Binet-Valmer

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Binet-Valmer
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Binet-Valmer en 1921.

Nom de naissance Jean-Auguste-Gustave Binet
Naissance
Genève, Suisse
Décès (à 64 ans)
Paris, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Signature de Binet-Valmer

Jean-Auguste-Gustave Binet, dit Binet-Valmer, né le à Genève et mort le à Paris, est un écrivain franco-suisse, actif dans les milieux d'anciens combattants de droite dans les années 1920.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'écrivain et le journaliste[modifier | modifier le code]

Jean Auguste Gustave Binet de Valmer, qui signe Binet-Valmer, naît en 1875 à Genève, en Suisse, d'une famille de protestants réfugiés dans ce pays après la révocation de l'Édit de Nantes[1]. Son père est médecin et lui-même étudie la médecine et se fixe à Paris comme externe des hôpitaux. Cependant il se consacre bientôt à la littérature, publie des romans et fonde la revue La Renaissance latine. Très prolifique, surtout des années 1910 aux années 1930, il publie de nombreux romans de mœurs. Certains, comme Lucien, traitent de l'homosexualité. Il fait paraître certains de ses romans dans la revue les Œuvres libres. Il collabore au quotidien Comœdia en tant que critique littéraire, au quotidien Le Journal, de 1911 à sa mort; il y publie des romans et de nombreux contes. Il obtient la croix de la Légion d'honneur en mai 1914 à titre étranger, puis il est promu officier en 1920, sur la proposition du ministère de l'instruction publique et des beaux-arts[2].

Il cosigne deux manifestes d'intellectuels de droite, initiés par Henri Massis: Pour un parti de l'intelligence en 1919 et le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe en 1935.

Il est le secrétaire avant et après guerre du cercle Hoche, où des personnalités pratiquent l'escrime[3].

L'ancien combattant de droite[modifier | modifier le code]

Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, il se fait naturaliser français et s'engage dans l'armée, à 39 ans. Simple soldat aux débuts des hostilités, il est promu sous-lieutenant en 1915[4]. Il commande une section de chars en 1917. Il est blessé trois fois, cité quatre fois. Il obtient la croix de la Légion d'honneur, cette fois à titre militaire en 1919[5].

En 1919, ce patriote à la manière de Paul Déroulède[6], cocardier, fonde une association d'anciens combattants nationalistes, la Ligue des chefs de section, très anticommuniste et qui prône le culte de l'héroïsme guerrier. Avec d'autres, il appuie la campagne de presse menée dans L'Intransigeant et Le Journal par le député André Paisant exigeant que les anciens combattants soient honorés le 11 novembre 1920 par l'intermédiaire du soldat inconnu, alors que le gouvernement prévoyait de faire entrer le cœur de Gambetta au Panthéon, au cours d'une cérémonie couplant les 50 ans de la République et la commémoration de la victoire de 1918, et, avec le poète Gabriel Boissy, il aurait été jusqu'à menacer de saboter la cérémonie officielle[7]. Il est aussi l'un des organisateurs du lieu de mémoire de la clairière de Rethondes où fut signé l'armistice de 1918; il rédige le texte patriotique inscrit sur la dalle, que les Allemands brisèrent en 1940: « Ici le 11 novembre 1918 succomba le criminel orgueil de l'empire allemand vaincu par les peuples libres qu'il prétendait asservir »[8]. C'est lui qui, en outre, aurait inventé le nom de chambre bleu-horizon pour désigner l'assemblée du Bloc national[9]. En 1922, il engage comme secrétaire un jeune Belge qui débarque à Paris : Georges Simenon[10]. Il préside la Ligue jusqu'en 1929. Il entre en 1924 au comité directeur de la vieille Ligue des patriotes[11]. Il a aussi milité pour l'érection de la statue de Joffre en 1939[12].

Il est vice-président du comité de la Flamme ( du soldat inconnu ), et porte-drapeau[13]. Il est aussi membre de l'Association des décorés au péril de leur vie, et membre des Croix-de-feu, dès ses débuts[14]

À partir de 1929, il se rallie publiquement à l'Action française, dont il était proche auparavant[15]: il adhère aux Camelots du roi[16], entre au comité de l'association Marius Plateau ( anciens combattants d'Action française )[17], accepte de Maxime Real del Sarte la présidence des Compagnons de Jeanne d'Arc[18]. En 1931, Binet-Valmer intervient aux côtés des Camelots du roi contre une réunion pacifiste tenue à Paris[19]. Il prend part à la Crise du 6 février 1934. Il est l'un des orateurs à un meeting du Front national (années 1930) contre les sanctions à l'égard de l'Italie en 1935[20]. Il se trouve dans les locaux de l'Action française lorsqu'ils sont perquisitionnés en février 1936, en vue de la dissolution de la ligue royaliste[21]. Il prend parti comme l'Action française contre le dirigeant du Parti social français en 1937, le colonel François de La Rocque[22]. Un témoignage sur les coulisses de la ligue d'AF souligne son alcoolisme[23].

Léon Daudet lui rend hommage à sa mort dans l'Action française[24]. Ses amis Brunet, Georges Lecomte, Charles Trochu, Maxime Real del Sarte, lui rendent hommage lors de ses obsèques, auxquelles assistent les dirigeants du comité de la flamme, une délégation de la ligue des chefs de section, le directeur du Journal, le général Niessel, Le Provost de Launay[25].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Sphinx de plâtre, 1900.
  • Les Métèques, roman de mœurs parisiennes, 1900.
  • Le Gamin tendre, 1901.
  • Lucien, Ollendorff, 1910 ; Flammarion, 1929.
  • Notre pauvre amour, 1911.
  • Le Plaisir, Ollendorff, 1912 (nombreuses rééditions chez Flammarion).
  • Le Cœur en désordre, 1912.
  • La Créature, 1913.
  • La Passion, 1914.
  • Mémoires d'un engagé volontaire, Flammarion, 1918 ; Nabu Press, 2010.
  • Le Mendiant magnifique, 1919.
  • L'Enfant qui meurt, 1921.
  • Les Jours sans gloire, 1922.
  • Le Désordre, 1923.
  • Le Désir et le Péché, 1923.
  • Une femme a tué, 1924.
  • Le Sang, 1924.
  • Les Exaltées, 1925.
  • Ceux qui ne volent pas, 1926.
  • Un grand Français : Coligny, 1927.
  • Sur le sable couchées, Flammarion, 1928.
  • Irina l'exilée, 1928.
  • La Vie amoureuse de Marie Walewska, la femme polonaise de Napoléon, 1928.
  • La Tragédie du retour, roman de l'amour et de l'âge, 1929.
  • La Lumière, roman d'une cécité, 1929.
  • La Foire d'empoigne, roman d'une autre république, Flammarion, 1930.
  • La Femme qui travaille, Flammarion, 1930.
  • La Prostituée ingénue, 1930.
  • Le Jardin de l'impure, 1930.
  • aujourd' hui un homme, 1931
  • La Luxure, 1932.
  • Maîtres du monde, 1933.
  • Le Regard, 1934.
  • Bathilde et l'Assassin, 1935.
  • Sarah Bernhardt, 1936.
  • Le Fumier, 1936.
  • La Princesse nue, Fayard, 1937.
  • L'Héritage, 1938.
  • Les Esprits de ténèbres, 1940.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémy Cazals et Patrick Cabanel, « Jean Auguste Gustave Binet, dit Binet-Valmer », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 305-306 (ISBN 978-2846211901)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Journal, 30 mars 1922, "Un arbitrage"
  2. Journal officiel, 19 mai 1914, Journal officiel, 17 janvier 1920, p. 911, La Presse, 1er février 1920, "Banquet de la Ligue des chefs de section en l'honneur de M. Binet-Valmer"
  3. Le Journal, 25 décembre 1917, Binet-Valmer, "Mémoires d'un engagé volontaire", Le Journal, 3 septembre 1925, "Divers"
  4. Le Journal, 28 juilet 1915, "Le sous-lieutenant Binet-Valmer"
  5. Le Journal, 5 avril 1919, "Echos", Journal officiel, 4 avril 1919, p. 3479
  6. Le Journal, 21 avril 1940, nécrologie. Il a pris la parole à un banquet en hommage à Déroulède, organisé par l'association des Amis littéraires de Paul Déroulède en 1920: Le Gaulois, 7 novembre 1920, "Au banquet"
  7. Le Journal, 31 octobre 1920, Binet-Valmer, "Au soldat inconnu la patrie reconnaissante", Le Journal, 1er décembre 1920, "Le plus grand hommage à rendre au soldat inconnu", Le Monde, 11 novembre 2008, "Les tribulations du Soldat inconnu", La Liberté, 24 octobre 2008, "Ce poilu qui n'a jamais pu reposer en paix" ( avec un encadré consacré à Binet-Valmer: "Un Suisse trouble-fête" ), Jean-Yves Le Naour, "Le sandale du soldat inconnu", sur le site de l'auteur. Cf. dans les liens externes de cette page la lettre de Binet-Valmer dans l'Action française du 4 novembre 1920, qui répond à une mise en cause de son action par un membre du comité directeur de la Ligue des chefs de section, le royaliste Pierre Héricourt ( cf. aussi la page Ligue des chefs de section )
  8. Le Journal, 12 novembre 1922, Le Journal, 27 septembre 1937, "L'inauguration de la statue de Foch au carrefour historique de Rethondes"
  9. Camille Aymard, Bolchevisme ou fascisme ?, E. Grevin, 1925, p. 100, André de Fouquières, Vers le point du jour, Horay, 1959, p. 63, La Lanterne, 5 août 1919, "Le rayon de la lanterne"
  10. Lacassin Francis, Simenon et la vraie vie de Maigret, Dragoon, 2003.
  11. Jean-Etienne Dubois. Leçon d’histoire pour une droite dans l’opposition ? : les mobilisations de droite contre le Cartel des gauches dans la France des années Vingt, Université Blaise Pascal - Clermont-Ferrand II, 2013, p. 193
  12. Le Journal, 9 juin 1939
  13. Le Journal, 21 avril 1940, nécrologie, Journal des débats, 15 juin 1931, "M. Doumer sur la tombe du soldat inconnu", Le Journal, 13 octobre 1938, "La cérémonie à l'arc de triomphe". Cf. Cf. l'historique de l'association La Flamme sous l’Arc de Triomphe sur le site de cette association
  14. L'Action française, 10 août 1937, "Une lettre de Binet-Valmer", Le Journal, 9 juillet 1934, "Le cortège des Croix de feu", Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, Fayard, 1996, p. 985
  15. S'il se dit républicain en 1920, il a collaboré à l'Action française ( L'Action française, 7 novembre 1922, Binet-Valmer, "Les obsèques de Mme Maurras" ) et a assisté à des réunions de la ligue, comme celle fêtant la légion d'honneur de Joseph Darnand en 1927. Il a témoigné en faveur de Charles Maurras dans le procès qui opposait ce-dernier à Abraham Schrameck: L'Action française, 22 octobre 1926
  16. L'Action française, 12 décembre 1929 ( discours de Binet-Valmer ), Le Populaire, 4 janvier 1930, "Binet-Valmer Camelot!"
  17. Almanach de l'Action française, 1931, p. 500, Le Matin, 5 octobre 1935, "Une délégation de plusieurs associations d'anciens combattants remet une lettre au président de la République"
  18. Le Journal, 30 avril 1930,M. Real del Sarte, "La grande croisade des compagnons de Jeanne d'Arc", Le Temps, 13 novembre 1934, "La manifestation du Front national"
  19. Le Petit Parisien, 28 novembre 1931, "Le congrès du désarmement"
  20. Aux côtés notamment de Charles Trochu, Pierre Taittinger, Xavier de Magallon, Maxime Real del Sarte, Léon Daudet, Louis Darquier de Pellepoix: Le Journal, 6 octobre 1935, L'Action française, 7 octobre 1935, "La réunion du Front national et de l'Action française à Wagram". Avec Maurice Brunet pour les Jeunesses patriotes, Georges Gaudy pour l'association Marius Plateau, et Charles Trochu, il a auparavant adressé une lettre au président de la République pour protester contre les sanctions: L'Action française, 5 octobre 1935, "La protestation des combattants contre les sanctions"
  21. Journal des débats, 15 février 1936, "Perquisitions à l'Action française"
  22. L'Action française, 10 août 1937, "Une lettre de Binet-Valmer"
  23. Charlotte Montard, Quatre années à l'Action française, Les Editions Lori, 1931, p. 90. Le président de la ligue, le colonel de Vésins, ne l'apprécie pas: « Je n'aime pas beaucoup ce protestant suisse qui joue au patriote français » ( p. 90 ), L'Œil de Paris pénètre partout, 25 décembre 1931, "Sur Binet-Valmer"
  24. L'Action française, 22 avril 1940, "Binet-Valmer, écrivain et combattant"
  25. Le Journal, 23 avril 1940, "Les obsèques de Binet-Valmer"