Allium tricoccum

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L'oignon sauvage (Allium tricoccum), appelé aussi ail trilobé, ail des bois ou poireau sauvage, est une plante nord-américaine de la famille des Amaryllidaceae.

Description[modifier | modifier le code]

L'ail des bois est une plante herbacée vivace, issue d'un bulbe tuniqué, ovoïde-conique, de 2 à 6 cm de longueur. La plante a entre 1 et 3 feuilles elliptiques, pétiolées, basilaires, semblables à celles du muguet, mesurant de 10 à 30 cm de longueur et de 2 à 6 cm de largeur. La plante a entre 3 à 25 fleurs qui sont petites, blanchâtres, formant une ombelle hémisphérique au sommet d’une hampe dressée de 15 à 40 cm de hauteur. Son fruit consiste en une capsule à 3 loges, chacune contenant une grosse graine sphérique noire et lisse, de 2,5 mm de diamètre. La plante est reconnaissable à son odeur et à son goût d’ail[1]. Au Canada, l'ail des bois est réputé être un délice, mais il se fait de plus en plus rare.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

L'ail des bois est une plante qui est présente au Canada et aux États-Unis.

Habitat[modifier | modifier le code]

C'est une plante de sous-bois, éphémère printanière, en feuille environ cinq semaines par an (adaptation à la vie en sous-bois ombreux). Elle est présente dans les forêts dominées par l’érable à sucre, dans les mi-versants, les bas de pente et en bordure des cours d'eau, sur des sols bien ou modérément bien drainés, riches en éléments minéraux. L'ail des bois est fréquemment associé au frêne d'Amérique, à l'érythrone d'Amérique et au trille dressé[1]. Il est aussi associé à la sanguinaire du Canada, au trille blanc, au gingembre sauvage, au caulophylle faux-pigamon, à l'uvulaire grande-fleur, à la dicentre à capuchon jaune (espèce de Dicentra), au caryer et au chêne rouge [2].

Variétés[modifier | modifier le code]

L'ail des bois se trouve en deux variétés : Allium tricoccum var. tricoccum et Allium tricoccum var. burdickii[3].

Var. tricoccum[modifier | modifier le code]

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

La variété tricoccum est présente au Canada et aux États-Unis[4].

  • Canada : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Ontario, Québec.
  • États-Unis : Alabama, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Connecticut, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Delaware, District de Columbia, Géorgie, Illinois, Indiana, Iowa, Kentucky, Maine, Maryland, Massachusetts, Michigan, Minnesota, Montana, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennessee, Vermont, Virginie, Virginie-Occidentale, Wisconsin.

Var. burdickii[modifier | modifier le code]

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Ail burdickii.

La variété burdickii est présente au Canada et aux États-Unis[5].

  • Canada : Ontario, Québec.
  • États-Unis : Alabama, Caroline du Nord, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Géorgie, Illinois, Indiana, Iowa, Maine, Michigan, Minnesota, Missouri, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Pennsylvanie, Tennessee, Vermont, Virginie, Virginie-Occidentale, Wisconsin.

L'Allium tricoccum var. burdickii semble rare dans la partie orientale de son aire de répartition et dans la région du plateau Ozark.

Sauvegarde de l'espèce[modifier | modifier le code]

Plutôt que de récolter les bulbes, ce qui contribue à la régression, l'appauvrissement génétique et la disparition locale de l'espèce, il est possible de ne collecter qu'une feuille par bulbe. Un programme, SEM’AIL, a été mis en place par le Biodôme de Montréal visant, de 2000 à 2010, dans les cinq régions du sud du Québec, à encourager le semis de graines d'ail des bois, dans les érablières et autres boisés, ainsi que quelques transplantations de bulbes pour conforter ou restaurer des populations dans leurs zones d'écopotentialité, là où elles ont récemment disparu ou régressé[6].

Il ne faut pas cueillir les plus gros plants car ils assurent la reproduction par leur fleur, les graines et/ou la division de leur bulbe.

Au Québec, en plus du fait que l'ail des bois n'est pas aussi commun qu'en Virginie, la sur-récolte, ainsi que le développement urbain et agricole, ont nécessité que le gouvernement du Québec le désigne « espèce vulnérable ».

À l'exception de sa culture hors de son habitat naturel, seule une récolte minimale pour usage personnel est permise, soit un maximum de 50 bulbes/plants, n'excédant pas 200 g de ces parties, et ce à l'extérieur de tout habitat désigné parc selon la Loi sur les parcs L.R.Q. c. P-9[7]. La désignation « espèce vulnérable » proscrit tout commerce de l'ail des bois, ce qui interdit, du fait, aux restaurants d'en servir (tel qu'en Virginie). Quiconque contrevient à cette loi est passible d'une amende. La plus grande entrave à l'efficacité de cette loi est que les cueilleurs contrevenants peuvent tout de même trouver un marché où vendre leur produit en Ontario (surtout près d'Ottawa), où aucune loi ne limite ni la récolte ni le commerce de l'ail des bois[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. Couillard, La Situation de l'ail des bois (Allium tricoccum) au Québec, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, ministère de l'Environnement et de la Faune, Québec, 1995, 31 p.
  • M. L. Fernald, Gray’s Manual of Botany, 8e édition, Portland, Oregon, Timber Press, 1950, 1 632 p.
  • D. Gagnon, « L'étude démographique du ginseng à cinq folioles et de l'ail des bois », L'Euskarien, 1993, no 15, p. 33-36.
  • D. Gagnon, A. Nault et L. Vasseur, La Biologie des populations de l'ail des bois au Québec, rapport synthèse produit pour la Direction de la conservation et du patrimoine écologique, ministère de l'Environnement du Québec, 1990, 87 p.
  • Frère Marie-Victorin, Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet, en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque, Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 1995, 1 093 p.
  • A. Nault et D. Gagnon, «Ramet demography of Allium tricoccum, a spring ephemeral, perennial forest herb», Journal of Ecology, 1993, no 81, p. 101-119.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [1].
  2. www.theses.ulaval.ca/2012/28658/28658.pdf.
  3. [2].
  4. [3].
  5. [4].
  6. IFREE [http://ifree.asso.fr/UserFiles/Livret_Ifree_n2_Sc-participatives_Coul.pdf, no 2, 2011, Sciences participatives et biodiversité. Implication du public, portée éducative et pratiques pédagogiques associées, coll. « Les Livrets de l'Ifrée » (voir chapitre « SEM’AIL Biodôme de Montréal »).
  7. [5].
  8. Globe and Mail, « Garlic lovers answer the call of the wild », 21 mai 2007.