Basilique Santa Prassede

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Basilique Santa Prassede
Entrée principale de la basilique
Entrée principale de la basilique
Présentation
Nom local Basilica di Santa Prassede
Culte Catholique romain
Type Basilique mineure
Début de la construction VIIIe siècle
Site web www.stpudenziana.orgVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Latium
Ville Rome
Coordonnées 41° 53′ 47″ nord, 12° 29′ 55″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Basilique Santa Prassede
Géolocalisation sur la carte : Rome
(Voir situation sur carte : Rome)
Basilique Santa Prassede

La basilique Santa Prassede (en français : Basilique Sainte-Praxède) est une basilique mineure romaine située dans le rione de Monti sur la via di Santa Prassede près de la basilique Sainte-Marie-Majeure. Elle est dédiée à la sainte romaine Praxède.

Historique[modifier | modifier le code]

De nombreuses églises ont été construites autour de la basilique Sainte-Marie-Majeure, parmi lesquelles, comme l'atteste une plaque datant de 491, un titulus Praxedis. Celle-ci se réfère aux vicissitudes de la famille du sénateur Pudens (Ier siècle après J.-C.), qui d'après la tradition a été parmi les premières personnes converties au christianisme à Rome par l'apôtre Paul ; avec Pudens se sont converties aussi ses filles Pudentienne et Praxède.

Pudens possédait une villa dont les restes se trouvent à neuf mètres sous l'actuelle basilique. Il y cachait les chrétiens persécutés, parmi lesquels l'apôtre Pierre, selon certaines sources[Lesquelles ?][réf. nécessaire]. Lorsque Pudens a été martyrisé, Praxedes et Pudentienne, avec le consentement du pape Pie Ier, font construire un baptistère vers 142/145 pour baptiser les nouveaux chrétiens. Praxède et Pudentienne ont également subi le martyre lors des persécutions sous Antonin le Pieux.

À la mort de Pudentienne, Praxède utilise le patrimoine de sa famille pour construire une église sub titulo Praxedis. Elle y cache de nombreux chrétiens persécutés. Elle recueille les corps de ceux qui sont découverts et martyrisés, et les enterre dans les catacombes de Priscille sur la Via Salaria (où elle sera également enterrée avec sa sœur et son père°.

Le Liber Pontificalis indique que vers 780 le pape Adrien Ier rénove complètement ce qui restait du titulus Praxedis. L'église actuelle, en revanche, est due à la rénovation effectuée par le pape Pascal Ier en 817, qui fait construire un nouveau bâtiment à la place du précédent devenu vétuste. La nouvelle église, décorée d'importantes mosaïques, est destinée à abriter les ossements des martyrs enterrés dans le cimetière de Priscille. À partir du IXe siècle, l'église est tellement intégrée dans la structure des bâtiments environnants que la façade n'est pas visible depuis la rue, situation qui persiste jusqu'à la période actuelle.

Au milieu du XIIe siècle, l'église est confiée aux chanoines réguliers de Santa Maria del Reno de Bologne, qui, cependant, gèrent très mal l'ensemble du complexe architectural, de sorte que le pape Célestin III, à la fin du siècle, est contraint de leur en enlever la responsabilité. Son successeur, le pape Innocent III, la céde en 1198 aux moines de l'abbaye de Vallombrosa, qui en sont toujours les propriétaires. Dans la première moitié du XIIIe siècle, les structures de la nef ont été renforcées par l'insertion de trois grands arcs et de six grands piliers. Un campanile est adjoint à la même époque occupant alors une partie du transept gauche. À la fin du siècle, probablement à cause du manque de symétrie du transept, la chapelle qui s'appelle aujourd'hui capella del Crocifisso a été insérée dans le transept opposé.

D'autres interventions, à l'intérieur de l'église, ont été réalisées au cours des siècles suivants, à la demande des différents cardinaux titulaires de la basilique, dont celles des cardinaux Antonio Gentile Pallavicino, qui a reconstruit la zone du presbytère ; Charles Borromée, qui a reconstruit l'escalier d'accès, le portail central et la sacristie, posé la voûte dans les nefs et ouvert les huit grandes fenêtres de la nef centrale (il y en avait 24 à l'époque de Pascal Ier) ; Alexandre de Médicis, qui commande la décoration de la nef ; et enfin, le cardinal Lodovico Pico della Mirandola, qui dans la première moitié du XVIIIe siècle, sur l'indication du synode romain de 1725, fait rechercher les anciennes reliques, occasionnant une nouvelle intervention dans le domaine presbytéral et la reconstruction de la crypte.

Au cours du XIXe siècle et du XXe siècle, diverses interventions ont été effectuées pour retrouver les structures médiévales par la destruction des ajouts ultérieurs : ainsi, en 1918, le sol a été refait dans le style cosmatesque, et en 1937, l'enduit de la façade a été retiré pour restaurer l'ancienne structure.

Le titre cardinalice de Sainte Praxède a été établi par le pape Évariste vers 112 et assigné à cette église plusieurs siècles plus tard.

Architecture et décorations[modifier | modifier le code]

Planimetrie de l'édifice

L'architecture extérieure de cette église est de nos jours quasiment invisible en raison de ses restructurations successives au cours du temps et de son intégration au sein de différents immeubles et échoppes sur ces flancs. L'entrée principale se fait par une porte latérale à droite, et la façade n'est visible que depuis une petite cour accessible par l'intérieur de l'église. La basilique est en riche de très nombreuses mosaïques paléochrétiennes réalisées sous le pape Pascal Ier. La chapelle latérale dite de Saint-Zénon (San Zenone) est particulièrement intéressante car elle accueille une représentation du Jardin du Paradis (Giardino del Paradiso). Comme beaucoup de basiliques paléochrétiennes, cette église possède un ciborium.

Selon la tradition légendaire[1], la basilique abrite un fragment de la colonne de la Flagellation du Christ (inventée par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin) en marbre noir veiné de blanc, contre laquelle il fut torturé avant la Crucifixion. Cette relique attribuée à Jésus a été apportée à Rome par le cardinal Jean Colonna en 1223[2]. Dans la crypte se trouve le tombeau de Sainte Praxède et une antique fresque la représentant.

La basilique abrite également la tombe de l'évêque Giovanni Battista Santoni décorées par un buste qui constitue la première œuvre du Bernin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Marcello Craveri, The life of Jesus, Secker & Warburg, , p. 404
  2. Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient, Cerf, , p. 257-258

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Enrico Parlato, Serena Romano, Rome et le Latium romans, éditions Zodiaque (collection la nuit des temps no 78), La Pierre-qui-Vire, 1992, p. 143, (ISBN 978-2-7369-0198-1)
  • Raphaël Demès, Espace et art de la formule visuelle à Rome sous le pontificat de Pascal Ier (817-824) : l’exemple de la basilique Sainte-Praxède, dans Bulletin du Centre d'études médiévales, Auxerre, 2014, no 18-1 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]