Guillain », Revue historique de l’océan Indien, no 5 « Dialogue des cultures dans l’océan Indien occidental (XVIIe-XXe siècle) », , p. 271-290 (lire en ligne
). - Jean-François Géraud, « Images disparues du commandant Guillain : les premiers daguerréotypes sur l’océan Indien », dans Norbert Dodille, Idées et représentations coloniales dans l'océan Indien, Paris, PUPS, (ISBN 978-2-84050-607-2), p. 57-87.
- Michel Reuillard, Charles Guillain, explorateur et gouverneur saint-simonien 1808-1875 (Thèse de 3e cycle Histoire d'Outre-Mer), Université Aix-Marseille 1, , XIX-657 f.
. - Michel Reuillard, « Saint-simonisme et colonisation. La politique indigène du gouverneur Guillain en Nouvelle-Calédonie (1862-1870) », Revue française d'histoire d'outre-mer, t. 79, no 297, 4e trimestre 1992, p. 475-515 (lire en ligne
). - Michel Reuillard, Les Saint-Simoniens et la tentation coloniale. Les explorations africaines et le gouvernement néo-calédonien de Charles Guillain (1808-1875), Aix-en-Provence / Paris, Université de Provence / L'Harmattan, coll. « Peuples et pays de l'océan Indien » (no 11), , 580 p. (ISBN 2-7384-3319-7).
- Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, 2002, p. 231-232

Liens externes
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- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) « Swahili Coast: Exploration by French Captain Charles Guillain, 1846-1848. Part 1, Re-building an Empire and Emancipating Slaves », sur Smithsonian institution Libraries, Washington.