Biesheim

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Biesheim
La mairie.
La mairie.
Blason de Biesheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Colmar-Ribeauvillé
Canton Ensisheim
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Brisach
Maire
Mandat
Gérard Hug
2014-2020
Code postal 68600
Code commune 68036
Démographie
Population
municipale
2 506 hab. (2012)
Densité 151 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 30″ N 7° 32′ 38″ E / 48.0417, 7.543948° 02′ 30″ Nord 7° 32′ 38″ Est / 48.0417, 7.5439
Altitude Min. 184 m – Max. 194 m
Superficie 16,55 km2
Localisation

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Biesheim est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Ses habitants sont appelés les Biesheimois et les Biesheimoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Biesheim est bordé à l’est par le Rhin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ville Neuve Brisach, souvent confondue avec Vieux-Brisach ou Neuf-Brisach, est encore méconnue à l'heure actuelle malgré l'excellente mémoire de Mme Nicole Wilsdorf (consultable à la bibliothèque Alsatique du Crédit mutuel), son article dans l'annuaire 1998 de la Sté d’histoire de Colmar, de l’article de Louis Schlaefli dans l'annuaire no 1 de la Société d'Histoire de la Hardt et du Ried et du relevé des naissances mariages et décès de Pierre Marck.

Rappel historique. Après la guerre de Trente Ans, le traité de Westphalie (24/6/1648) et de Munster donna Vieux-Brisach, les territoires autrichiens de Haute et Basse Alsace et le grand bailliage impérial d'Alsace à la France.
Louis XIV installa en 1650 une Chambre royale à Ensisheim (ancien siège de la régence d’Autriche) remplacée en 1657 au même endroit par le Conseil souverain d'Alsace présidé par Charles de Colbert de Croissy (alors intendant à Toulon et frère de Jean-Baptiste Colbert), intendant de la nouvelle province.
La première séance se tint le 4 novembre 1658.
En 1662, ce Conseil fut rétrogradé au rang de Conseil Provincial dépendant du parlement de Metz.
Colmar étant toujours réticente à subir la domination française, Vieux-Brisach accueillit en 1673 le Conseil Souverain d'Alsace, retrouvant là ses fonctions antérieures.
Au même moment, le 28 août 1673, les troupes françaises, commandées par Louis XIV en personne, prirent Colmar et détruisirent ses fortifications. Vieux-Brisach était très bien fortifiée et défendue hors ses murs par le fort Mortier (plan Mérian ci-dessous) situé côté alsacien et réaménagé vers 1655 par Vauban.
Cependant, elle était trop petite pour héberger à la fois le pouvoir militaire, le bailliage et la plus haute instance judiciaire d’Alsace.

De plus, Biesheim, rasé en 1638 par un incendie, de nouveau fortifié en 1643 comme en témoigne l'extrait d’un plan de Colmar de Mérian (1) ci-dessous, fut entièrement détruit ainsi que Volgelsheim pendant le siège de Brisach en 1674 par les impériaux (guerre de Hollande).

Leurs habitants se réfugièrent sur une île du Rhin dans des huttes misérables couvertes de paille, ce qui donna le surnom encore actuel de ce lieu : Stroïstadt (ville de paille).
Pour reloger tout ce monde et donner un lieu sûr au Conseil Souverain, Louis XIV décida de construire en 1677, sur cette île, une ville nouvelle appelée Ville Neuve Brisach ou Ville Neuve St Louis (civita nova de Brisach dans les registres paroissiaux en opposition à veteri Brisach : Vieux-Brisach ou Brisach la haute).
La première séance du Conseil Souverain y fut tenue en novembre 1679.

Ville Neuve Brisach devint rapidement une ville importante de près de 1 500 habitants composée des anciens habitants de Biesheim, des magistrats du Conseil Souverain et de leur personnel, de nombreux artisans et commerçants venus de plusieurs provinces de France, des immigrés venus en masse du Brisgau et de Suisse (calvinistes) attirés par les exemptions de taxes, des militaires, des fonctionnaires du bailliage et d'une communauté juive autorisée, contre subside, à s'installer à la Ville Neuve dès son origine.

Les principales régions de France à fournir des artisans et commerçants furent la Picardie, l'Auvergne (Arbaret Mathias, Bachelard André, Chusset Jean, Fougerousse Jacques, Garnier Jean, Martin Jean, Perissel Jean, Poirier Georges scieurs de long), le Périgord (Bompignat dit La Poussière - Chaigne Bernard scieurs de long) et surtout la Savoie (Bald dit La Ferté Jean François grenadier et Aurill Armand soldat au régiment des Vaisseaux, Briancon Jacques - Culla François - Dubourg Louis - Muss Jean Martin - Grandjean François - Bellosa Mathieu marchands, Roll Pierre-François - Cuquat Jacques chaudronniers, Deville Jean mercier, Blanc François - Miege Michel aubergistes, Bonnet Pierre directeur de l'hôpital militaire, Donnat Marin hôtelier, Minet Pantaléon verrier, etc.).

De nombreux militaires issus de toute la France et même du Luxembourg et d'Irlande s’établirent dans la cité. Les différents régiments relevés au long des registres paroissiaux sont : le régiment de Suisse de M. Planta, des Vaisseaux, irlandais d'Adlone de M. Stapelton, des Fusiliers, du Roy, de Bourgogne, de la Couronne, de la Marche, de Gransé, de Champagne, de Picardie, le régiment étranger de Berincke, de Navarre, de Bossue, Dupontois, d'Anjou de M. Montflangin, du Piémont, de Barmende, de Bigorre, d'Arlon, d'Alsace, de Villiers, de Normandie, du Beaugerlois de M. Villette et le régiment de Guyenne.

Des signatures de parents illustres figurent dans les registres paroissiaux des naissances : Salomon Jean, procureur, 9 enfants ; d'andlau François Humbert, conseiller 6 enfants ; de Boisgauthier Antoine, conseiller 1 enfant ; Brousse Jean Baptiste 8 enfants ; de Favier François, avocat général 9 enfants ; de Guillemain de Corny André, conseiller 6 enfants ; Le Laboureur Jean Augustin Claude, avocat général 2 enfants ; Nithard Joseph, procureur 3 enfants ; Triboux Toussaint procureur 3 enfants etc.

Toute cette population vivait en parfaite harmonie, comme en attestent les parrainages des personnages illustres cités plus haut, en faveur des enfants des habitants les plus modestes.

Le seul conflit noté fut celui opposant la communauté juive, expulsée de Vieux Brisach et autorisée à séjourner à la Ville Neuve pour approvisionner l'armée en chevaux et autres bestiaux, aux bourgeois laboureurs de l'ancien Biesheim (Joseph Eyraut, Jean-Georges Goetmann, Adam Maire, Gervais Vogtein, Jean Roursch, Jean Schouster, Menrad Keller, Blaise Zimerman, Jean Houque, Andres Kerman, François Dubuisson, Andres Beringer, Martin Duremberger, Christian Hourst, Andres Schleé et François Blanc) dont les pâtures étaient envahies par les « extraordinaires » troupeaux des juifs (2). Cette communauté juive a été très tôt placée sous la protection de Louis XIV puisqu'une ordonnance du 2/3/1674 leur a fixé le même statut que les juifs du rabbinat de Metz, et Ville Neuve Brisach devint donc le siège juridique de tous les juifs d'Alsace (Aaron Wormser fut le premier titulaire du rabbinat)[1]. Les juifs (38 familles en 1680, liste en annexe 1) se dotèrent, le 30/6/1692, d’un trio d'élus (Wolf Bloch, Isaac Netter, Meyer Rabys) responsables de la communauté, avec un budget de 50 livres tournoi annuels (2). Ils avaient pouvoir d'exclusion.

La ville comprenait également un fondeur devenu célèbre : le Suisse Jean-Jacques Keller, inventeur du mortier (d'où le nom du fort). Ce fort Mortier, objet d'une étude en cours, fut complété par le fort St. Jacques aussi nommé fort des Cadets ou fort entre les ponts (construit en 1680 sur l'île pour dominer le pont entre la ville neuve et Breisach). Il abritait une académie militaire de jeunes nobles instruits par des maîtres d'armes, des maîtres de danse et de peinture. Fait remarquable, la ville était dotée d'un instituteur en français (Roger Jean, François Henrion puis Pierre Derlachaux) et d'instituteurs en langue allemande (Georg Brunner jusqu'à son décès en 1687, Georg Buosch jusqu'à son décès en 1692). L'église et les registres paroissiaux étaient tenus par Pierre Dulys curé de Vieux-Brisach, puis par Louis Petigot jésuite et enfin par le curé Jean-Jacques Schwartz originaire de Vieux-Brisach (sa sœur, Marie Françoise, était mariée avec un chirurgien de Limoges Jean Rousset). Ils étaient assistés ou remplacés par les pères Augustins de Vieux-Brisach : Jean Bonus Contus, Bernard Schorer, Joannes Bonus van Kindert, François Charles Ritter, François Frédéric Fillistorff, Denis Streit, Michel Philipponat, Jean Henri Halbysen et le Rp Edouard (4). Les responsables des registres paroissiaux germanisèrent ou francisèrent allègrement au gré de leur humeur et origine les patronymes de leurs ouailles.

La particularité de cette ville éphémère est qu'elle peut être reconstituée entièrement par les différentes pièces retrouvées aux archives : nombre, situation, propriétaires et locataires des maisons ; nom, profession et religion des occupants ; recensements, demandes d'admission à la bourgeoisie (liste en annexe 2) ; liste des veuves, des étrangers, des réfugiés etc. Seuls manquent un plan complet et des reproductions des principales habitations ou palais. Les vues présentées sont celles visibles au Stadtbauamt/Stadtarchiv et au musée de Vieux-Brisach.

La destruction L'histoire de la ville, en expansion continue et à l'avenir brillant, fut brutalement interrompue par le traité de Ryswick (31/10/1697) qui rendit au Rhin son rôle de frontière et provoqua la perte des têtes de pont de Huningue, Fort Louis, Vieux-Brisach, du Brisgau et la destruction de la Ville Neuve. Il est à noter que Louis XIV hésita un certain temps entre rendre à l'Autriche Strasbourg ou conserver Vieux Brisach. On imagine le désarroi de toutes ces personnes mises devant le fait accompli et obligées de plier bagage rapidement. Certains quittèrent définitivement la région, un grand nombre, même d'origine française (Bosson, Richard, Blaisemaille, Flamischon), s'établit à Vieux Brisach.

Les anciens habitants de Biesheim (en majorité laboureurs ou journaliers) reconstruirent leur village et leur église avec les matériaux récupérés, les cabaretiers s'en allèrent à Neuf-Brisach, une grande partie des juifs, non autorisés, ainsi que les protestants, à s'établir à Neuf-Brisach, s'installèrent à Biesheim et y fondèrent une des communauté les plus prospères de Haute Alsace (1/3 de la population au XIXe siècle). La décision de la construction de Neuf-Brisach est relatée dans le journal du marquis de Dangeau tome7 1699-1700 : « Monseigneur courut le cerf et au retour de la chasse il joua chez Madame La Princesse De Conty au brelan. -le roi fait travailler à Neuf-Brisach ; ce sera une place qui coûtera du moins cinq millions. Il n'y a aucune habitation ; on la fait en plein champ. On la place environ à trois quarts de lieues de Brisach. Il nous reste encore quelque ouvrage en deçà du Rhin que nous communiquerons à la place nouvelle par de grosses redoutes »[2]

Le stade de football de Biesheim.
Château d'eau.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Biesheim

Les armes de Biesheim se blasonnent ainsi :
« D'azur au saumon d'argent posé en bande, la queue recourbée, à la filière cousue de gueules. »[3]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[4]
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1795 Xavier Weiss    
1795 1795 Gaspard Thévenin    
1795 1797 Jean Eggensperger    
1797 1800 Jean Hutter    
1800 1802 Gaspard Thévenin    
1802 1816 François-Auguste Weiss    
1816 1835 Jean-Georges Ducasse    
1835 1837 Georges Gamp    
1837 1848 Joseph Wagner    
1848 1855 Gustave-Adolphe Pabst    
1855 1860 Jean-Baptiste Hug    
1860 1890 Sébastien (le jeune) Engasser    
1890 1917 Henri Seiler    
1917 1918 François Joseph Seiler    
1918 1941 Joseph Althusser    
1941 1945 Pierre Biellmann    
1945 1965 Lucien Fohrer    
1965 1977 François Hug    
1977 1983 Emile Jaeger    
1983 mars 2014 Georges Trescher   Conducteur de travaux en retraite
mars 2014 en cours Gérard Hug    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 2 506 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 407 1 472 1 570 1 632 1 767 1 790 1 757 1 861 1 942
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 755 1 606 1 537 1 448 1 448 1 476 1 430 1 432 1 377
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 340 1 296 1 275 1 205 1 146 1 164 1 053 847 962
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 019 1 149 1 874 1 959 2 125 2 315 2 329 2 303 2 447
2012 - - - - - - - -
2 506 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le musée de l’Optique et le musée gallo-romain.
L'église Saint-Jean-Baptiste.
  • L'église Saint-Jean-Baptiste[7] et son orgue de Georges Schwenkedel[8].
  • Cimetière[9].
  • Cimetière juif[10].

Prieuré de Saint Jean-Baptiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prieuré Saint Jean-Baptiste.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Biesheim est jumelé avec Le Mas-d'Agenais depuis le 8 août 1969.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Carl, Biesheim : au fil des ans, Impr. Ch. Mack, Meyenheim, 1994, 344 p.
  • Christiane Gomy, Étude sur l'approvisionnement en céramique sur le site de Biesheim : importations, productions régionales et locales, EPHE, Paris, 2005, 2 vol., 78 + 60 p. (mémoire de DEA d'Archéologie)
  • Astrid Kuhn-Schubnel, La communauté juive de Biesheim : 1667-1870, Université Strasbourg 2, 1994, 139 p. (mémoire d'Histoire des religions)
  • Louis Schlaefli, « Notes relatives à la communauté juive de Biesheim », in Annuaire de la Société d'histoire de la Hardt et du Ried, 1997, no 10, p. 65-72

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]