Auguste Desch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d’aide sur l’homonymie Ne doit pas être confondu avec August Desch.
Auguste Desch
Naissance
Décès
(à 47 ans)
Laxou
Nom de naissance
Auguste Théodore Desch
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Académisme, puis proche du fauvisme à partir de 1909
Mécènes

Auguste Desch est un peintre et graveur français né le à Nancy et mort le à Laxou.

Biographie[modifier | modifier le code]

Auguste Desch est élève de Jules Larcher à l'École des beaux-arts de Nancy, puis de Léon Bonnat à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris[1].

Ses envois au Salon des artistes français sont remarqués. Il y obtient une médaille de troisième classe en 1906. En 1908, il présente « un tableau de vastes dimensions représentant Abisag devant le Roi David »« l'influence de l'École se fait sentir, dans la composition autant que dans le choix du sujet »[2]. On perçoit au Salon de 1909 qu'Auguste Desch « renouvelle complètement sa manière, rompant résolument avec les formules classiques »[2] avec le tableau L'Enfant à la crinoline[3] qui lui vaut cette année-là une bourse de voyage[4] lui offrant de se rendre pour étude en Italie et au Tyrol où il réalise les dessins qui feront à son retour partie d'une exposition personnelle à la galerie Georges Petit[2]. L'Enfant à la crinoline sera exposé à la Exposition universelle de 1915 à San Francisco[5].

Durant la Première Guerre mondiale, avec la découverte de la peinture de camouflage par Louis Guingot, artiste de l'École de Nancy, et par Eugène J.B. Corbin, l'art du camouflage devient une discipline militaire à part entière, basée dans un premier temps à Nancy, ensuite à Toul : « la création de sections de camouflage permet à de nombreux artistes — auxquels la profession ne destinait pas un rôle particulier dans la guerre — de mettre leur talent au service de la France »[6]. C'est le cas de Lucien-Victor Guirand de Scevola, André Dunoyer de Segonzac, Jean-Louis Forain, Henri Royer et Auguste Desch, ce dernier dirigeant un temps l'équipe de camoufleurs installée dans l'arsenal de Toul[6].

Auguste Desch demeure ensuite en Lorraine, s'installant à Laxou[7]. Vu de Paris, cela ressemble à un retrait du monde de l'art, voire à une sorte de purgatoire : « les salons succèdent aux salons sans envoi de Desch. Il traverse une crise singulière, semblable à celle dont souffrait le peintre Sandoz, mis en scène par Zola dans L'Œuvre » analyse ainsi le quotidien La Presse qui poursuit : « Desch doute de lui-même, n'est plus jamais content de ses efforts, déchire ses esquisses, interrompt le tableau commencé, veut rénover l'art de la gravure par des formules inédites, recommence dans ce but tout un apprentissage, tire lui-même sur une presse quelques vigoureuses figures, s'épuise en vaines recherches, tourmenté de plus en plus par cette inquiétude qui ronge l'âme et obsède la pensée des artistes que leur haute conscience empêche d'être jamais satisfaits »[2].

Faut-il réellement souscrire à cette vision d'un artiste en désarroi? Car une tout autre perspective nous est inversement proposée, celle d'un Auguste Desch ami de Jacques Majorelle, de Victor Prouvé et du mécène Eugène J.B. Corbin, ainsi le plus heureusement intégré dans la sphère de l'École de Nancy et « sachant garder sa place dans le cercle des artistes lorrains reconnus »[8].

Auguste Desch meurt à Laxou — où une rue porte aujourd'hui son nom — en 1924 et repose au cimetière de Préville à Nancy[9].

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie Georges Petit, Paris, vers 1911.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Vente publique[modifier | modifier le code]

  • L'art et la femme, vente de tableaux comprenant un ensemble de 117 œuvres provenant de l'atelier d'Auguste Desch, Joël Millon et Claude Robert, commissaires-priseurs, Paris, hôtel Drouot, .

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Le coloris de Decsh ! Quelle merveille de puissance, de finesse et de variété ! J'ai vu des études de paysage à l'encre de Chine où l'imagination de Desch m'a fait souvenir des dessins de Victor Hugo. J'ai vu tout un monde et que Desch est un artiste aussi fécond que subtil. » - Pol Simon[10]
  • « Des ébauches très colorées, presque fauves, des pastels qui font songer à Toulouse-Lautrec. Un thème central et abondamment décliné: la vie quotidienne et familiale. » - Gérald Schurr[11]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Claude, « Les artistes lorrains d'arts majeurs dans la vie artistique nancéienne du dernier quart du XIXe siècle », in Annales de l'Est, 2005.
  2. a b c et d « Sur un peintre disparu : Auguste Desch », La Presse, 5 septembre 1924.
  3. Digital Library, L'Enfant à la crinoline, reproduction.
  4. Dictionnaire Bénézit, tome 4, Gründ, 1999, page 475.
  5. (en) Panama-Pacific International Exposition, Catalogue of works in painting, drawings, sculpture, medals-engravings and lithographs, San Francisco 1915, no 315 du catalogue : L'Enfant à la crinoline par Auguste Desch.
  6. a et b Frédéric Thiéry, « La première veste de camouflage du monde est inventée par Louis Guingot », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 227, Presses universitaires de France, 2007.
  7. Art Lorrain, Auguste-Théodore Desch.
  8. Véronique Menault-Mirande, Auguste-Théodore Desch, Impressions Publilor, 2003.
  9. Bertrand Beyern, « Le cimetière de Préville à Nancy, personnalités y reposant » sur bertrandbeyern.fr.
  10. Pol Simon, « Un maître du dessin : Desch », L'Est républicain, 23 août 1920.
  11. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1996, page 241.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Sadoul, « Mort du peintre Auguste Desch », Le Pays lorrain, no 212, août 1924.
  • R.-L. Martin (dir.), « En souvenir d'Auguste Desch », Le Pays lorrain, no 213, septembre 1924.
  • Colette Bardin, Auguste Desch retrouvé, mémoire de maîtrise en histoire de l'art, université Nancy II, 1971.
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, tome 2, Les éditions de l'amateur, 1982.
  • Ladislas Harcos, Peintres et graveurs lorrains, 1833-1980, Éditions Harcos, 1991.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1996.
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Véronique Menault-Mirande (préface d'André Rossinot), Auguste-Théodore Desch (1877-1924), Nancy, Impressions Publilor, 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]