Affaire Martel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

[style à revoir] L'affaire Martel, parfois connue sous le nom d'affaire Sapphir, est un scandale d'espionnage qui a eu lieu en France au début de l'année 1962. Il a été déclenché par des informations fournies par l'ancien haut-gradé du KGB, Anatoliy Golitsyne, après sa défection aux États-Unis en décembre 1961. Golitsyne déclare que les soviétiques ont placé des agents à tous les niveaux du renseignement militaire français et au sein même du cabinet du Président de la République Charles de Gaulle. Il affirme que ces agents ont accès libre à tous les documents de l'OTAN, à un tel point que le KGB a commencé à utiliser le système de catalogage de l'OTAN afin de mieux gérer les documents.


Ces nouvelles alarment le Président Kennedy, à tel point qu'il envoie un message personnel à Charles de Gaulle pour lui exposer la situation. Au cours du printemps et de l'été de 1962, une équipe d'agents du contre-espionnage français interrogent Golitsyn pendant des semaines. Son identité étant gardée secrète, les Français lui attribuèrent le nom de code "Martel". Les agents du contre-espionnage français pensaient initialement que "Martel" était un agent double au service de la CIA. Ils changèrent assez rapidement d'opinion et revinrent en France avec des avertissements graves sur l'état de la sécurité française.

Les relations franco-américaines étaient tendues à cette époque en raison de la "Politique de Grandeur" de De Gaulle. Par ailleurs, De Gaulle était très sceptique quant aux motifs des américains. Il pensait que cette affaire avait été inventée par ces derniers et limita la liberté du SDECE de prendre des mesures à l'encontre de ceux qui étaient nommés par Martel, à la grande stupéfaction des Américains. En conséquence, les Services de Renseignements français furent mis à l’écart de la collaboration occidentale, rendant l'OTAN inefficace pendant une année. En fin de compte, il y eut trois ans de rupture entre les services de renseignements français et américains.

L'histoire fut rendue publique seulement des années plus tard, lorsque l'ancien attaché du SDECE à l'ambassade de France à Washington, Philippe Thyraud de Vosjoli, la rapporta dans un article du magazine Life en 1968, après avoir fait défection aux États-Unis. Un ami de Vosjoli, Leon Uris, a utilisé une version très romancée de l'affaire Martel comme base pour le roman Topaz[1], duquel Alfred Hitchkock tira son film l'Etau.

Anatoliy Golitsyne[modifier | modifier le code]

En 1961, Anatoli Golitsyne est un major au KGB, affecté à l'ambassade d'URSS à Helsinki sous le nom de "Ivan Klimov". Le 15 décembre, il fait défection aux États-Unis avec sa femme et sa fille en franchissant par train la frontière suédoise. La défection de Golitsyne était si critique pour le KGB que des ordres furent immédiatement envoyés pour annuler toutes les rencontres avec les agents de terrain, de peur qu'ils soient identifiés[2].

Golitsyne fut transporté aux États-Unis et interviewé par David Murphy (en), chef de la Division de Russie Soviétique à la CIA. Après un certain temps, Golitsyne a commencé à faire des demandes croissantes et à se plaindre de son traitement. Le considérant comme peu fiable, Murphy le confie à James Jesus Angleton, le directeur du contre-espionnage[3]. La description de Golitsyne d'un transfuge au sein de la CIA, connu seulement comme "Sasha", dirige Angleton pendant plusieurs années sur une chasse à l'homme et le fait accuser d'être l'espion par de nombreux membres de la CIA. Toute l'affaire reste très controversée à ce jour[4].

Les informations de Golitsyne aboutirent à l'identification ou à la confirmation de l'identification d'espions soviétiques partout dans le monde occidental, y compris Kim Philby, Donald Duart Maclean, Guy Burgess et l'agent double Aleksander Kopatzky. Il a également déclaré que leurs contacts avaient si bien infiltré l'OTAN qu'ils étaient en mesure de produire tout document secret dans un délai de quelques jours. Le nombre d'informations reçues par le KGB était tellement important, que le KGB utilisait les propres numéros de documents de l'OTAN pour les cataloguer.[1]. Il ne pouvait pas identifier l'agent dormant à l'OTAN directement, mais savait qu'il parlait français[5]. Il a également suggéré qu'il y avait un vaste réseau d'espions du KGB parmi les divers membres de l'armée française et des bureaux du gouvernement[6][7].

La lettre de Kennedy[modifier | modifier le code]

Kennedy était alarmé par les conséquences. Incapable de faire confiance aux réseaux de communications officielles, il décide de rédiger une lettre personnelle à De Gaulle et de la faire délivrer directement à lui par un messager. Rappelant le caractère inquiétant de l'information, Kennedy proposa à de Gaulle un accès direct à l'agent pour les membres des services de sécurité français [6].

La lettre est arrivée à un moment où les relations franco-américaines étaient à un point bas. Dans la période d'après-guerre, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient mis en place des réseaux d'espionnage dont le siège était à Paris, avec l'objectif explicite d'espionner les Soviétiques, mais avec le rôle secondaire de garder un œil sur l'évolution de la situation politique française. Les Français, bien conscients de ces réseaux, les tolèrent pendant les années 1950. Mais la "Politique de Grandeur" de De Gaulle exigeait que la France soit en mesure de garder ses secrets, et il commença une politique visant à tenter de briser ces réseaux. Il ordonna au SDECE de commencer ces efforts en janvier 1962[8].

De Gaulle s'attendait à une sorte de représailles de la part de la CIA, et est allé jusqu'à croire, à tort, que les États-Unis pourraient être derrière l'Organisation de l'armée secrète. C'est pendant ces événements que la lettre de Kennedy arriva. Cet conduisit les Français à croire que Martel pourrait être un agent de la CIA dont la mission serait de discréditer et d'ébranler les services secrets français. Néanmoins, une lettre personnelle du Président des États-Unis ne pouvait pas être ignorée[8].

Les interrogatoires des services français[modifier | modifier le code]

De Gaulle charga Jean-Louis de Rougemont, le chef de la division du renseignement du Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), de confirmer si Martel était un transfuge Soviétique. De Rougemont avait également des contacts personnels avec ses homologues des services américains. Il s'envole pour Washington au printemps de 1962 pour rencontrer ses contacts et obtient trois ou quatre jours d'entretiens personnels avec Golitsyne, dont l'identité était à l'époque un secret très protégé. C'est pourquoi il est appelé "Martel". De Rougemont croyait au début que Martel était une ruse des services américains, mais ses rencontres avec Golitsyne le convainquirent rapidement du contraire[6].

De retour en France, De Rougemont rapporte ses informations à Étienne Burin des Roziers, Secrétaire général de l'Élysée. Des Roziers organise une réunion avec les chefs du SDECE et de la Direction de Surveillance du Territoir (DST), responsables de la sécurité extérieure et intérieure. Ceux-ci sont déjà au courant de rumeurs selon lesquelles un transfuge soviétique de haut rang était dans les mains de la CIA. Des Roziers leur confirme que le transfuge est réel, qu'il est aussi important que les rumeurs avait suggéré, et que ses informations sur les services de sécurité français exigent immédiatement une profonde enquête par des experts du contre-espionnage[6].

Une mission est rapidement organisée. Elle arrive à Washington en mai 1962[3] et se met en contact avec l'attaché des renseignements à l'ambassade de France, de Vosjoli, qui lui fournit un lieu sûr afin d'interroger Golitsyne. De Vosjoli est très contrarié d'apprendre que les réunions précédentes avaient eu lieu sans sa participation et que la lettre de Kennedy à de Gaulle, pas assez spécifique, avait mis en cause (à tort) l'ensemble des services français. Il pense alors que Martel peut être un agent double à la mission de bouleverser les relations franco-américaines. Les rapports de l'enquête, qu'il transmets à Paris, le convainquent rapidement du contraire[6].

Dans une série de questions particulièrement éloquente, les officiers français ont tenté de piéger Martel. Comme il a affirmé qu'il avait personnellement vu des rapports de l'OTAN à Moscou, les enquêteurs lui présentent un certain nombre de documents, certains vrais et d'autres faux. Cet épisode se révèle particulièrement troublant pour les services français. S'il se révèle incapable d'identifier tous les documents, tous ceux qu'il prétend avoir vu sont des vrais. À l'inverse, parmi ceux qu'il met de côté, se trouvent tous les faux. Il a ensuite fourni une description complète de l'organisation et de travail du SDECE, y compris les détails d'une réorganisation qui a eu lieu dans le secret, en 1958[6].

Lorsque les agents le pressent de livrer plus de détails sur l'identité des agents, Martel ne peut fournir que des détails de leurs opérations et des descriptions générales. Il a seulement vu leurs rapports, et n'a pas été impliqué dans leurs activités réelles, mais il était globalement conscient des positions qu'ils occupaient. De retour en France après deux semaines d'interrogatoires, l'équipe examine avec attention les entretiens et tente d'établir une première liste d'espions infiltrés potentiels. Elle retourne à Washington pour confirmer ses soupçons avec Martel. Celui-ci est capable de confirmer ou d'infirmer les suspects comme espions potentiels. Ces entretiens permettent l'identification de réseaux entiers au sein des Ministère de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires Étrangères, d'un espion au sein du cabinet de De Gaulle, du réseau nommé "Saphir" d'au moins six agents au sein du SDECE,[9] et d'un deuxième réseau au sein du SDECE spécifiquement chargé de l'espionnage des secrets nucléaires des États-Unis[6].

Montée du climat de suspicion[modifier | modifier le code]

C'est ce dernier élément qui a conduit à d'intenses méfiance à l'égard de l'information au sein de renseignements français. Martel a affirmé que le réseau nucléaire a été créé par le KGB en 1959. Un tel réseau existait, mais il avait été créé par les Français à partir de 1960. Le plan a été lancé par Louis Joxe, qui a de Gaulle avait confié la tâche de la construction de la force de frappe nucléaire française. Joxe avait conclu que la France n'avait pas les moyens de construire un système de défense nucléaire tout seule et qu'elle devait voler les technologies américaines, si les États-Unis refusaient de leur fournir. Ce climat a conduit le SDECE à penser que la CIA avait connaissance de ces plans et qu'elle avait créé le personnage de Martel dans le but d'effrayer les français[8]. Un des plus hauts fonctionnaires de la SDECE de l'époque s'exprima sur l'affaire en ces termes :

Nous ne pouvions jamais être sûr si c'était Martel ou la CIA qui parlait. Nous avons accepté qu'il y avait un espion français à l'OTAN. Nous avons décidé de le rechercher. Mais aucun de nos hommes n'a eu des indices plus que vagues de la part de Martel sur le fait qu'il y avait quelqu'un derrière cet homme. Toutes les informations de la personne haut placée venait via la CIA. Je vous assure que, bien que nous traitions cette information avec circonspection — à cause de nos suspicions sur la CIA, voyez-vous — nous avons fait tous les efforts possibles pour trouver une telle personne. Mais nous n'avons jamais eu de pistes spécifiques.

Des agents américains ont assisté aux réunions de débriefing françaises, ce qui a eu pour effet curieux de tendre davantage encore les relations. Comme l'équipe française a tenté de confirmer les noms donnés par Martel, les américains devenaient de plus en plus suspicieux. Comme l'équipe a essayé de nombreux noms, il est apparu aux Etats-Unis que tout le gouvernement français était impliqué[10], ce qui était cependant mineur comparé à la colère suscitée par la nouvelle que les Français mettaient apparemment sur pied une équipe de renseignement nucléaire[11]. Le général Paul Jacquier, récemment nommé à la tête de la SDECE, arrive à Washington le 5 octobre 1962. Sa mission est d'informer les États-Unis que la France va transformer la SDECE en une organisation mondiale qui agirait à la fois contre l'Est et l'Ouest[12]. Mais à ce moment-là, les services britanniques viennent d'arrêter John Vassall et sont en train de rassembler plusieurs des autres agents auxquels Martel faisait référence. Les Français, par contre, n'ont rien fait suite aux découvertes de l'affaire. Lors d'un dîner officiel en l'honneur de Jacquier, les Etats-Unis lui indiquent clairement qu'ils attendaient une action rapide. Un agent est même allé jusqu'à dire à Jacquier

Votre service est infiltré. Nous savons que vous n'êtes pas en faute, parce que vous êtes nouveau dans votre travail et nouveau dans ce métier. Mais vous devez prendre les bonnes mesures.[10]

De grandes conséquences, mais peu de réaction française[modifier | modifier le code]

L'alliance de l'OTAN était déjà tendue au début des années 1960 après que l'effort visant à former une force nucléaire multilatérale (en) avait abouti à un débat virulent. C'est dans cet environnement que l'affaire Martel a explosé. À l'automne 1962, celle-ci avait en grande partie mis fin à la circulation d'informations au sein de l'OTAN, et seules les informations les plus essentielles au bon fonctionnement de l'organisation étaient encore été échangées[13].

C'est ainsi qu'il a été suggéré pour la première fois en dehors de la France que Martel être peut-être un agent double. Les critiques ont souligné que les pistes de Martel s'adressaient généralement à des agents en place depuis de nombreuses années et qu'ils avaient maintenant largement dépassé leur âge d'or en termes d'accès à des informations utiles. Pourtant, cette information est responsable du quasi-effondrement de l'OTAN[13].

Toutefois, au fur et à mesure que le poids de l'information s'infiltrait dans les services secrets de divers pays, la certitude qu'il disait la vérité devenait indubitable. Parmi les seuls militaires, John Vassall (en) de l'Amirauté britannique, Stig Wennerström, fonctionnaire du ministère suédois de la Défense, Hugh Hambleton, économiste canadien (travaillant à l'OTAN), Heinz Felfe, agent du Service fédéral de renseignement allemand[12] et Jack Dunlap (en), sergent militaire américain (travaillant à la National Security Agency) ont tous été exposés en raison des rapports Martel[13].

La France, par contre, n'a pas fait grand-chose avec les révélations de Golitsyn. Les efforts pour traquer l'espion de l'OTAN ont conduit à la seule action publique française dans l'affaire Martel. Georges Pâques a été arrêté le 23 septembre 1963, soupçonné d'espionnage. Il a finalement avoué avoir espionné pour les Soviétiques depuis 1944. Pâques était l'un des plus hauts responsables français à l'OTAN et était naturellement soupçonné d'être à l'origine de nombreux documents que Martel avait vus. Cependant, Pâques n'était devenu actif au sein de l'OTAN qu'en 1962, de sorte qu'il ne pouvait pas être la source d'informations antérieures vues par Martel. On croit maintenant que Hambleton, qui était francophone, fut la véritable source de ces documents, mais cela ne fut été découvert que des années plus tard[14].

Un certain nombre d'autres suspects ont été étudiés, mais aucune preuve accablante n'a jamais été trouvée. Parmi eux se trouvait Louis Joxe, en raison de la possibilité que sa suggestion d'espionner des secrets nucléaires américains était en fait un plan soviétique qu'il exécutait. Le diplomate George Gorse a également été suspecté, puis dans une étrange tournure des événements, le chef adjoint du SDECE, Léonard Hounay, et le chef de la DST, René Delsen, qui avait débriefé Martel en 1962. Après une autre rencontre avec Martel en novembre, Hounay a été discrètement congédié, mais aucune autre action ouverte n'a été entreprise[12]. Certains analystes pensent que le climat politique critique en France après la fin de la guerre d'Algérie a conduit De Gaulle à enterrer l'histoire par crainte d'un coup d'état de droite[13].

Le fait de savoir s'il y avait ou non un agent double haut placé est ouvert à la spéculation. Golitsyn avait dit aux Etats-Unis qu'il y avait un espion similaire hautement placé au sein de la CIA qu'il ne connaissait que par le nom de code "Sasha". Cela a mené Angleton à une chasse à la taupe de plus en plus paranoïaque qui dura plusieurs années, qui s'est finalement avérée infructueuse. Son enquêteur, Clare Edward Petty, a conclu que c'était peut-être Angleton lui-même qui était l'espion, travaillant de concert avec Golitsyn qui était un agent double. Des calomnies ont été lancées à travers la CIA et à l'extérieur de celle-ci et la carrière de nombreuses personnes a été ruinée quand Angleton a suggéré que ces personnes pourraient être l'agent double en question[15].

De Vosjoli[modifier | modifier le code]

Selon le récit de Vosjoli[10], il y a un certain nombre d'événements suspects qui montraient que le SDECE était profondément pénétré, comme Martel le suggérait.

Au début de l'été de 1962, de Vosjoli a été averti des rumeurs d'une accumulation d'armes soviétiques à Cuba, apparemment de missiles surface-air. Il s'envola vers la Havane au mois d'août, d'où il reçut des rapports indiquant qu'un nouveau type de missile a aussi vu, bien plus grand que les modèles précédents. Ces rapports incluent notamment les informations d'un ancien officier français qui était en mesure de faire la différence entre les deux modèles. De Vosjoli transmit cette information au directeur de la CIA, John McCone.

Jacquier, appela De Vosjoli à Paris en décembre et lui fit deux demandes : la première était qu'il révèle le nom de tous ses contacts à Cuba, la seconde qu'il commence à mettre en place un réseau aux États-Unis pour espionner sur la technologie nucléaire américaine. De Vosjoli en fut stupéfait ; il s'agissait du réseau que Martel avait évoqué et qui ne semblait alors n'avoir aucun fondement dans les faits, et maintenant, on lui demandait de mettre en place ce réseau. Cependant, le lendemain, la raison lui fut donnée ; les Français avaient appris que les États-Unis et le Royaume-Uni avaient juste négocié l'Accord de Nassau qui donnait au Royaume-Uni accès aux technologies nucléaires américaines, et les Français ne pouvaient plus attendre pour déployer leurs efforts en la matière[10].

Un mois plus tard, en février 1963, de Vosjoli transmit un long rapport de l'un de ses contacts cubains contenant les détails des forces soviétiques à Cuba. Le SDECE a exigé que de Vosjoli livre le nom de son contact, et il l'a finalement révélé. L'agent fut bientôt arrêté par les Cubains. De Vosjoli fut informé qu'il était lui-même connu des Cubains et qu'il ne devait plus séjourner sur l'île[10].

C'est cette série d'événements qui a conduit de Vosjoli à contacter Hervé Alphand, l'ambassadeur de France aux États-Unis. Alphand a contacté des membres de confiance du ministère des Affaires étrangères et a constaté qu'ils n'étaient absolument pas au courant de la question ; la SDECE ne leur avait pas communiqué les informations de Martel. Le SDECE a immédiatement identifié De Vosjoli comme étant la source de la demande et l'a informé le 16 septembre qu'il était remplacé. De Vosjoli n'est pas rentré en France[10] et est considéré comme le seul exemple d'un officier de renseignement français qui a fui aux États-Unis[10].

L'inaction de la France dans l'affaire Martel, conjuguée au rejet très public de M. de Vosjoli, a fini par entraîner une rupture totale du partage de renseignements entre la France et les États-Unis à partir de 1964. Les problèmes n'ont pas été entièrement réglés trois ans, après quoi les communications normales ont repris.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b staff 1968, p. 31.
  2. (en) Vasili Mitrokhin et Christopher Andrew, The Mitrokhin Archive: The KGB in Europe and the West, Penguin, (ISBN 978-0-14-196646-5, lire en ligne)
  3. a et b Richelson 1997, p. 287.
  4. Mason 2014, The Sapphire Affair.
  5. Arboit 2007.
  6. a b c d e f et g de Vosjoli 1968.
  7. Barry 1968, p. 38.
  8. a b et c Barry 1968, p. 39.
  9. Richelson 1997, p. 288.
  10. a b c d e f et g (en) Philippe Thyraud de Vosjoli, « So much have been swept under the rug », LIFE,‎ , p. 32-37 (ISSN 0024-3019, lire en ligne)
  11. (en) Fergus Mason, Stranger Than Fiction: The Real Life Stories Behind Alfred Hitchcock's Greatest Works, Absolute Crime, (lire en ligne)
  12. a b et c (en) Jeffery T. Richelson, A Century of Spies: Intelligence in the Twentieth Century, Oxford University Press, , 288 p. (ISBN 9780199761739, lire en ligne)
  13. a b c et d (en) John Barry, « Broad impact of Martel everywhere but France », LIFE,‎ , p. 38-39 (ISSN 0024-3019, lire en ligne)
  14. (en) Gérald Arboit, « Note historique N°1 : In his defector he trusted: how the CIA counterintelligence staff broke the western intelligence community for ten years (1962-1973) », Centre Français de Recherche sur le Renseignement,‎ (lire en ligne)
  15. (en) « James Jesus Angleton », sur Spartacus Educational (consulté le 17 décembre 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Fergus Maçon, Le Saphir Affaire: La Véritable Histoire d'Alfred Hitchcock Topaze, Absolue De La Criminalité, (lire en ligne).