Antony Cyril Sutton

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Antony Cyril Sutton
Description de l'image Antonysutton.jpg.
Naissance
Décès (à 77 ans)
Nationalité Flag of the United Kingdom.svg britannique
Profession

Antony Cyril Sutton (19252002) est un économiste, historien et écrivain britannique, et l'une des principales figures historiques du conspirationnisme américain[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sutton fut chercheur à Stanford au sein de la fondation Hoover de 1968 à 1973. Il enseigna l'économie à l'UCLA. Il étudia à Londres, Göttingen et UCLA et fut titulaire d'un doctorat en sciences de l'Université de Southampton, en Angleterre. [réf. souhaitée]

En 1972, au sein de la Hoover Institution à Stanford, il subit la censure de son directeur de recherche qui tenta d'empêcher la publication de National Suicide: Military Aid To The Soviet Union dont les faits décrits attaquaient le programme Nixon-Kissinger d'aide aux Soviétiques tandis que ceux-ci aidaient les Nord-Vietnamiens dans leur effort de guerre. Le livre arrivait à la conclusion que les soldats américains étaient en train d'être tués avec l'aide de leur propre technologie[2][réf. insuffisante].

Pierre de Villemarest, journaliste et écrivain d'extrême droite[3],[4], écrit que « Sutton fut le seul auteur qui ait jamais disséqué les contrats grâce auxquels les totalitarismes nazi et soviétique ont pu vivre et survivre économiquement »[5].

Sutton est surtout connu pour son livre America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones décrivant la société secrète d'étudiants de l'Université Yale, la Skull and Bones. Il a aussi abordé le thème de la fusion froide.

Théories[modifier | modifier le code]

Sur la société de la Skull & Bones[modifier | modifier le code]

Selon Sutton, l'élite de la société des Skull and Bones développerait une vision de l'éducation des masses prônant non pas l'individualisme mais l'intégration dans une société organique - vision inspirée de la doctrine de Hegel sur l'État absolu. Dans ce type d'État, l'individu trouve sa liberté par l'obéissance aux lois de l'État[6]. Les libertés individuelles, quant à elles, doivent se soumettre à une tyrannie rationnelle[7]. De plus, Sutton soutient que la théorie de Wilhelm Wundt sur les similitudes entre psychologie animale et humaine[8] ainsi que la notion hégélienne du conflit qui crée l'Histoire[9], font partie intégrante de l'idéologie des Skull & Bones. Ainsi le conflit entre une thèse et une antithèse donne une synthèse et si le processus thèse-antithèse est sous le contrôle de cette société, la synthèse découlera forcément de sa volonté [pas clair] [9]. Pour Sutton, la synthèse ultime des Skull & Bones est le Nouvel ordre mondial[10]. [pas clair]

Sur les liens entre Wall-Street et la révolution bolchevique[modifier | modifier le code]

Dans « Wall Street and the Bolshevik Revolution », selon Sutton, en 1917, des entreprises américaines auraient, par diverses opérations, facilité l'avènement de la révolution bolchevique en Russie. Tout d'abord avec l'accord du président de l'époque Woodrow Wilson, qui fournit un droit d'asile à Trotsky tout en sachant qu'il prévoyait de poursuivre la révolution et de l'amener à son terme. Ensuite, avec le soutien financier par l'Allemagne de Lénine et des partis bolchéviques et menchéviques. Selon Sutton, le gouvernement allemand aurait eu pour objectif de sortir la Russie de la guerre afin de contrôler son marché.

Les entreprises de Wall Street quant à elles auraient financé la révolution bolchevique par l'intermédiaire d'Olof Aschberg, propriétaire de la banque suédoise Nya Banken. Antony Sutton explique l'ensemble de ces connexions entre les entreprises de Wall Street et les personnages clés ayant amené la révolution bolchévique à éclater, par le fait que les entreprises de Wall Street auraient eu pour objectif de s'implanter dans le marché soviétique afin d'exploiter commercialement la Russie. Cette implantation se serait effectuée notamment au travers de l'American International Corporation qui est une organisation regroupant en premier lieu les intérêts de J.P. Morgan, de James Stillman le président de la National City Bank of New York, et des Rockefeller. Ces financements auraient été annoncés par Lénine lui-même, avant le dixième Congrès du Parti communiste russe du 10 mars 1921, comme étant une nécessité tant la situation économique du pays était catastrophique et que le système ne pouvait perdurer sans ces fonds.

Sutton explore également le cas de Trotsky, considéré généralement comme un élément clé pour faire naître cette révolution. Selon Sutton, il n'aurait été en fin de compte qu'une création de certaines entreprises de Wall Street, dans le sens où sans leur soutien, Trotsky n'aurait jamais pu avoir l'influence qu'il a eue pour faire éclater la révolution. C'est le même cas pour Lénine qui fut financé par le gouvernement allemand. Sutton exprime son analyse sur les intérêts qui ont poussé ces entreprises à vouloir faire naître cette révolution, qui sont des intérêts purement financiers en surface, du fait de l'opportunité de voir naître de nouveaux marchés.

Sur les liens entre Wall Street et Franklin Delano Roosevelt[modifier | modifier le code]

Pour Sutton, l'action de Franklin Delano Roosevelt s'est fait dans l'intérêt de la haute finance américaine par son New Deal et par d'autres lois promulguées à partir de 1933[11]. Il développe cette théorie dans « Wall Street and FDR ».

Sur la Réserve fédérale[modifier | modifier le code]

Toujours dans « Wall Street and FDR », pour Sutton, la Réserve fédérale est un monopole privé et légalisé de réserve monétaire au profit d'un petit nombre institué sous le prétexte de favoriser et de protéger l'intérêt général.

Collaboration entre Wall Street et Hitler[modifier | modifier le code]

Dans « Wall Street and the Rise of Hitler », selon Sutton, la capacité de production des entreprises IG Farben et Vereinigte Stahlwerke, qui produisaient 95 % des explosifs d'Allemagne en 1937-38, fut uniquement possible avec les crédits concédés par le Plan Dawes et la technologie des États-Unis. Une coopération entre IG Farben et la Standard Oil of New Jersey pour produire de l'essence synthétique à base de charbon aurait donné à IG Farben le monopole de cette production durant la Seconde Guerre mondiale. La moitié de la production allemande d'essence était entre ses mains et le reste à des compagnies affiliées. Selon Sutton, sans le capital de Wall Street il n'y aurait eu ni IG Farben, ni Adolf Hitler, ni Seconde Guerre mondiale.

Relativisme de la dichotomie gauche-droite[modifier | modifier le code]

Dans « Wall Street and the Bolshevik Revolution », Sutton présente le journaliste pro-bolchévique John Reed, dont les articles pour le Metropolitan Magazine, auquel il était lié, furent de précieux témoignages de la situation en Russie à l'époque. Ce reporter aurait été lié à des personnalités de Wall Street. Reed était un journaliste engagé qui n'hésitait pas à critiquer ouvertement des individus comme J.P. Morgan, Rockefeller, et l'American International Corporation sur leur implication dans la révolution bolchévique ; toutefois il aurait été soutenu par l'American International Corporation lorsqu'il fut arrêté à plusieurs reprises en Europe pour propagande, ce qui selon Sutton le fit libérer. De plus les financements de John Reed venaient en partie du Metropolitan Magazine, dont son propriétaire était Harry Whitney, l'un des partenaires de J.P. Morgan dans sa firme. Whitney fut également selon Sutton l'un des directeurs de la Guaranty Trust qui aurait été une organisation majeure révélant l'implication d'entreprises de Wall Street dans l'avènement de la révolution bolchevique. Ces liens pourraient s'expliquer d'après Antony Sutton par le fait que John Reed aurait consolidé l'idée selon laquelle tous les capitalistes sont en guerre perpétuelle contre les socialistes révolutionnaires ; les entreprises de Wall Street auraient eu intérêt à ce que cette opposition perdure, dans le but de donner une légitimité à l'existence de la révolution bolchévique. De plus la Guaranty Trust, en plus d'être impliquée dans le financement des bolcheviques, aurait également créé United Americans, une violente organisation combattant toute forme d'anticapitalisme et n'hésitant pas à annoncer dans la presse les dangers que représentent les communistes pour le peuple des États-Unis. Enfin la firme de J.P. Morgan, qui contrôlerait également la Guaranty Trust, aurait aidé financièrement l'un des opposants au régime bolchévique en Sibérie, l'amiral Alexandre Koltchak. Le fait de financer les deux camps de la révolution est, selon Sutton, un moyen de négocier des concessions avec le nouveau gouvernement en place une fois celui-ci stabilisé, qu'il soit bolchevique ou non.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres en anglais :

  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1917-1930 (1968)
  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1930-1945 (1971)
  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1945-1965 (1973)
  • National Suicide: Military Aid to the Soviet Union (1973)
  • What Is Libertarianism? (1973)
  • Wall Street and the Bolshevik Revolution (1974, 1999)
  • Wall Street and the Rise of Hitler (1976, 1999)
  • Wall Street and FDR (1976, 1999)
  • The War on Gold: How to Profit from the Gold Crisis (1977)
  • Energy: The Created Crisis (1979)
  • The Diamond Connection: A manual for investors (1979)
  • Trilaterals Over Washington - Volume I (1979; with Patrick M. Wood)
  • Trilaterals Over Washington - Volume II (1980; with Patrick M. Wood)
  • Gold vs Paper: A cartoon history of inflation (1981)
  • Investing in Platinum Metals (1982)
  • Technological Treason: A catalog of U.S. firms with Soviet contracts, 1917-1982 (1982)
  • America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (1983, 1986, 2002)
  • How the Order Creates War and Revolution (1985)
  • How the Order Controls Education (1985)
  • The Best Enemy Money Can Buy (1986)
  • The Two Faces of George Bush (1988)
  • The Federal Reserve Conspiracy (1995)
  • Trilaterals Over America (1995)
  • Cold Fusion: Secret Energy Revolution (1997)
  • Gold For Survival (1999)

Livres en français :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-André Taguieff, « Un portrait hagiographique d’Antony C. Sutton, figure majeure du conspirationnisme américain, principal diffuseur de la vision diabolisatrice de la société « Skull & Bones » », in La Foire aux illuminés. Ésotérisme, Théorie du complot, Extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005 (ISBN 2-84205-925-5), pages 262 et suivantes.
  2. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones, Online version, p. 51
  3. Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 469), , 384 p. (ISBN 978-2-262-04101-4, présentation en ligne), p. 189-190.
  4. Pierre Péan, Le mystérieux docteur Martin (1895-1969), Paris, Librairie générale française (LGF), coll. « Le livre de poche » (no 13935), , 535 p. (ISBN 2-253-13935-1), p. 6 ; 497 ; 511.
  5. Pierre de Villemarest, Les Sources financières du nazisme, éd. CEI, 93 p., 1984
  6. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version p. 62)
  7. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 73)
  8. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version p. 76)
  9. a et b America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 92)
  10. Antony Cyril Sutton, America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 93)
  11. Horizons et débats, 4 mars 2009, N°8, La Suisse est un obstacle sur la voie de Merkel qui mène à la dictature financière de l'UE, par Karl Muller, p.2

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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