Belinda Cannone

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Belinda Cannone, née en Tunisie le , est romancière, essayiste et maître de conférences. Elle enseigne la littérature comparée à l'Université de Caen Normandie depuis 1998[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est diplômée en littérature comparée de l'Université de Bourgogne grâce à une thèse intitulée Les Hommes de lettres et la musique en France dans la seconde moitié du XVIIIe siècle[2], qu'elle reprend en partie pour la publication de Musique et littérature au XVIIIe siècle, dans la collection Que sais-je ? en 1998.

Sa production romanesque s'amorce en 1990 avec Dernières promenades à Petrópolis (réédité en poche, en 2013, sous le titre L'Adieu à Stefan Zweig), roman inaugural dans lequel elle pose, à partir du problématique suicide de l'écrivain autrichien Stefan Zweig, la question de « l’humanité en nous »[3] : « nous ne sommes pas bornés à n’être que nous-mêmes au sens le plus étroit, car nous vivons à équidistance de nous-mêmes et des autres, et notre bonheur peut être compromis par le malheur du monde ».

En 1992, L'Île au nadir s’inspire vaguement de l’affaire Seznec pour s’interroger sur l’héritage et la transmission de l’opprobre.

Trois nuits d’un personnage, en 1994, met en scène le désir à travers un personnage de roman qui accède pour trois nuits à l’existence, désir de vivre et désir amoureux, comme énergie vitale et possibilité de la joie. Ce roman marque le début d’une utilisation accrue des moyens de la fable afin de restituer le monde contemporain dans ses réalités les plus directes. En 1998, Lent Delta, en imaginant le dernier jour d’une dame de 104 ans dans un univers d’anticipation, explore ce qu’il advient du désir de vivre à la fin de l’existence, dans ce moment du « passage » vers le delta de la vie. En 2006, L'Homme qui jeûne, variation sur le désir dans la négativité, met en scène un homme qui dit non à la vie en se privant du minimum vital. En 2009, Entre les bruits explore, à partir de deux personnages hyperacousiques de naissance, notre situation dans un monde cacophonique, où les informations et la rumeur du monde nous assaillent[4]. .

À partir de l’année 2000, elle commence à écrire des essais. Dans L’Écriture du désir (Prix de l’essai de l’Académie française 2001), l'auteure interroge à la fois le désir en général et son lien avec la pratique littéraire. Le Sentiment d’imposture (Grand Prix de l’essai de la Société des Gens de lettres 2005) est la première exploration d’un sentiment jusqu’alors non identifié bien que très partagé : le fantasme de n’être pas légitime à la place qu’on occupe[3].

Si La Bêtise s’améliore,publié en 2007, explore les conformismes de la pensée contemporaine et lance un appel à la réflexion comme moteur de la responsabilité intellectuelle, La Tentation de Pénélope, en 2010, lance plusieurs propositions inédites pour renouveler le féminisme et sortir de la guerre des sexes, tout en s’interrogeant sur la féminité. Dans cet essai, elle témoigne d'un féminisme revisité, revendiquant l'héritage du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Elle discute en particulier la notion de différence des sexes, soutient que, dans de nombreuses situations, le genre (homme/femme) est en suspens[5]. Elle affirme par ailleurs lors d'une matinale sur France Culture que l'avortement reste un droit fondamental des femmes.

En 2011, elle inaugure la collection Pabloïd, chez Alma éditeur, avec Le Baiser peut-être, où elle décrit le baiser, qu'elle qualifie de «plus beau geste du désir», comme une célébration de l'altérité et la manifestation de l'inventivité amoureuse[6].

Écrivant depuis une vingtaine d'années sur le désir, elle est contactée en janvier 2018 par Sarah Chiche pour signer la tribune sur la «liberté d'importuner». Belinda Cannone refuse de la signer ne souhaitant pas être associée aux discours de Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet[5]. Elle publie le même jour une autre tribune intitulée « Le jour où les femmes se sentiront autorisées à exprimer leur désir, elles ne seront plus des proies »[7]. Elle est proche des thèses défendues par Elisabeth Badinter et de la philosophie universaliste[5].

L'université[modifier | modifier le code]

Docteur et maître de conférences en littérature comparée, elle a enseigné neuf ans à l’université de Corse-Pascal-Paoli à Corte, et, depuis 1998, à l’université Caen-Normandie. Elle a publié plusieurs ouvrages sur les liens de la littérature avec la musique, et des études littéraires, notamment sur le roman L'Œuvre d'Émile Zola[8].

Les revues[modifier | modifier le code]

À partir des années 1990, elle écrit régulièrement des articles pour diverses revues, notamment Quai Voltaire Revue littéraire, Verso – Arts et lettres, L’Atelier du roman et Le Magazine littéraire.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • L'Écriture du désir, Calmann-Lévy, 2000 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio Essais » no 566, 2012 - (Prix de l'essai de l'Académie française 2001)
  • Le Sentiment d'imposture, Calmann-Lévy, 2005 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio essais » no 515, 2009 - (Grand Prix de l'essai de la Société des Gens de lettres)
  • La bêtise s'améliore, Stock, coll. « L'autre pensée », 2007 ; réédition, Pocket, coll. « Agora » no 387, 2016 (ISBN 978-2-266-26172-2)
  • Dans la tête de Sarkozy, Seuil, 2009 (recueil collectif d'essais polémiques et humoristiques) (ISBN 978-2-02-100566-0)
  • La Tentation de Pénélope, Stock, coll. « L'autre pensée », 2009 (ISBN 978-2-234-06373-0) ; réédition, Pocket, coll. « Agora » no 386, 2017 (ISBN 978-2-266-26173-9)
  • Le Baiser peut-être, Alma éditeur, coll. « Pabloïd », 2011 ; réédition, 10/18 no 4738, 2014 (ISBN 978-2-264-06079-2)
  • Le Goût du baiser, textes choisis et commentés, Le Mercure de France, coll. « Le petit Mercure », 2013 (ISBN 978-2-7152-3274-7)
  • Petit éloge du désir, Gallimard, coll. « Folio 2 euros » no 5634, 2013 (ISBN 978-2-07-045329-0)
  • S'émerveiller, Stock, 2017 (ISBN 978-2-234-08036-2)

Récits, poèmes, nouvelles[modifier | modifier le code]

Esthétique et critique littéraire[modifier | modifier le code]

  • Philosophies de la musique, 1752-1789, Klincksieck, 1990 (ISBN 2-87841-050-5)
  • La Réception des opéras de Mozart, 1793-1829, Klincksieck, 1991 (ISBN 2-252-02800-9)
  • Musique et littérature au XVIIIe siècle, PUF, coll. « Que sais-je ? » no 3336, 1998 (ISBN 2-13-048884-6)
  • Narrations de la vie intérieure, PUF, coll. « Perspectives littéraires », 2001 (ISBN 2-13-052264-5)
  • "L'Œuvre" de Zola (étude critique), Gallimard, coll. « Foliothèque » no 104, 2002 (ISBN 2-07-041409-4)

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des mots manquants, Belinda Cannone & Christian Doumet (dir.), éd. Thierry Marchaisse, 2016 (ISBN 978-2-36280-094-8)
  • Dictionnaire des mots en trop, Belinda Cannone & Christian Doumet (dir.), éd. Thierry Marchaisse, 2017 (ISBN 978-2-36280-193-8)

Distinction[modifier | modifier le code]

Le 27 mars 2012, Belinda Cannone est nommée Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Page personnelle de Belinda Cannone.
  2. (en) « These in HISTOIRE MUSICALE : 18eme siècle », sur diffusiontheses.fr
  3. a et b Catherine Vincent, « L’écrivaine Belinda Cannone, un bel appétit d’égalité », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Raphaëlle Rérolle, « Belinda Cannone : "On entend trop" », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. a, b et c Eve Beauvallet, « Belinda Cannone, précieuse pas ridicule », Libération,‎ (lire en ligne)
  6. Alma éditeur.
  7. « « Le jour où les femmes se sentiront autorisées à exprimer leur désir, elles ne seront plus des proies » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. Thèse de Belinda Cannone sur le catalogue du SUDOC
  9. http://www.libertebonhomme.fr/2012/03/29/portrait-de-la-semaine-belinda-canonne-recoit-la-legion-dhonneur/.

Liens externes[modifier | modifier le code]