Sarah Chiche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chiche.
Sarah Chiche
Naissance (42 ans)
à Boulogne-Billancourt (France)
Activité principale
Ecrivain, psychologue clinicienne, psychanalyste
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Roman, essai, préface

Sarah Chiche, née à Boulogne-Billancourt le , est un écrivain français. Elle est également psychologue clinicienne et psychanalyste.

Biographie[modifier | modifier le code]

La mélancolie est « le cœur littéraire » de son écriture et « un enjeu intellectuel et professionnel pour Sarah Chiche[1] ». Elle l’a explorée dans Personne(s), publié aux éditions Cécile Defaut en 2013, « méditation sur la mélancolie, le deuil, l’écriture et l’existence[2] » à partir du Livre de l'inquiétude de Bernardo Soares, le semi-hétéronyme de Fernando Pessoa[3]. Elle la questionne dans Le Diable dans la peau, sa préface à un diptyque composé pour les éditions Payot, et rassemblant La Peau de chagrin d’Honoré de Balzac et Un cas de névrose démoniaque au XVIIe siècle de Sigmund Freud[4]. On lui doit également Éloge de l’égarement, une préface à une traduction inédite des Trois essais sur la théorie sexuelle de Sigmund Freud[5], où elle propose une relecture de Freud, à la lumière de La Pianiste d’Elfriede Jelinek et du Clèves de Marie Darrieussecq, et Éloge de la dévoration, une préface à une nouvelle traduction de La Confusion des sentiments de Stefan Zweig[6].

En 2015, Éthique du Mikado, son essai sur la question du mal dans le cinéma de Michael Haneke, paru aux PUF dans la collection « Perspectives critiques », bénéficie d’un accueil enthousiaste de la presse[7],[8]. Elle s’emploie à y « démonter les mécanismes de la machinerie du cinéma de Michael Haneke, les rouages de son univers fantasmatique, la logique interne de ses films, leurs références revendiquées ou inconscientes, leurs soubassements. » Découpé en soixante et onze fragments, comme un écho à l’un des films du cinéaste, 71 Fragments d'une chronologie du hasard, Éthique du Mikado se propose de réfléchir à la manière dont les images du cinéma peuvent servir d’école morale, et comment la confrontation à la mise en scène d’un mal radical pour lequel nous sommes potentiellement tous disponible, non pas en tant que victimes, mais bien en tant qu’agents, peut paradoxalement inciter à agir mieux que bien.

Elle fait une apparition dans le film de Michael Haneke, Happy End[9].

Sarah Chiche a également publié, plus jeune, deux romans aux éditions Grasset. L'Inachevée[10], en 2008, pour lequel Le Monde des livres a parlé « d’écriture sous électrochocs », et L'Emprise, en 2010.

Elle écrit régulièrement pour Le Cercle Psy et Le Magazine littéraire.

Diplômée de l’Université Paris-Diderot, elle exerce en tant que psychologue clinicienne et psychanalyste à Paris.

En janvier 2018, Sarah Chiche est coauteure de la tribune publiée dans le Monde des femmes libèrent une autre parole [11]. Mais, rapidement, elle en déplore les récupérations réactionnaires. Son combat porte davantage sur sa crainte liée à la censure des représentations littéraires et artistiques[12]. En septembre 2018, dans un entretien donné au journal "Le Monde" avec Michelle Perrot et Belinda Cannone, elle revient sur les aspects positifs du mouvement #metoo[13].

En octobre 2018, dans son essai Une histoire érotique de la psychanalyse. De la nourrice de Freud aux amants d'aujourd'hui (Payot), elle propose une méditation sur l'amour et le désir et souligne que dès le départ, les femmes n’ont pas seulement été des objets privilégiés de la psychanalyse, mais ont fait l’histoire de la psychanalyse comme théoriciennes, créatrices et penseuses[14]. Tout en déplorant «l'horrible dédain avec lequel certains psychanalystes stigmatisent les personnes homosexuelles ou transgenre[15]», elle insiste sur le fait que, «contrairement aux livres qui font du bien et aux feel good books qui n'ont rien à voir avec la littérature et méconnaissent totalement le tragique de l'existence», la psychanalyse aide à penser la haine dans l'amour, l'amour comme fiction romanesque, la douleur de perdre qui nous aimons, et les différentes formes d'arrangements, de compromis, ou de conflits, que nous vivons entre sexe et amour.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Personne(s), éditions Cécile Defaut, 2013.
  • Éthique du Mikado, essai sur le cinéma de Michael Haneke, PUF, collection « Perspectives critiques », 2015.
  • Une histoire érotique de la psychanalyse. De la nourrice de Freud aux amants d'aujourd'hui, Payot, 2018.

Romans[modifier | modifier le code]

  • L'Inachevée, Grasset, 2008.
  • L'Emprise, Grasset, 2010.
  • Les enténébrés, Seuil, janvier 2019.

Préfaces[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sébastien Rongier, lecture de Personne(s) », sur sebastienrongier.net (consulté le 27 octobre 2017)
  2. Eric Bonnargent, « Pessoa et moi », Le Matricule des Anges, novembre-décembre 2013.
  3. « Alain Nicolas, « Sarah Chiche dans le berceau des mots », L’Humanité, jeudi 24 octobre 2013. », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  4. Honoré de Balzac, La peau de chagrin, suivi de Sigmund Freud, Une névrose diabolique au XVIIe siècle, Payot, Petite Bibliothèque Payot, 2014.
  5. Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, traduit par Olivier Mannoni, Cédric Cohen-Skalli, Payot, Petite Bibliothèque de Psychanalyse, 2014.
  6. Stefan Zweig, La confusion des sentiments, traduit par Olivier Mannoni, Payot, Petite Bibliothèque, numéro 920, 2013.
  7. « Pierre Assouline, « Ce que Michael Haneke a fait de l’éthique du mal », La République des livres. », La République Des Livres par Pierre Assouline,‎ (lire en ligne)
  8. « Géraldine Mosna-Savoye, Philosophie Magazine, le 27 mai 2025 », sur www.philomag.com (consulté le 27 octobre 2017)
  9. « Michael Haneke : 71 Fragmentations d’un consensus critique avec Sarah Chiche, par Maël Mubalegh, Rayon vert », Le Rayon Vert,‎ (lire en ligne)
  10. Vincent Roy, « Vincent Roy, « L’inachevée » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  11. Dounia Hadni, « Sarah Chiche, à torts et à raisons », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  12. « Une instigatrice de la tribune des 100 femmes dénonce une « censure morale insidieuse » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  13. « Féminisme : « Nous voulons toutes l’égalité, mais ne sommes pas d’accord sur la manière d’y parvenir » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  14. « Eros, dieu ou déesse ? », sur franceculture.fr,
  15. « Emission La Grande Librairie », sur youtube.com,

Liens externes[modifier | modifier le code]