Biesheim

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Biesheim
La mairie.
La mairie.
Blason de Biesheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Haut-Rhin
Arrondissement Colmar-Ribeauvillé
Canton Ensisheim
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Brisach
Maire
Mandat
Gérard Hug
2014-2020
Code postal 68600
Code commune 68036
Démographie
Population
municipale
2 533 hab. (2014)
Densité 153 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 30″ nord, 7° 32′ 38″ est
Altitude Min. 184 m
Max. 194 m
Superficie 16,55 km2
Localisation

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Biesheim [bisaɪm] est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace. Ses habitants sont appelés les Biesheimois et les Biesheimoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Biesheim est bordée à l'est par le Rhin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la guerre de Trente Ans, le traité de Westphalie (24 juin 1648) et de Munster donna Vieux-Brisach, les territoires autrichiens de Haute et Basse Alsace et le grand bailliage impérial d'Alsace à la France. Louis XIV installe en 1650 une Chambre royale à Ensisheim (ancien siège de la régence d’Autriche) remplacée en 1657 au même endroit par le Conseil souverain d'Alsace présidé par Charles Colbert de Croissy (alors intendant à Toulon et frère de Jean-Baptiste Colbert), intendant de la nouvelle province. La première séance se tient le 4 novembre 1658. En 1662, ce Conseil est rétrogradé au rang de Conseil Provincial dépendant du parlement de Metz.

Colmar étant toujours réticente à subir la domination française, Vieux-Brisach accueille en 1673 le Conseil Souverain d'Alsace, retrouvant là ses fonctions antérieures. Au même moment, le 28 août 1673, les troupes françaises, commandées par Louis XIV en personne, prirent Colmar et détruisirent ses fortifications.

Vieux-Brisach était très bien fortifiée et défendue hors ses murs par le fort Mortier situé côté alsacien et réaménagé vers 1655 par Vauban. Cependant, elle était trop petite pour héberger à la fois le pouvoir militaire, le bailliage et la plus haute instance judiciaire d’Alsace.

De plus, Biesheim, rasé en 1638 par un incendie, de nouveau fortifié en 1643 comme en témoigne l'extrait d’un plan de Colmar de Mérian, est entièrement détruit ainsi que Volgelsheim pendant le siège de Brisach en 1674 par les impériaux (guerre de Hollande). Leurs habitants se réfugient sur une île du Rhin dans des huttes misérables couvertes de paille, ce qui donne le surnom encore actuel de ce lieu : Stroïstadt (ville de paille).

Pour reloger tout ce monde et donner un lieu sûr au Conseil Souverain, Louis XIV décide de construire en 1677, sur cette île, une ville nouvelle appelée Ville Neuve Brisach ou Ville Neuve St Louis (civita nova de Brisach dans les registres paroissiaux en opposition à veteri Brisach : Vieux-Brisach ou Brisach la haute). La première séance du Conseil Souverain y est tenue en novembre 1679.

Ville Neuve Brisach devient rapidement une ville importante de près de 1 500 habitants composée des anciens habitants de Biesheim, des magistrats du Conseil Souverain et de leur personnel, de nombreux artisans et commerçants venus de plusieurs provinces de France, des immigrés venus en masse du Brisgau et de Suisse (calvinistes) attirés par les exemptions de taxes, des militaires, des fonctionnaires du bailliage et d'une communauté juive autorisée, contre subside, à s'installer à la Ville Neuve dès son origine.

Les principales régions de France à fournir des artisans et commerçants furent la Picardie, l'Auvergne[1], le Périgord[2] et surtout la Savoie[3].

De nombreux militaires issus de toute la France et même du Luxembourg et d'Irlande s’établirent dans la cité. Les différents régiments relevés au long des registres paroissiaux sont : le régiment de Suisse de M. Planta, des Vaisseaux, irlandais d'Adlone de M. Stapelton, des Fusiliers, du Roy, de Bourgogne, de la Couronne, de la Marche, de Gransé, de Champagne, de Picardie, le régiment étranger de Berincke, de Navarre, de Bossue, Dupontois, d'Anjou de M. Montflangin, du Piémont, de Barmende, de Bigorre, d'Arlon, d'Alsace, de Villiers, de Normandie, du Beaugerlois de M. Villette et le régiment de Guyenne.

Des signatures de parents illustres figurent dans les registres paroissiaux des naissances : Salomon Jean, procureur, neuf enfants ; d'Andlau François Humbert, conseiller, six enfants ; de Boisgauthier Antoine, conseiller, un enfant ; Brousse Jean Baptiste , huit enfants ; de Favier François, avocat général, neuf enfants ; de Guillemain de Corny André, conseiller, six enfants ; Le Laboureur Jean Augustin Claude, avocat général, deux enfants ; Nithard Joseph, procureur, trois enfants ; Triboux Toussaint procureur, trois enfants etc.

Toute cette population vivait en parfaite harmonie, comme en attestent les parrainages des personnages illustres cités plus haut, en faveur des enfants des habitants les plus modestes. Le seul conflit noté est celui opposant la communauté juive, expulsée de Vieux Brisach et autorisée à séjourner à la Ville Neuve pour approvisionner l'armée en chevaux et autres bestiaux, aux bourgeois laboureurs de l'ancien Biesheim[4] dont les pâtures étaient envahies par les « extraordinaires » troupeaux des juifs.

Cette communauté juive a été très tôt placée sous la protection de Louis XIV puisqu'une ordonnance du 2 mars 1674 leur a fixé le même statut que les juifs du rabbinat de Metz, et Ville Neuve Brisach devint donc le siège juridique de tous les juifs d'Alsace (Aaron Wormser fut le premier titulaire du rabbinat)[5]. Les juifs (trente-huit familles en 1680) se dotèrent, le 30 juin 1692, d’un trio d'élus (Wolf Bloch, Isaac Netter, Meyer Rabys) responsables de la communauté, avec un budget de 50 livres tournoi annuels. Ils avaient pouvoir d'exclusion.

La ville comprenait également un fondeur devenu célèbre : le Suisse Jean-Jacques Keller, inventeur du mortier (d'où le nom du fort). Ce fort Mortier, objet d'une étude en cours[Quand ?], est complété par le fort St. Jacques aussi nommé fort des Cadets ou fort entre les ponts (construit en 1680 sur l'île pour dominer le pont entre la ville neuve et Breisach). Il abritait une académie militaire de jeunes nobles instruits par des maîtres d'armes, des maîtres de danse et de peinture.

Fait remarquable, la ville était dotée d'un instituteur en français (Roger Jean, François Henrion puis Pierre Derlachaux) et d'instituteurs en langue allemande (Georg Brunner jusqu'à son décès en 1687, Georg Buosch jusqu'à son décès en 1692).

L'église et les registres paroissiaux étaient tenus par Pierre Dulys curé de Vieux-Brisach, puis par Louis Petigot jésuite et enfin par le curé Jean-Jacques Schwartz originaire de Vieux-Brisach (sa sœur, Marie Françoise, était mariée avec un chirurgien de Limoges Jean Rousset).

Ils étaient assistés ou remplacés par les pères Augustins de Vieux-Brisach : Jean Bonus Contus, Bernard Schorer, Joannes Bonus van Kindert, François Charles Ritter, François Frédéric Fillistorff, Denis Streit, Michel Philipponat, Jean Henri Halbysen et le Rp Edouard.

Les responsables des registres paroissiaux germanisèrent ou francisèrent allègrement au gré de leur humeur et origine les patronymes de leurs ouailles.

La particularité de cette ville éphémère est qu'elle peut être reconstituée entièrement par les différentes pièces retrouvées aux archives : nombre, situation, propriétaires et locataires des maisons ; nom, profession et religion des occupants ; recensements, demandes d'admission à la bourgeoisie, liste des veuves, des étrangers, des réfugiés etc. Seuls manquent un plan complet et des reproductions des principales habitations ou palais. Les vues présentées sont celles visibles au Stadtbauamt/Stadtarchiv et au musée de Vieux-Brisach.

La destruction[modifier | modifier le code]

L'histoire de la ville, en expansion continue et à l'avenir brillant, fut brutalement interrompue par le traité de Ryswick (31 octobre 1697) qui rendit au Rhin son rôle de frontière et provoqua la perte des têtes de pont de Huningue, Fort Louis, Vieux-Brisach, du Brisgau et la destruction de la Ville Neuve.

Il est à noter que Louis XIV hésita un certain temps entre rendre à l'Autriche Strasbourg ou conserver Vieux Brisach. On[Qui ?] imagine le désarroi de toutes ces personnes mises devant le fait accompli et obligées de plier bagage rapidement. Certains quittèrent définitivement la région, un grand nombre, même d'origine française (Bosson, Richard, Blaisemaille, Flamischon), s'établit à Vieux Brisach.

Les anciens habitants de Biesheim (en majorité laboureurs ou journaliers) reconstruisirent leur village et leur église avec les matériaux récupérés, les cabaretiers s'en allèrent à Neuf-Brisach, une grande partie des juifs, non autorisés, ainsi que les protestants, à s'établir à Neuf-Brisach, s'installèrent à Biesheim et y fondèrent une des communautés les plus prospères de Haute Alsace (1/3 de la population au XIXe siècle).

La décision de la construction de Neuf-Brisach est relatée dans le journal du marquis de Dangeau[6] :

« Monseigneur courut le cerf et au retour de la chasse il joua chez Madame La Princesse De Conty au brelan. -le roi fait travailler à Neuf-Brisach ; ce sera une place qui coûtera du moins cinq millions. Il n'y a aucune habitation ; on la fait en plein champ. On la place environ à trois quarts de lieues de Brisach. Il nous reste encore quelque ouvrage en deçà du Rhin que nous communiquerons à la place nouvelle par de grosses redoutes »[7]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La commune a été décorée, le 11 novembre 1948, de la Croix de guerre 1939-1945[8].

Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason de Biesheim

Les armes de Biesheim se blasonnent ainsi :
« D'azur au saumon d'argent posé en bande, la queue recourbée, à la filière cousue de gueules. »[9]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs à partir de 1890[10]
Période Identité Étiquette Qualité
1890 1917 Henri Seiler    
1917 1918 François Joseph Seiler    
1918 1941 Joseph Althusser    
1941 1945 Pierre Biellmann    
1945 1965 Lucien Fohrer    
1965 1977 François Hug    
1977 1983 Emile Jaeger    
1983 mars 2014 Georges Trescher   Conducteur de travaux en retraite
mars 2014 en cours Gérard Hug    
Les données manquantes sont à compléter.

Finances locales[modifier | modifier le code]

En 2015, les finances communales était constituées ainsi[11] :

  • total des produits de fonctionnement : 5 119 000 , soit 2 012 par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 3 625 000 , soit 1 425 par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 1 030 000 , soit 405 par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 1 695 000 , soit 666 par habitant ;
  • endettement : 2 291 000 , soit 901 par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 6,14 % ;
  • taxe foncière sur le bâti : 9,61 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 46,68 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[13],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 2 533 habitants, en augmentation de 5,63 % par rapport à 2009 (Haut-Rhin : 1,52 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 407 1 472 1 570 1 632 1 767 1 790 1 757 1 861 1 942
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 755 1 606 1 537 1 448 1 448 1 476 1 430 1 432 1 377
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 340 1 296 1 275 1 205 1 146 1 164 1 053 847 962
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
1 019 1 149 1 874 1 959 2 125 2 315 2 329 2 447 2 533
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Jean-Baptiste[16] et son orgue de Georges Schwenkedel[17].
  • Vicus gallo-romain de la Oedenbourg[18].
  • Ancien relais de poste[19].
  • Cimetière[20].
  • Cimetière juif[21].
  • Monument aux morts[22].
  • Le musée de l’Optique[23] et le musée gallo-romain[24].

Prieuré de Saint Jean-Baptiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prieuré Saint Jean-Baptiste.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Biesheim est jumelée avec :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arbaret Mathias, Bachelard André, Chusset Jean, Fougerousse Jacques, Garnier Jean, Martin Jean, Perissel Jean, Poirier Georges scieurs de long
  2. Bompignat dit La Poussière - Chaigne Bernard scieurs de long
  3. Bald dit La Ferté Jean François grenadier et Aurill Armand soldat au régiment des Vaisseaux, Briancon Jacques - Culla François - Dubourg Louis - Muss Jean Martin - Grandjean François - Bellosa Mathieu marchands, Roll Pierre-François - Cuquat Jacques chaudronniers, Deville Jean mercier, Blanc François - Miege Michel aubergistes, Bonnet Pierre directeur de l'hôpital militaire, Donnat Marin hôtelier, Minet Pantaléon verrier, etc.
  4. Joseph Eyraut, Jean-Georges Goetmann, Adam Maire, Gervais Vogtein, Jean Roursch, Jean Schouster, Menrad Keller, Blaise Zimerman, Jean Houque, Andres Kerman, François Dubuisson, Andres Beringer, Martin Duremberger, Christian Hourst, Andres Schleé et François Blanc)
  5. La Communauté juive de Biesheim
  6. tome7 1699-1700
  7. Généalogie centre Alsace, le site de Pierre Marck
  8. Communes décorées de la Croix de guerre 1939 - 1945
  9. Archives Départementales du Haut-Rhin
  10. a et b Archives départementales du Haut-Rhin
  11. « Les comptes de la commune », sur alize2.finances.gouv.fr (consulté le 27 novembre 2016).
  12. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  16. Notice no IA68005092, base Mérimée, ministère français de la Culture Eglise paroissiale Saint-Jean-Baptiste
  17. Biesheim, St Jean-Baptiste, orgues de Georges Schwenkedel
  18. « Vicus gallo-romain de la Oedenbourg », notice no PA00085743, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « relais de poste », notice no IA68005099, base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. Notice no IA68005093, base Mérimée, ministère français de la Culture Cimetière
  21. Notice no IA68005094, base Mérimée, ministère français de la Culture Cimetière juif
  22. Monument aux Morts
  23. Musée de l’Instrumentation Optique
  24. Musée Gallo-Romain