Blazar

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L'objet BL Lacertae : 0323+022 (z=0,147) vue prise par ESO NTT (filtre R). La galaxie hôte et les compagnons proches sont visibles.

En astronomie, les blazars (en anglais : blazing quasi-stellar radiosource, que l'on peut traduire par « source radio éclatante quasi-stellaire ») sont des sources quasars très compactes associées à un trou noir supermassif situé au centre d'un noyau actif de galaxie, des sources très éloignées de nous. Ils sont détectés par leurs jets, qui, selon qu'ils sont dirigés plus ou moins exactement vers la Terre, peuvent souvent faire varier leur luminosité dans le domaine électromagnétique d'un facteur 100 d'un jour à l'autre[réf. à confirmer].

Ils sont parmi les objets les plus puissants et violents de l'Univers, et font partie, avec les quasars et les radiogalaxies, de la famille des galaxies actives. Ils émettent une grande quantité de rayonnement de toutes les longueurs d'onde (des ondes radio aux rayons gamma), mais aussi que des neutrinos [1], depuis une région du centre de la galaxie qui ne serait pas plus grande que le système solaire. Ce rayonnement est vraisemblablement généré par la présence au centre de ces galaxies d'un trou noir supermassif d'une masse considérable, de l'ordre d'un million à un milliard de masses solaires. La puissance lumineuse émise est de l'ordre de mille milliards de fois celle du Soleil.

Structure[modifier | modifier le code]

Vraisemblablement, les quasars, les blazars et les radiogalaxies seraient le même type d'objets : des noyaux actifs de galaxie (objets compacts et extrêmement lumineux, hébergeant un trou noir supermassif), duquel s'échappent de puissants jets de plasma, extrêmement lumineux, et souvent très productifs en ondes radio.

Les jets sont composés de particules chargées projetées par un mécanisme encore mal compris, qui fait sans doute intervenir l'énergie gravitationnelle gigantesque du trou noir central. Ces particules sont principalement des électrons et positrons, des protons et des noyaux d'atomes, confinés par d'intenses champs magnétiques. Ces jets quittent le noyau actif à une vitesse proche de celle de la lumière. Ils peuvent même par un effet d'optique paraître pour nous plus rapides que celle-ci, et s'étendre à des centaines de milliers d'années-lumière, l'onde de choc finale pouvant se traduire sous la forme de vastes nuages cosmiques de gaz radioémetteurs, qu'on nomme lobes radio.

Plus précisément, un noyau actif de galaxie est composé d'un trou noir très massif, autour duquel gravite un vaste disque d'accrétion, composé de gaz et de poussières, et de restes d'étoiles. Il est très chaud, à tel point que la partie la plus centrale de ce disque, là où le gaz tombe vers le trou noir, émet souvent des rayons dont les fréquences s'étendent jusqu'aux rayons X et gamma, ce qui vient de la température extrême régnant aux abords du trou noir, alimenté continuellement par son disque d'accrétion, dont il aspire des éléments.

Radiogalaxies, quasars et blazars correspondraient en fait à un même genre de galaxies, mais observées sous des angles différents : les jets nous parvenant de biais, elles ont l'aspect d'un quasar, mais si elles se présentent de face, c'est l'aspect d'un blazar, et vues complètement de profil, le cœur caché par les disques de poussières, nous détectons une radiogalaxie. Dans tous les cas, la galaxie hôte serait une galaxie géante elliptique.

Découverte[modifier | modifier le code]

Le premier blazar fut découvert en 1968. Les astronomes détectèrent un signal en provenance d'un étrange objet de la constellation du Lézard, connu alors sous le nom de BL Lacertae, qui a été pris alors à tort pour une étoile variable. Ce blazar est l'un des plus proches de la Terre, à 900 millions d'années-lumière de distance.

Exemples[modifier | modifier le code]

  • BL Lacertae, constellation du Lézard, distance 900 millions d'années-lumière ;
  • OJ 287, constellation du Cancer, distance 3 500 millions d'années-lumière ;
  • OJ 279, constellation de la Vierge, distance (?) millions d'années-lumière.
  • TXS0506+056, distant de plus de 4 milliards d'années-lumière, émetteur en 2017 d'un neutrino particulièrement énergétique (290 TeV, plus de 20 fois celle des collisions proton-proton du LHC)[2],[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.techno-science.net/?onglet=news&news=17564
  2. Lucas Streit, « Les blazars, souces de neutrinos de haute énergie », Pour la science, no 491,‎ , p. 6-7.
  3. (en) The IceCube Collaboration, Fermi-LAT, MAGIC, AGILE, ASAS-SN et al., « Multimessenger observations of a flaring blazar coincident with high-energy neutrino IceCube-170922A », Science, vol. 361, no 6398,‎ , article no eaat1378 (DOI 10.1126/science.aat1378).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]