Château de Briançon

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Château de Briançon
Image illustrative de l’article Château de Briançon
Vue sur la Basse-Tarentaise depuis le château
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction IXe siècle
Propriétaire initial Famille de Briançon
Destination initiale Résidence seigneuriale
Destination actuelle Ruiné
Coordonnées 45° 31′ 52″ nord, 6° 28′ 23″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Tarentaise
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune La Léchère

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château de Briançon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Briançon

Le château de Briançon est un ancien château fort, du IXe siècle, centre de la seigneurie de Briançon, élevée au rang de vicomté au XVIe siècle, puis de marquisat en 1680, dont les vestiges se dressent, à Notre-Dame-de-Briançon, sur la commune de La Léchère, dans le département de Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Situation[modifier | modifier le code]

Vestige du mur surplombant le Pas de Briançon.

Les vestiges du château de Briançon sont situés dans le département français de Savoie sur la commune de La Léchère, sur une table rocheuse taillée en falaise, dominant un défilé de l'Isère. Sa position en faisait un édifice « quasi inexpugnable »[2], puisqu'il est installé sur « un rocher triangulaire à pic »[3].

L'architecte diocésain de Tarentaise et archéologue Étienne-Louis Borrel (1822-1906) en donne cette description « Il n'y a rien de plus triste ni de plus sauvage que le sommet de ce roc, rien de plus vertigineux que ses parois verticales, rien de plus frappant que les arêtes aiguës qui le couronnent et rien de mieux naturellement fortifié[3] ». Plus loin dans sa description de la forteresse, il précise « Il n'est pas nécessaire d'être stratégiste pour reconnaître que ce donjon ne pouvait être pris que par la famine[3] ».

Son rôle était stratégique puisqu'il verrouillait l'étroit, appelé « Pas de Briançon »[4]. Au même titre que les places fortes de Montmélian, Charbonnières ou encore Conflans, elle est l'une des « clefs de la Savoie et de ses hautes vallées », ici la Moyenne et la Haute-Tarentaise[5]. Il commandait ainsi la route reliant Tarentaise à la combe de Savoie, l'accès aux cols du Petit et Grand Saint-Bernard. Il défendait un péage établi sur le pont enjambant l'Isère. L'accès se faisait, du côté de l'Isère, par un escalier de 240 marches[6], établi sur une rampe artificielle ou par un sentier situé sur l'autre face du rocher, dont il ne reste aucune trace[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine et les seigneurs de Briançon[modifier | modifier le code]

L'origine du château est fort ancienne, de même que la famille de Briançon. En ces lieux, il y aurait eu un oppidum élevé par les Romains, remplacé par une forteresse sarrazine.

Le château aurait été édifié au IXe siècle[7] par la famille de Briançon. La famille de Briançon, qui en 900 portait le nom de sires de Cur ou de Cœur, est attestée en l'an 1000[8], avec Aymon Cur qui est fait vicomte de Tarentaise par l'archevêque Amizzo ou Aymon Ier.

En 1082, vécut Aymon ou Emeric[8], vicomte de Briançon, seigneur d'Aigueblanche[9]. Ce dernier aurait, selon la chronique, établit un péage sur le pont au cours de ce siècle[9]. Son histoire est controversée ; selon certaines sources, il se serait comporté en brigand abusant de ses droits sur le péage du pont enjambant l'Isère, ce qui aurait amené l'archevêque de Taretnaise, Héraclius, en 1097, à faire appel au comte Humbert II de Savoie[7]. L'archevêque aurait alors mis son diocèse sous la protection du comte, afin qu'il le délivre des tyrannies d'Aymon[10]. Ce dernier aurait mis le siège devant le château et l'aurait fait raser[9]. Aymon reconnaîtra Humbert II comme son suzerain et lui rendra hommage.

Fondation du château[modifier | modifier le code]

Vestiges de l'enceinte du château.

La première mention du Castrum de Brianzone date de l'année 1196[11]. Le 5 des calendes d’août 1196[10], l'empereur d'Allemagne Henri VI du Saint-Empire[Note 1] confirme, par bulle donnée à Turin, la concession du château à l'archevêque Aymon II ou Aymon Neverius, chartreux, frère d'Émeric seigneur de Briançon. Aymon II avait été fait archevêque de Tarentaise aux environs de 1178. La concession du château avait été initialement faite par Frédéric Barberousse, le père d'Henri VI, par bulle, donnée à Pavie, le 6 des ides de mai 1186[10].

Les principaux éléments archéologiques donnent également une fondation qui « ne [parait] pas appartenir à une époque antérieure au XIIe siècle »[13].

Entrée dans le domaine de Savoie[modifier | modifier le code]

En 1276, c'est le comte Philippe Ier de Savoie qui est en possession du château.

Gaspard Ier de Montmayeur en reçoit l'investiture en 1392[8]. À la mort de Jacques de Montmayeur, dernier représentant de cette famille, le château est acquis, en 1486[8], à la suite d'une transaction avec les neveux de ce dernier, par le duc Charles Ier de Savoie, puis cédé, en 1528[8], à Béatrice de Portugal.

Période moderne et destruction[modifier | modifier le code]

Des restaurations et des fortifications y sont alors entreprises, afin de le mettre en défense contre les troupes de François Ier, ce qui ne l'empêche pas de tomber aux mains des Français, en 1535 (selon Chapier)[7], ou 1536 (selon Roche[Note 2], repris par ses successeurs)[8],[13],[14]. Ces derniers l'occupèrent jusqu'en 1557[8] ou 1559[7]. Il est rendu au duc Emmanuel-Philibert de Savoie après la victoire de Saint-Quentin et le traité du Cateau-Cambrésis. Le duc le vend, le 20 mars 1568, au noble François Ramus[15] pour 480 écus d'or.

En 1600[8], il est repris par les troupes du roi de France Henri IV qui le démantèle. En 1630, Thomas de Savoie-Carignan se retranche dans le château face aux troupes de Louis XIII. Menacé d'être pris à revers, par les troupes du maréchal de Bassompierre, il se replie sur la frontière des Alpes. En 1690, la place est prise d'assaut par le maréchal de Catinat qui le détruit à peu près complètement.

La seigneurie de Briançon fut érigée en vicomté au XIe siècle, puis, le , en marquisat, en faveur de la famille Caron de Saint-Thomas.

Description[modifier | modifier le code]

Vestiges de l'ancien escalier d'accès au château.
Vestiges de l'ancienne tour de guet contrôlant l'accès au château.

Il ne reste aujourd'hui du château de Briançon que de rares vestiges d'une courtine flanquée, de deux logis et d'un donjon, ainsi que d'une tour qui devait défendre le passage de l'Isère en contrebas du château[3]. Un plan général a été réalisé par l'architecte Étienne-Louis Borrel[6].

En 1884, on pouvait voir les ruines de deux bâtiments situés à la base de l'escalier, celles des soubassements de trois murs et d'une tour érigée sur les bords de la rivière, sur la rive gauche, et qui devait défendre le pont, un peu en aval du pont actuel[8],[3],[9]. L'architecte Borrel relève qu'une tour devait très probablement se trouver également sur la rive droite[3]. Ces deux tours pouvaient servir, pour l'architecte Borrel, de corps de garde ainsi que bureau de péage[9]. Il indique par ailleurs que ce pont pouvait être « construit en charpente »[9].

Au point culminant de la table rocheuse subsistent les restes d'un donjon[3], carré de 8,40 mètres de côté hors œuvre ; les murs sont arasés au niveau du sol[9].

Les deux tours, situées à la base de l'escalier, plus petites, gardaient ainsi l'unique accès au château, par un escalier[6],[9]. Elles étaient relier par une courtine[9]. La tour de droite était de dimension plus grande, probablement utilisée par la garde[9]. La seconde, plus petite, dont il reste des murs ainsi qu'une voûte de forme barlongue (voir photographie), devait avoir un rôle de guet[9]. L'escalier était installé sur une rampe d'une longueur horizontale de 60 mètres et d'une largeur d'1,60 mètres, toujours visible[3] (voir photographie). Il était constitué de 240 marches[6], ayant 19 cm de hauteur et 25 cm de giron[3].

Des fragments de murs en opus spicatum, semblent dater du premier établissement, aux alentours du XIIe siècle[13].

L'enceinte du château s'est développée notamment sur les arrêtes du roche ou sur les éléments les plus faibles de l'ensemble[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarentaise, Aoste et Maurienne et du décanat de Savoye, S. Hénault, 1759 (copie de l'exemplaire bibliotheque cant. et univ. lausanne), p. 193.
  • Étienne-Louis Borrel, Les monuments anciens de la Tarentaise (Savoie), Paris, Ducher, , 334 p. (lire en ligne), p. 139-141
  • Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages », , 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7), p. 202-203.
  • Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti », , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 107-109.
  • Joseph Garin, Histoire féodale des seigneurs de Briançon, Savoie (996-1530), t. XII, Besançon, Imprimerie de l'Est, coll. « Recueil des mémoires et documents de l'Académie de la Val d'Isère », (lire en ligne)
  • Marius Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (vol. 4), Roanne, Éditions Horvath, , 444 p. (ISBN 978-2-7171-0263-5, lire en ligne), p. 339-340. (Lire en ligne)
  • François Rabut, Communication sur l'inféodation des château et seigneurie de Briançon par le duc Emmanuel-Philibert à noble F. Ramus de Chambéry (1568), vol. 11-12, coll. « Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie », (1867-1870).

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Michèle Brocard mentionne par erreur Henri IV du Saint-Empire ainsi qu'un frère de ce dernier qui serait nommé Frédéric. Il s'agit là, d'un anachronisme : c'est Henri VI du Saint-Empire qui est en cause et non son père Fréderic (Frédéric Barberousse)[12].
  2. J.-L. Roche, directeur des Salines royales de Moûtiers, est l'auteur d'une Notices historiques sur les anciens Centrons, etc. avec quelques observations sur le passage d'Annibal dans lequel il aborde la fortification du Pas de Briançon.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. Marius Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (vol. 4), Roanne, Éditions Horvath, , 444 p. (ISBN 978-2-7171-0263-5, lire en ligne), p. 339-340.
  3. a b c d e f g h i j et k Borrel 1884, p. 139
  4. Garin, 1942, p. 5.
  5. Garin, 1942, p. 8.
  6. a b c et d Garin, 1942, p. 25 (dessin du plan).
  7. a b c et d Georges Chapier 2005, p. 107-109.
  8. a b c d e f g h et i Michèle Brocard 1995, p. 202-203.
  9. a b c d e f g h i j et k Borrel 1884, p. 140.
  10. a b et c Joseph-Antoine Besson 1759, p. 193.
  11. Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 80.
  12. Michèle Brocard 1995, p. 203.
  13. a b et c Borrel 1884, p. 141.
  14. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 669.
  15. François Rabut (1867-1870).