Cacolac

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Icône de paronymie Cet article possède des paronymes ; voir : Kaolack et Coca-Cola.
Cacolac vendu sous la forme de pack de 6 canettes.

Le Cacolac est une boisson lactée au cacao créée en 1954 par l'entreprise bordelaise du même nom implantée depuis l'année 2000 à Léognan dans le département de la Gironde en région Aquitaine.

Le Cacolac[modifier | modifier le code]

Le Cacolac est du lait au chocolat, qui peut se boire frais ou chaud. Il contient du lait (92,1 %), du sucre, du cacao (1,2 %) et des stabilisants : carbonate acide de sodium, carraghénanes[1] pour une énergie par bouteille de 20 cl de 140 kcal[2]. Le Cacolac est disponible dans 70 % des cafés, hôtels, restaurants[3], puis dès 1978 dans les magasins d'alimentation sous forme de bouteille en verre ou en canette.

L'entreprise[modifier | modifier le code]

Laiterie de la Benauge[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, la palus de Trégey, à la Benauge, dans le quartier de la Bastide nouvellement annexé par Bordeaux, sur la rive droite de la Garonne, est essentiellement plantée de vignes et de prairies. Sur le pré du domaine de la Galoche[4] qui deviendra la cité Pinçon[5], à l'extrémité nord-est de la rue de la Benauge, paissent les vaches de Marie Bacquey dont la laiterie existe depuis 1860. Son gendre, Dominique Lanneluc, reprend et développe la laiterie de la ferme familiale et produit dès 1896 trois cents litres de lait à l’heure dans les nouvelles chaudières de cuisson au bain-marie. Les installations sont complétées en 1910 par une écrémeuse centrifuge puis en 1932 par une machine frigorifique pasteurisatrice d’une puissance de deux mille litres à l'heure. Le lait est mis en bouteille par une installation semi-automatique[6],[7],[8].

Le 13 janvier 1928, la SARL Laiterie de la Benauge - Dominique Lanneluc et Fils voit le jour, dirigée jusqu'en 1933 par le père puis par les trois fils, Roger, Albert et Charles. L'entreprise installée au 54 de la rue de Trégey devient Laiterie de la Benauge – Lanneluc Frères le 15 décembre 1938. Son siège social est situé au 205 de la rue de la Benauge. À la Libération, elle stérilise et met en bouteille le lait, qui arrivait de toute la région pendant la Guerre, et le commercialise dans l'agglomération bordelaise. Elle développe la production de produits laitiers (petits-suisses, yaourts[9], beurre, caséine)[6],[7].

Le 14 janvier 1947, la raison sociale de l'entreprise devient Lanneluc Frères et Lauseig réunis après absorption de la Laiterie Lauseig de Pompignac et la SARL est transformée en SA le 9 février 1956. Charles Lanneluc est président directeur général. Ses frères, Albert et Roger, et Robert Lauseig sont administrateurs délégués[6],[7].

Entre temps, sont créées, en 1954, les marques Stabilait, pour le lait pasteurisé, et Cacolac, après la découverte du lait chocolaté lors d'un voyage aux Pays-Bas[6],[7].

Avec un pasteurisateur d'une capacité de sept mille litres par heure, deux chaînes d'embouteillage et quatre compresseurs frigorifiques, la production s'intensifie. Afin de s'assurer du respect de la chaîne du froid, la glace est fournie aux producteurs de lait et les procédés de fabrication sont contrôlés par un laboratoire interne. L'entreprise compte 120 employés et possède un parc de 30 véhicules[6],[7].

En 1970, Robert Lauseig est l'actionnaire majoritaire. La société devient Cacolac SA. Le secteur dessert lacté est repris par Chambourcy. L'entreprise est transférée à Léognan en 2000, l'usine de la Benauge est démolie. Le terrain en friche qui fait face à la salle de sports Jean Dauguet entre la rue Mozart, la rue de la Benauge et le boulevard Joliot-Curie reste inoccupé dans l'attente des décisions d'implantations commerciales qui seront prises dans le cadre du projet Bordeaux-Euratlantique[6],[7],[10].

Cacolac[modifier | modifier le code]

Logo de l'entreprise Cacolac

La société agroalimentaire Cacolac de Léognan emploie 28 personnes. Son chiffre d'affaires en 2013 est de 6 871 400 euros[11]. La société Solinest distribue ses produits depuis 2012.

Au début des années 1990, François Bénard reprend le flambeau, et la société connaît une envolée commerciale sans précédent grâce, notamment, au développement de nouveaux produits : Cacolac Vanille, Cacolac Café, Cacolac menthe. Mais aussi avec une incroyable aventure dans le sponsoring sportif et télévisuel. La boisson Cacolac est alors uniquement distribuée en France.

En mars 2011, la société Cacolac a été rachetée en totalité par « Trixaim Investissements », holding industriel spécialisé dans la nutrition santé, dont l'intention est de doubler le chiffre d'affaires sur quatre ans et d'élargir la gamme en lançant des produits à base de lait bio, de chèvre ou de végétal et en redynamisant le Vanilac, une boisson à base de vanille créée en 1996 mais très peu exploitée. Elle projette aussi de créer de nouveaux produits tels que la barre chocolatée Cacolac[12],[13].

En 2012, la société fait une incursion sur le marché vinicole en embouteillant du vin en canettes d'aluminium sous la marque « Très Vin » destiné à l'exportation[14], grâce à l'autorisation et la licence d'utilisation du procédé Vinsafe de l'entreprise australienne Barokes, obtenues l'année précédente[15].

Début 2015, alors que la marque devrait refaire des bénéfices, les descendants des fondateurs, Bernard Maviel et son fils Christian, rachètent les parts de l'entreprise détenues par Trixaim et Avenir entreprises, avec l'aide de Jean-Michel Caillaud et Philippe Noailles. Christian Maviel devient le président de Cacolac[16].

Publicité[modifier | modifier le code]

Grâce à l'impulsion de François Bénard directeur général de Cacolac dans les années 1990, la marque connut un spectaculaire rajeunissement de son image avec notamment le sponsoring du bateau de course Cacolac d'Aquitaine et le célèbre navigateur Yves Parlier. Par le biais également d'un fort réseau de son directeur général dans le milieu du football, la société Cacolac s'est vue offrir une publicité gratuite quasi quotidienne durant les années 1990[17]. En effet, la marionnette du footballeur Jean-Pierre Papin des Guignols de l'info fut présenté comme un grand amateur de la boisson[11]. Danone avait tenté de lancer sur le marché la version fraîche de la boisson en investissant massivement dans des campagnes publicitaires, sans succès.

La société a aussi bénéficié d'une publicité gratuite quand Christophe Beaugrand, l'un des animateurs de Virgin Tonic, buvait du Cacolac le matin et en parlait régulièrement à l'antenne. Le , il a même demandé qu'un auditeur lui apporte une bouteille au studio de Virgin Radio car il avait oublié son Cacolac quotidien. En récompense, Christophe promettait un billet pour un concert.

Le sociologue Serge Guérin, dans son Eloge politique du chocolat (2015), propose une analyse savoureuse des liens singuliers qui unissent les amateurs de Cacolac à la boisson chocolatée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cacolac pack de 8 bouteilles 20 cl
  2. Table des calories
  3. Source Cacolac
  4. Conseil municipal public du 27 janvier 2014, 7e modification du PLU de la CUB, p. 442 (pdf en téléchargement)
  5. « Pinçon contre pinson, qui va gagner ? », Jean-Claude Meymerit, Faubourg ! La Bastide, 15 juillet 2014
  6. a, b, c, d, e et f Que reste-t-il de Cacolac ?
  7. a, b, c, d, e et f « La Laiterie de la Benauge », Francis Moro, Le Journal de la Benauge, n° 8, avril-mai 2013 (pdf en téléchargement)
  8. « Cacolac : soixante ans d'histoire bordelaise et chocolatée », Marjorie Michel, Sud Ouest, 4 février 2015 (lire en ligne)
  9. Les yaourts de la Laiterie de la Benauge
  10. Intégraton de la friche Cacolac dans le projet Euratlantique
  11. a et b Les marques d'Aquitaine, présentation des marques d'entreprises et produits d'Aquitaine, par Olivier Londeix, édition Sud Ouest 2008, sur le site « maison.aquitaine.free.fr » (format pdf)
  12. Cacolac change de propriétaire pour se relancer, article de L'Expansion.com, 25 mars 2011, sur le site « lexpansion.lexpress.fr »
  13. Cacolac change de mains pour prendre un nouveau départ, article des Échos, par Frank Niedercorn, Les Échos no 20898 du 25 mars 2011 p. 22, sur le site « http://www.lesechos.fr »
  14. Aquitaine : Cacolac se lance dans le vin en canette, par Colette Goinière, 6 décembre 2012, L'Usine nouvelle no 3310, sur le site « http://www.usinenouvelle.com »
  15. Vin en canette : Cacolac obtient le brevet Vinsafe, article par Alexandre Abellan, 10 août 2011, sur « http://www.vitisphere.com »
  16. Bordeaux : la marque Cacolac redevient 100 % girondine, article de Michel Monteil sur SudOuest.fr, 4 février 2015.
  17. Cacolac fête ses 60 ans et rêve d'une nouvelle jeunesse, article par Ulla Majoube, 12/03/2014, site http://www.lexpress.fr.