Château de Rouelbeau

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Château de Rouelbeau
Image illustrative de l'article Château de Rouelbeau
Ruines du Château de Rouelbeau
Nom local La Bâtie-Cholay
Période ou style Château fort
Type ruine
Début construction 1318
Fin construction 1355
Propriétaire initial Maison de Faucigny
Protection Bien culturel d'importance régionale
Site web www.batie-rouelbeau.chVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées 46° 14′ 31″ nord, 6° 13′ 04″ est
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
canton suisse Genève
communes de Suisse Meinier

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Château de Rouelbeau

Le château de Rouelbeau ou La Bâtie-Cholay, est un ancien château médiéval dont subsistent quelques vestiges à Meinier, dans la campagne genevoise. Ses vestiges maçonnés attestentla base d'un corps de logis rectangulaire flanqué de deux tours d'angle circulaires. Le tout est édifié sur une plate-forme entourée de doubles fossés qu'alimentaient les marais environnants.

Nom[modifier | modifier le code]

Le château de Rouelbeau est mentionné sous différentes formes. L'archéologue suisse Louis Blondel le mentionne, dans son ouvrage Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, sous le nom La Bâtie-Cholay[1]. On trouve aussi les formes dérivées aussi La Bâthie-Chollex (ou -Cholex), Bâtie-Compey, Bâtie-Rouelbeau ou Roillebot, Bâtie-Souveru, Soubeyron, Sonneyro[2],[3].

Elle porte tout d'abord le nom de Bâtie Cholay, puis de Compey et Soubeyron[4]. Une bâtie est un ensemble fortifié, avec à l'origine un rôle strictement militaire. Cholay ou Choulex puis Compey sont les noms des propriétaires. Le toponyme Soubeyron désigne une hauteur, une situation en hauteur[4]. Il dérive ensuite en Sonneyro, Rouelbeau ou Roillebot sans que l'on est à ce jour de proposition d'interprétation[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La « Bastie de Roillebot » fut d’abord une place forte en bois, entourée de palissades[5]. Elle a été construite par le chevalier Humbert de Choulex en 1318 et a été étudiée en détail lors de plusieurs campagnes de fouilles archéologiques, dont la dernière a eu lieu en 2014[6]

En 1319, le château devient siège d’une châtellenie — ou mandement — du Faucigny delphinale, administrée par Hugues Dauphin, sire de Faucigny, qui s'en sert comme point de résistance contre le comte de Savoie[7],[8]. Ce château fort défendait l'accès des Seigneurs de Faucigny au lac et à la ville neuve d'Hermance. Le contexte politique était alors tendu entre les comtes de Genève, les seigneurs de Faucigny, et la Maison de Savoie.

À cette époque le château était composé d’une bâtie quadrangulaire, en bois, à trois tours d'angle, édifiée sur une motte artificielle. Elle était protégée par une palissade en bois et deux grands fossés remplis d'eau (fossés desquels a été excavé l’argile ayant servi à la fabrication de la motte).

C’est vraisemblablement entre 1339 (date à laquelle le château en bois est consigné dans un acte officiel) et 1355 que fut édifié le château maçonné (avec des murs de 2,25 m composés de boulets et de molasse) dont les ruines nous apparaissent encore aujourd’hui.

Le 5 janvier 1355 le Faucigny est intégré au comté de Savoie ce qui met fin aux querelles entre les deux maisons et fait perdre beaucoup d'importance au château. Le site est progressivement abandonné et le château est détruit par les Bernois en 1536, lors des premiers mouvements de la réforme protestante. La ruine sert dès lors de carrière pour la construction des maisons des villages avoisinants.

En 1643, lors de la vente de la maison forte de La Bâthie, elle est décrite comme : « Une maison haute fossaillée autrefois »[9]. Une autre description nous décrit la réserve (domaine retenu du seigneur) de cette maison forte : « Item une maison haute avec le pressoir, la grange, le colombier une basse court, un puits un curtil (jardin), ensemble de 9 poses de vignes et poses de terres cultivées seytines de pré le tout joint au dit Chollex »[10],[11].

Le site a été classé monument historique en 1921 suite à l’adoption, une année auparavant, de la première loi cantonale sur la protection des monuments et des sites – ce fut le premier bâtiment classé du canton.

Dès 1920 les plans d’assainissement de la zone ont fait disparaître les marécages au profit de zones cultivables et, suite aux projets de renaturation des marais des alentours en 2000-2002, le site du château a trouvé un nouvel intérêt dans le cadre du biotope marécageux de l’époque.

À partir de 2001 le Service cantonal d'archéologie a entrepris de remettre en valeur les ruines du château et d'en comprendre la genèse. Depuis, le château de Rouelbeau fait l’objet d’études et de restaurations. Il s’agit de l’ultime témoignage de l’architecture médiévale conservé dans la campagne genevoise.

Le travail archéologique déjà effectué permet au visiteur de cheminer tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du château et d’appréhender les volumes de cet ensemble défensif.

Description[modifier | modifier le code]

La bâtie était installée sur un molard, qui désigne une élévation ou une colline[12].

Campagne de fouille archéologique de 2001[modifier | modifier le code]

  • bulle pontificale (sceau de plomb destiné à sceller un document) du pape Innocent IV dont le pontificat dura de 1241 à 1254. En 1247, le pape Innocent IV donne des privilèges au sire de Faucigny Aymon II (dont la famille seigneuriale est propriétaire des terres de Rouelbeau) sur les villes d'Hermance et de Monthoux. Rouelbeau aurait alors peut-être servi de dépôt pour ses archives comme en atteste cette découverte.
  • des fragments d’une cruche en céramique à glaçure plombifère décorée de chevrons
  • quelques pièces de monnaies
  • une corne d’appel en céramique

Châtellenie de La Bâtie-Cholay ou Roillebot[modifier | modifier le code]

Durant la période delphinale, le Faucigny serait organisé (à partir de 1342-1343) autour d'une quinzaine de châtellenies, dont La Bâtie-Cholay ou Roillebot[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michelle Joguin Regelin, « Château de Rouelbeau (Meinier) », dans Château-Gaillard, études de castellologie médiévale, XXII : Château et peuplement, actes du colloque international de Voiron (France) 27 août au 4 septembre 2004, Publications du CRAHM, Caen, 2006, p. 189-194.
  • Jean Terrier, archéologue cantonal à Genève
    • « Meinier, ruines du château de Rouelbeau », dans Genava, n.s., LIV, 2006, p. 346-347.
    • avec une contribution de Michelle Joguin Regelin, « Rouelbeau : un château en bois édifié en 1318 au sommet d'un tertre artificiel », dans Archäologie der Schweiz, XXXII, 2009, p. 54-63.
    • Jean Terrier, « Découvertes archéologiques dans le canton de Genève en 2006 et 2007 », dans Genava, n.s. LVI, 2008, p. 99-106
    • avec Michelle Joguin Regelin, « Le château de Rouelbeau - une bâtie en bois édifiée au bas Moyen Âge dans les environs de Genève », dans Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins, 14. Jahrgang, 4. Heft, 2009, p. 113-134.
  • Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol. 7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève (réimpr. 1978) (1re éd. 1956), 486 p., p. 313 et suivantes.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Blondel 1956, p. 313.
  2. Martine Piguet, « Carre, Le » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  3. Nicolas Carrier, Matthieu de La Corbière, Entre Genève et Mont-Blanc au XIVe siècle : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal de 1339, Librairie Droz, , 401 p. (ISBN 978-2-8844-2019-8, lire en ligne), p. 373.
  4. a, b et c D'après Henry Suter, « Rouelbeau », Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, sur henrysuter.ch, Henry Suter, 2000-2009 (consulté le 12 août 2017).
  5. Michelle Joguin-Régelin, «Le château de Rouelbeau (Meinier)», Découvertes archéologiques dans le canton de Genève 2010-2011 (Patrimoine et architecture, Série archéologie n° 1), Office du patrimoine et des sites, Genève, 2013, pp. 62-65.
  6. M. Joguin-Régelin, «Meinier, château de Rouelbeau. Fouilles programmées», Archéologie genevoise 2014-2015 (Patrimoine et architecture, Série archéologie n° 3), Genève, février 2017, p.77.
  7. Élisabeth Sirot 2007, p. 77.
  8. a et b Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe - XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, , 646 p. (ISBN 978-2-90110-218-2), p. 195.
  9. Élisabeth Sirot 2007, p. 79.
  10. Élisabeth Sirot 2007, p. 83.
  11. Archives départementales de Côte-d'Or, 10745.
  12. Nicolas Carrier, Matthieu de La Corbière, Entre Genève et Mont-Blanc au XIVe siècle : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal de 1339, Librairie Droz, , 401 p. (ISBN 978-2-8844-2019-8, lire en ligne), p. 127-133 « Bâtie de Souvero ».