Gaston Le Provost de Launay

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Gaston Le Provost de Launay
Fonctions
Député 1919-1924
Gouvernement Troisième République
Groupe politique ARS
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 82 ans)
Résidence Charente-Inférieure

Gaston Henri Adolphe Le Provost de Launay ( à La Rochelle - à Paris) est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de la noblesse, neveu de Louis Le Provost de Launay, ancien élève de l'École Gerson à Paris (promotion 1893), Gaston Le Provost de Launay est Saint-Cyrien ( 1895-97 ). Il termine la Première guerre mondiale avec le grade de capitaine de cavalerie et la croix de chevalier de la Légion d'honneur ( 1917 ).

Après s'être présenté sans succès aux législatives de 1914, il est député de Charente-Inférieure du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924 sous l'étiquette Action républicaine et sociale (ARS). Conseiller municipal du VIIIe arrondissement de Paris depuis 1925, il est élu président du Conseil municipal de Paris en 1938.

C'est un "national". Démissionnaire de l'armée en 1909, Le Provost de Launay devient en 1911 dirigeant du Comité bonapartiste de la Seine[1]. Dans l'entre-deux-guerres, il est membre du comité directeur de la Ligue des patriotes[2], vice-président de la Ligue des chefs de section jusqu'en 1922, membre des Jeunesses patriotes et des Croix de feu. « Je suis Croix de feu, je suis l’ami des Camelots du roi, des Jeunesses patriotes, de toutes les ligues nationales », déclare-t-il au conseil municipal de Paris en 1935[3]. Il a été aussi actif dans les cercles antimaçons issus de la crise du 6 février 1934 : il fait partie du comité directeur de l’Union antimaçonnique en 1935 et il présida en 1934 une réunion de la Ligue nationale antimaçonnique du comte Armand de Puységur, avec Philippe Henriot comme principal orateur[4]. C'est un habitué des dîners des "Affinités françaises"[5]; il y prononce au lendemain du 6 février un éloge de « cette soudaine et magnifique réaction française », un appel à l’union des ligues et à l’installation d’un « régime d’autorité"[6]. En 1936, il fonde avec René Gillouin et Lucien Souchon le "Rassemblement national pour la reconstruction de la France ", avec le général Maxime Weygand, Bernard Faÿ, l'Académicien Abel Bonnard[7]. On relève en juillet 1937 sa présence au siège de l’Action française pour accueillir Charles Maurras à sa sortie de prison, et au meeting du vélodrome d’hiver en hommage à Maurras[8]. Il participe encore à une réunion destinée à remettre à Maurras son épée d'académicien en 1939[9]. S'il est annoncé en décembre 1936 pour présider une réunion de la Ligue « anti-judéomaçonnique » de Puységur sur « la révolution juive et maçonnique en Europe et en Espagne », il tance cependant Louis Darquier de Pellepoix lors d’une séance du conseil municipal en mars 1939: « Je fais appel à la collaboration de tous, quelle que soit la religion et quel que soit le parti politique auquel ils appartiennent. (…) Je vous déclare, et je vous le fais devant tous mes collègues, que, pour des raisons que j’ignore, vous poursuivez dans cette assemblée une œuvre mauvaise, une œuvre de division qui est vraiment abominable dans les circonstances présentes »[10].

Il se retire dans sa propriété de Touraine au début de la Seconde Guerre mondiale pour y protéger sa famille. Début juin 1940, il y héberge une nuit le Général de Gaulle avant le départ de ce dernier pour l'Angleterre. Maintenu en fonction au conseil municipal de Paris en 1941, il demande à ne pas être renouvelé de ses fonctions en avril 1943. Le comité de Libération de Paris ne voulut pas le réintégrer en décembre 1944, mais il est réélu conseiller municipal en 1945, sur une liste d'union, réélu en 1947 sur une liste du Rassemblement du peuple français. Après avoir démissionné du RPF en juin 1952, il ne se représente pas aux élections de 1953[11].

Il est également officier de la Légion d'honneur et titulaire de la Croix de guerre 1914-1918.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif, Militaires en République: les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 376, "Le Gaulois", 11/12/1911, "Le Gaulois", 16/8/1913
  2. La Presse, 28 mai 1920, p. 2.
  3. Bulletin municipal officiel, 5-7-1935
  4. "Journal des débats", 3/3/1935, Le Journal des débats, 25-5-1934
  5. Cf. la page consacrée au fondateur de ces dîners parisiens qui rassemblent les "nationaux": Louis de Fraguier
  6. "La Revue hebdomadaire", 7/4/1934, "La leçon du 6 février": allocution de Le Provost de Launay
  7. Le Temps, 30-5-1936 ; Le Journal des débats, 19-2-1937, Gérard Chauvy, Le drame de l’armée française, Pygmalion, 2010
  8. "L'Action française", 9/7/1937, "Le Journal", 9/7/1937
  9. "Le Matin", 5/3/1939
  10. Le Journal des débats, 13-12-1936, Ralph Schor, L’antisémitisme en France dans l’entre-deux-guerres, Complexe, 2005, p. 221-222
  11. Le Monde, 20-12-1944, 17-6-1952, 27-3-1953, Philippe Nivet, Le conseil municipal de Paris de 1944 à 1977, Publications de la Sorbonne, 1994