Jean Goujon

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Jean Goujon
Carnavalet Jahreszeiten.jpg

Les Quatre Saisons (v. 1547) (Musée Carnavalet, Paris)

Naissance
Décès
Activités
Œuvres réputées

Jean Goujon, né vers 1510, probablement en Normandie, et mort probablement à Bologne, vers 1566, est un sculpteur et architecte français.

Surnommé le « Phidias français » ou « le Corrège de la sculpture », Jean Goujon est une des figures majeures de la Renaissance française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le début de sa vie est peu connu, il se peut qu’il ait voyagé en Italie. Ses premières œuvres connues datent de 1541 lorsqu’il réalise les bas-reliefs du château d'Écouen pour la famille de Montmorency, les portes de Saint-Maclou et le tombeau de Louis de Brézé à Rouen.

Arrivé à Paris vers 1542, il participe avec cinq autres sculpteurs à la réalisation des œuvres de l’architecte Pierre Lescot selon les dessins et modèles qui leur sont fournis. Dans les actes notariés, il est dit « imagier - façonnier » (jubé de Saint Germain l'Auxerrois) puis pour le Louvre « maître sculpteur[1] ».

Ses œuvres les plus connues exécutées selon « les dessins de Pierre Lescot seigneur de Clagny[2] » sont :

On lui attribue généralement les gravures de la version française du Songe de Poliphile de Francesco Colonna (1546), d’après les gravures de l’édition originale (peut-être dues au studio d’Andrea Mantegna).

On lui devrait également des gravures pour la traduction de Vitruve par Jean Martin en 1547. Il aurait fabriqué aussi des médailles précieuses pour Catherine de Médicis.

La Diane appuyée sur un cerf (v. 1549) dite aussi Fontaine de Diane réalisée pour Diane de Poitiers au château d'Anet a été successivement attribuée à Benvenuto Cellini, Jean Goujon et Germain Pilon. Toutes ces attributions ont été contestées ou réfutées. Il est difficile de juger de l'œuvre qui a été largement complétée par Pierre-Nicolas Beauvallet avant son installation au Musée du Louvre en 1799-1800. Alexandre Lenoir, directeur du Musée à cette époque, est l'auteur de l'attribution à Jean Goujon[4].

Les figures de Goujon sont ovales, sensuelles et fluides. Ses drapés révèlent une connaissance de la sculpture grecque. Répandues dans l’ensemble de la France par des gravures réalisées par des artistes de l’école de Fontainebleau, la pureté et la grâce de son modèle ont influencé les arts décoratifs. Sa réputation connaît, à la fin du XVIe siècle, une légère éclipse au profit de tendances plus maniérées, avant de grandir à nouveau à l'époque du baroque et du classicisme français.

Diane appuyée sur un cerf, Parc Nobel, Stockholm, Suède. Photographie : Bengt Oberger

Décès[modifier | modifier le code]

On ignore la date précise de la mort de Goujon. De religion protestante, son emploi à la cour de France et même sa présence à Paris devinrent difficiles alors que les tensions religieuses augmentaient. Une légende tenace veut que Goujon ait été assassiné lors de la Saint-Barthélemy. Si tel avait été le cas, il aurait été cité a posteriori comme faisant partie des célèbres martyrs du drame, ce qui ne fut pas le cas. L’histoire de sa mort tragique fut cependant reprise dans de nombreux ouvrages de critique d'art et de vulgarisation au XVIIIe et au XIXe siècle[5]. Des recherches plus récentes ont trouvé sa trace dans le milieu des réfugiés huguenots de Bologne en 1562. Il serait mort en Italie entre cette date et 1569[6].

Œuvres en ligne[modifier | modifier le code]

Bas-relief de Jean Goujon, Louvre.
Nymphe et un petit génie sur un cheval marin - Bas-relief de Jean Goujon, Louvre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives nationales, étude CXXII.
  2. Les actes notariés de ces marchés de sculpture le précisent bien.
  3. Les Annales de généalogie, Édition Christian, 3e trimestre 1986, p. 42-74.
  4. « Fontaine de Diane », sur cartelfr.louvre.fr (consulté le 1er mars 2015) ; « La "Diane d'Anet" », sur louvre.fr (consulté le 1er mars 2015) ; Maurice Roy, « La fontaine de Diane du château d'Anet conservée au Louvre et attribuée à Jean Goujon », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 65, no 2,‎ , p. 92 (lire en ligne).
  5. Par exemple : Réveil 1869 qui cite D'Argenville, Vie des fameux architectes..., 1787 ; Clarac, Description historique et graphique du Louvre et des Tuileries, Paris, Imprimerie impériale,‎ .
  6. Pierre du Colombier, Jean Goujon, Paris,‎ d'après Charles Picard, « Jean Goujon et l’Antique », Journal des Savants, 1951 ; notice d'auteur de la Bibliothèque nationale de France ; notice des Archives de France.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy-Michel Leproux, « Jean Goujon et la sculpture funéraire », Renaissance en France, renaissance française ?, Henri Zerner et Marc Bayard (dir.), Paris, 2009, p. 117-132.
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, « La tribune dite des Caryatides au Louvre. Essai d'interprétation », Revue de l'Art, no 157, 2007, p. 57-58.
  • Henri Auguste Jouin, Jean Goujon, Librairie de l'Art, Paris, 1906.
  • Édouard Mennechet, Le Plutarque français, vies des hommes et femmes illustres de la France, Paris, Crapelet, 1835-1841.
  • Réveil, Œuvre de Jean Goujon gravé d'après ses statues et ses bas-reliefs, Paris, Morel,‎ (lire en ligne).
  • Yves Pauwels, Jean Goujon, de Sagredo à Serlio : la culture architecturale d'un « ymaginier architecteur », p. 137-148, Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 1998, no 156-2 (Lire en ligne).
  • Pierre Lescot (1942-....), Pierre Lescot, 1515-1578, Aix-en-Provence, Persée,‎ , 147 p., 21 × 14,8 cm (ISBN 978-2-8231-0334-2)
  • Joly - Jean Goujon - Histoire en BD de 4 pages in Spirou belge n° 951

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