Louis Guingot

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Louis Guingot
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Louis Guingot est un peintre de l'École de Nancy né le à Remiremont et mort le à Lay-Saint-Christophe. Membre fondateur de l'École de Nancy, il invente en 1914 une tenue camouflée pour l'Armée française, que celle-ci refuse[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Louis Guingot naît à Remiremont, le [3]. Attiré par l'art, il suit les cours de l'École des Beaux-Arts de Paris en 1880 et de l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, où il est remarqué par l'ornemaniste Pierre-Victor Galland, directeur de la Manufacture des Gobelins, qui l'intègre dans son équipe pour participer aux décors du Panthéon et de nombreuses constructions et châteaux de l'Europe centrale jusqu'en 1889. Le directeur du théâtre des Variétés lui confie alors d'être le chef décorateur pendant trois ans[2].

Il épouse Marie Lambert en 1892 avant de rejoindre le milieu des artistes de Nancy. Il fréquente alors Émile Gallé, peintre du courant Art nouveau, fondateur avec Louis Majorelle de l'école de Nancy en 1901. Le peintre fait construire sa villa La Chaumière par Weissenburger rue d'Auxonne à Nancy. Les ombelles de son jardin, stylisées par de nombreux artistes de l'école de Nancy, sont visitées par le roi du Cambodge, Sisowath, et sa délégation en [2].

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Sa formation de peintre le porte à la décoration murale de bâtiments publics et religieux de sa région, comme les théâtres de Verdun, Lunéville et Bussang. Il a peint notamment trois fresques dans l'église de Vaubexy aux environs des années 1900. Il a également travaillé à la décoration de restaurants et de châteaux comme le château de Manoncourt-sur-Seille (château Colin), en Lorraine, classé monument historique[4], le casino de Vittel, la brasserie de Charmes, le plafond de l'hôtel de ville d'Epinal et la confiturerie de Liverdun[5].

Louis Guingot est membre du Comité directeur de l'École de Nancy dès 1901. Il a été retenu également pour le portique du Palais des Fêtes de l'Exposition internationale de Nancy en 1909. Parmi ses autres fonctions, il a été chef décorateur du théâtre des Variétés à Montmartre. Décorateur ponctuel du théâtre du Peuple à Bussang, très ami avec Maurice Pottecher et chef décorateur du théâtre de Lunéville[6]. Il a travaillé aussi avec René Wiener à la création de reliures. Son fils Henri (1897-1952) a été conservateur du musée d'Épinal et cofondateur du musée de l'Imagerie [7].

Louis Guingot s'est intéressé aux nouveaux procédés de décoration sur tissus et tentures, ce qui l'a amené à chercher lors de la Première Guerre mondiale avec Jean-Baptiste Eugène Corbin une tenue militaire de camouflage. Il avait commencé le camouflage pour l'armée, avec son fils Henri Guingot, dans son atelier, à Nancy, dès l'automne 1914[8] Il s'était ensuite engagé dans l'armée et travaillait dans la section spéciale des peintres spécialisés dans la fabrication de cette étoffe. Il a donc été l'inventeur du camouflage militaire en France[9], comme l'illustre la tenue « léopard »[5] dont l'original a été donné au Musée lorrain de Nancy en 1981 par Albert Conte, son dernier élève de 1942 à 1945 à Lay-Saint-Christophe[10], qui l'avait reçu de la veuve de l'artiste en 1976[11].

Pour anecdote, Louis Guingot avait envoyé la veste à l'armée française et proposé son invention. Elle lui a été retournée accompagnée d'une lettre (perdue) disant son intérêt, un rectangle avait été découpé sur le côté droit[8]. L'armée a gardé cet échantillon, mais n'a jamais recontacté l'inventeur. Cependant son idée est reprise pour le camouflage des pièces d'artillerie. Un service de camouflage qu'il dirige est installé à Domgermain près de Toul. D'autres artistes rejoignent ce service comme Guirand de Scévola qui en prend la direction pour en faire la promotion[2].

Il est inhumé à Bouxières-aux-Dames près de Nancy en Lorraine.

Son ancienne demeure est actuellement restaurée en plusieurs appartements, mais garde la façade d'origine.

Principales créations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie Renaud, « Rencontre. Une histoire de veste », Le Républicain Lorrain,‎ (lire en ligne).
  2. a b c et d (en) Albert Conte, « Biographie de Louis Guingot », sur lay-saint-christophe.fr (consulté le ).
  3. Martan, « Vosges (88) - Guide National des Maisons Natales », Guide National des Maisons Natales,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Fresques de Guingot sur chateau-de-manoncourt.com
  5. a et b Thiery 2007.
  6. Témoignage de Louis Guingot à Albert Conte. Correspondance avec le personnel du théâtre de Lunéville. Notice du Château de Lunéville
  7. Témoignage de Mercédès Guingot à Albert Conte, veuve décédée de Henri Guingot. dito Biographie. Musée départemental d'art ancien et moderne d'Epinal : Collection Guingot 2010
  8. a et b Témoignage de Louis Guingot à Albert Conte. Biographie de l'artiste par ce dernier " Louis Guingot et les autres" 1996 et 2013, déposée aux Archives départementales de Meurthe et Moselle-54
  9. Patrick Peccatte, « Cubisme et camouflage – un mythe de l’histoire de l’art », Déjà Vu,‎ (ISSN 2262-5445, lire en ligne, consulté le )
  10. « La véritable histoire de Louis Guingot », L'Est Républicain,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Musée lorrain, Nancy : Actes de donation
  12. « Musée Français de la Brasserie » (consulté le )
  13. Image et description de l'Arbre sur le Musée numérique des Vosges
  14. Image et description du Paravent sur le Musée numérique des Vosges

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Thiery, « « La première veste de camouflage de guerre du monde » est inventée par Louis Guingot. », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 227,‎ , p. 7–21 (ISSN 0984-2292, lire en ligne, consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]