Albert Coates

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Albert Coates (Saint-PétersbourgLe Cap) est un chef d'orchestre et compositeur anglais. Né à Saint-Pétersbourg, où son père anglais était un homme d'affaires. Il étudie en Russie, en Angleterre et en Allemagne, avant de commencer une carrière en tant que chef d'orchestre dans différents théâtres d'opéra allemand. Il connaît le succès en Angleterre en dirigeant Wagner à Covent Garden en 1914, puis en 1919, il est nommé chef principal du Orchestre symphonique de Londres.

Ses points forts de chef sont à l'opéra et dans le répertoire russe, sans être aussi impressionnant au cœur du répertoire symphonique austro-allemand. Après 1923, ayant échoué à conserver un poste permanent en Angleterre, pour une grande partie du reste de sa vie, se succèdent les invitations dans le reste de l'Europe et aux États-Unis. Dans ses dernières années, il est nommé à la tête d'un orchestre en Afrique du Sud, où il meurt âgé de 71 ans.

En tant que compositeur, Coates est peu connu. Il a néanmoins composé sept opéras, dont l'un monté à Covent Garden. Il a également écrit quelques œuvres pour orchestre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Coates est né à Saint-Pétersbourg, en Russie. Il est le plus jeune des sept fils d'un père originaire du Yorkshire, Charles Thomas Coates[1] qui dirige la branche russe d’une entreprise anglaise, et Mary Ann Gibson, qui est née et a grandi en Russie, de parents britanniques. Il apprend le violon, le violoncelle et le piano, comme un petit russe. Dès ses douze ans, il est élevé en Angleterre. Après un passage au Royal Naval College de Dartmouth[1], il étudie les sciences à l'Université de Liverpool[2],[3].

Coates retourne en Rusie pour se joindre à l'entreprise de son père[2], mais parallèlement,  il étudie la composition avec Nikolai Rimsky-Korsakov[3]. En 1902, il s'inscrit au Conservatoire de Leipzig, pour étudier le violoncelle avec Julius Klengel et le piano avec Robert Teichmüller[1], mais il est amené à fréquenter les classes de direction d'orchestre d'Arthur Nikisch[2].

Nikisch nomme Coates répétiteur à l'opéra de Leipzig. Il fait ses débuts en tant que chef d'orchestre en 1904 dans Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach[3]. Puis il est engagé comme chef à l'opéra d'Elberfeld en 1906, à la suite de Fritz Cassirer. Ensuite il un poste de chef assistant à la Semperoper, de Dresde (1907–08), sous Ernst von Schuch et à Mannheim en 1909 sous Artur Bodanzky[2]. Il donne son premier concert londonien en , avec le London Symphony Orchestra, dans un programme constitué d'une symphonie de Maximilian Steinberg, le premier concerto pour piano de Tchaikovsky et de la septième symphonie de Beethoven. La critique du Times le jugeait « sonore et artistique », mais « pas particulièrement intéressant à voir »[4]. La même année, il est invité par Eduard Nápravník à diriger au Théâtre Mariinsky de Saint Petersbourg[3].

Sa production de Siegfried au Mariinsky conduit à sa nomination en tant que chef d'orchestre principal de l'Opéra Impérial russe, qu'il conserve cinq ans, durant lesquels il est associé avec des musiciens russes, notamment Alexandre Scriabine[2] et devient un ardent défenseur de sa musique[5]. En , il épouse Ella Lizzie Holland[1].

Carrière internationale[modifier | modifier le code]

Le premier concert de Coates à Covent Garden a lieu en 1914, lors de la saison Wagner. Il remporte d'élogieuse critiques pour sa direction de Tristan und Isolde[6] et particulièrement pour son Die Meistersinger[7]. Lorsqu'il dirige l'œuvre de PucciniManon Lescaut, plus tard dans la même saison, elle reçoit les mêmes éloges[8], mais moins son Parsifal[9].

La Révolution russe de 1917, n'a d'abord pas nuit à Coates. Le gouvernement soviétique l'a nommé "président de tous les opéras en Russie soviétique", basé à Moscou. En 1919, cependant les conditions de vie en Russie sont devenues désespérées. Coates est tombé gravement malade et, avec beaucoup de difficulté, quitte la Russie avec sa famille, par le biais de la Finlande, en [10]. Après son installation en Angleterre, il occupe le poste de chef du LSO. Dans un article consacré à son premier concert, The Times le salue chaleureusement, avec le jeune Adrian Boult ; Geoffrey Toye, dans un article du "The Conductor's Art"[11]. En , il enseigne dans la nouvelle classe de formation à l'opéra du Royal College of Music. Dans le compte-rendu de la nomination, The Times écrit : « Il n'y a que peu de musiciens dans ce pays avec une si large et cosmopolite expérience du spectacle lyrique. »[12].

Le mois suivant, il se produisit un incident évoqué dans de nombreux livres et articles. Le LSO donne la première mondiale du Concerto pour violoncelle d'Edward Elgar sous la direction du compositeur, mais Coates, qui dirigeait le reste du programme, s'était approprié le temps de répétition alloué à Elgar[13]. En conséquence, l'orchestre a donné une interprétation notoirement insuffisante. Elgar ne s'est jamais plaint publiquement, mais le monde musical savait en privé le comportement de Coates[14]. À cette exception près, dans les années d'après-guerre, Coates sert les compositeurs anglais en donnant la création d'œuvres de grandes envergures, y compris la version révisée de A London Symphony (1920) de Vaughan Williams[15], du Requiem (1922) de Delius[16], de la première symphonie (1922) de Bax et la Symphonie chorale (1925) de Holst[17]. Il dirige beaucoup d'autres œuvres nouvelles de compositeurs britannique, notamment la seconde interprétation intégrale des Planètes de Holst en 1920, juste deux ans après la création[18]. Parmi les autres œuvres introduite en Angleterre par Coates, on note le Concerto pour piano nº 3 de Prokofiev et le Quatrième Rachmaninoff, chacun interprétés par le compositeur en soliste[2]. En , il donne la première scénique en dehors de la russie de l'opéra de Rimski-KorsakovLa Légende de la ville invisible de Kitège, au Grand théâtre du Liceu de Barcelone[3].

Après l'expiration de son contrat avec le LSO en 1922, Coates n'a tenu aucun poste de direction permanent au Royaume-Uni, même s'il dirige les festivals de musique Leeds en 1922 et 1925[5]. En 1923, il est nommé directeur en commun avec Eugene Goossens du Rochester Philharmonic Orchestra aux États-Unis. Il est parmi les cofondateurs de l'American Opera Company de Vladimir Rosing[19]. Coates quitte Rochester en 1925, à la suite d'un désaccord sur la politique artistique avec le financeur de l'orchestre, George Eastman[20]. La raison de son échec à obtenir un poste permanent en Angleterre était, selon un commentateur, que bien qu'il soit un bon chef d'orchestre d'opéra et de musique russe, « ses interprétations des classiques viennois étaient moins acceptable » et comme ceux-ci étaient plus importantes dans la vie musicale britannique, « Coates a échoué à remporter une plus haute réputation parmi ses compatriotes »[5]

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1925, Coates est invité à l'opéra de Paris[5], et continu à faire des apparitions régulières dans de nombreux centres artistiques du monde jusqu'en 1939[3]. Il dirige à l'opéra en Italie de 1827 à 1929 et en Allemagne, à l'Opéra de Berlin en 1931 ; des Concerts avec l'Orchestre philharmonique de Vienne (1935) et aux Pays-Bas, Suède et en URSS par trois fois[10].

Le , la BBC diffuse le premier opéra télévisé du monde : des scènes de Pickwick de Coates, dirigé par Rosing, présentées avant la première de l'œuvre[2]. Coates et Rosing ont lancé une saison de musique dramatique anglaise à Covent Garden, la semaine suivante[21]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Coates s'installe aux États-Unis, où avec Rosing, il fonde l'Association de l'opéra de la Californie du Sud. Parmi les productions, on trouve l'opéra de Coates, Gainsborough's Duchess[2]. Il est invité à dirgé le Los Angeles Philharmonic et travaille brièvement pour Hollywood, en faisant des apparitions dans deux films de la MGM[1].

En 1946, Coates s'installe en Afrique du Sud pour diriger l'Orchestre symphonique de Johannesburg et plus tard l'Orchestre municipale de Cape Town[1],[2]. Il se fixe à Milnerton, Cape Town, avec sa seconde épouse, Vera Joanna Nettlefold, une soprano connue sous le nom de Vera de Villiers[1],[10] et meurt en 1953[3]. L’Oxford Dictionary of National Biography dit à son propos : « Bien qu'il soit important pour la fortune de l'Orchestre symphonique de Londres immédiatement après la Première Guerre mondiale, sa contribution à la vie musicale britannique fut éphémère. En tant que compositeur, il a perdu sa place dans le répertoire et comme interprète, seuls s'en souviennent les collectionneurs intéressés par les enregistrements historiques. »[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dans l'avis de décès de Coates, The Times écrit que ses compositions « sont tombés entre les deux chaises du caractère national et de la sympathie internationale, avec un résultat ambigu »[5] Le Grove Dictionary of Music and Musicians le décrit comme « plus techniquement compétent qu'imaginatif »[2]. Ses œuvres comprennent cinq opéras dont Samuel Pepys et Pickwick ; la première est donnée en allemand, à Munich en 1929 et plus tard en anglais à Covent Garden en 1936[5] ; et The Myth Beautiful (1920)[22]. Ses œuvres pour le concert, comprennent un concerto pour piano et un poème symphonique, The Eagle, dédié à la mémoire de son ancien maître Arthur Nikisch, qui est créé à Leeds en 1925[5].

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Coates fait dès ses débuts d'importantes contributions à l'interprétation de la musique orchestrale au disque, en commençant, en 1920, avec Le Poème de l'extase de Scriabine et après de nombreux extraits du L'Anneau du Nibelung de Wagner, il enregistre deux fois, en 1923 et 1926, la Neuvième symphonie de Beethoven[10]. Il dirige en 1929, le premier enregistrement de la Messe en si mineur, BWV 232 de Bach, et en 1930, la première au disque également du troisième concerto pour piano de Rachmaninoff, avec Vladimir Horowitz[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael Kennedy, Adrian Boult, Londres, Hamish Hamilton, (ISBN 0-333-48752-4)
  • Jerrold Northrop Moore, Edward Elgar – Letters of a Lifetime, Oxford, Clarendon Press, (ISBN 0193154722)
  • Aylmer Buesst, Albert Coates: 1882–1953, Music & Letters, Vol. 35, 136–139 (1954)
  • Stanford Robinson et Christopher Dyment, Abert Coates, consisting of tribute and biography by S. Robinson, with immediately ensuing discography by C. Dyment, Recorded Sound, the Journal of the British Institute of Recorded Sound, no. 57/58 (janvier–), p. 382–386 (biographie), p. 386–405 (discographie).

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Albert Coates » (voir la liste des auteurs).
  1. a b c d e f g et h Holden, Raymond, "Coates, Albert Henry (1882–1953)", Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004, accessed 27 February 2011 (subscription or UK public library membership required)
  2. a b c d e f g h i j et k (en) Michael Kennedy, The New Grove Dictionary of Music and Musicians (édité par Stanley Sadie) : Coates, Albert, Londres, Macmillan, seconde édition, 29 vols. 2001, 25000 p. (ISBN 9780195170672, lire en ligne)
  3. a b c d e f et g Livret du disque, Albert Coates: Great Conductors of the Twentieth Century series (EMI CZS 5 75486 2) 2002.
  4. "Music", The Times, 27 May 1910, p.10
  5. a b c d e f et g (en) Nécrologie, The Times, 12 décembre 1953, p. 9.
  6. "Tristan und Isolde", The Times 20 February 1914, p. 8
  7. (en) "Die Meistersinger", The Times, 23 février 1914, p. 10.
  8. (en) "Manon Lescaut at Covent Garden", The Times, 25 avril 1914, p. 6.
  9. (en) "Parsifal at Covent Garden", The Times, 24 avril 1914, p. 7.
  10. a b c et d "Albert Coates", Naxos Records.
  11. (en) "The Conductor's Art", The Times, 30 avril 1919, p. 15.
  12. (en) "Mr. Albert Coates's New Post", The Times, 18 septembre 1919, p. 8
  13. Lady Elgar écrit : « that brutal selfish ill-mannered bounder... that brute Coates went on rehearsing. » c'est-à-dire : ce goujat malappris, égoïste et brutal… a poursuivi sa répétition.
  14. Le critique de The Observer, Ernest Newman, écrit : « There have been rumours about during the week of inadequate rehearsal. Whatever the explanation, the sad fact remains that never, in all probability, has so great an orchestra made so lamentable an exhibition of itself. » : « Il y a eu des rumeurs durant la semaine au sujet de répétitions inadéquates. Quelle que soit l'explication, la triste réalité est que jamais, selon toute probabilité, un si grand orchestre n'a jamais fait une aussi lamentable exposition de lui-même... » Elgar n'avait pas de rancune et assiste à un concert l'année suivante dans lequel Coates accompagne Jascha Heifetz dans son Concerto pour violon.
  15. (en) "This Week's Music", The Times, 6 décembre 1920, p. 10.
  16. (en) « Royal Philharmonic Society, Delius's Requiem », The Times, 24 mars 1922, p. 10 ; et "The New 'Requiem' by Frederic [sic] Delius", The Manchester Guardian, 23 mars 1922, p. 8.
  17. (en) « Two Choral Composers – Holst and Vaughan Williams », The Times, 17 October 1925, p. 10
  18. Ce fut la première fois que le grand public a pu entendre l'œuvre complète, la première représentation avec Boult, ayant été donnée devant un public invité au Queen's Hall.
  19. Eaton, Quaintance, "Advance Guard", Opera News, 27 février 1971, p. 28–30.
  20. (en) "Mr. Albert Coates", The Times, 13 avril 1925, p. 9.
  21. (en) "Opera in English – New Company for Covent Garden", The Times, 18 juillet 1936, p. 10.
  22. « Mr. A. Coates's New Opera », The Times, 23 octobre 1920, p. 6

Liens externes[modifier | modifier le code]