Affaire Martel

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[style à revoir] L'affaire Martel, parfois connue sous le nom d'affaire Sapphir, fut une affaire d'espionnage qui eut lieu en France au début de 1962.

Elle fut déclenchée par des informations fournies par l'ancien haut-gradé du KGB Anatoliy Golitsyne, après sa défection aux États-Unis en . Golitsyne déclara que les Soviétiques avaient placé des agents à tous les niveaux du renseignement militaire de la France et au sein même du cabinet du président de la France, Charles de Gaulle. Golitsyne affirma que ces agents avaient l'accès libre à tous les documents de l'OTAN et que le KGB utilisait même le système de catalogage de l'OTAN pour mieux gérer les documents, tellement ils étaient nombreux.

Ces nouvelles alarmèrent tellement le président des États-Unis, John F. Kennedy, qu'il envoya un message personnel à de Gaulle pour lui exposer la situation. Au cours du printemps et de l'été de 1962, une équipe d'agents du contre-espionnage français interrogea Golitsyne pendant des semaines. Son identité étant gardée secrète, les Français lui attribuèrent le nom de code « Martel ». Ils croyaient d'abord qu'il était un agent double au service de la CIA, mais ils changèrent rapidement d'avis et revinrent en France avec de graves avertissements sur l'état de la sécurité française.

Les relations franco-américaines étaient alors tendues en raison de la politique d'intérêt national du président de Gaulle. De plus, il était très sceptique quant aux motifs des Américains. Puisqu'il pensait que cette affaire avait été inventée par ces derniers, il limita la liberté du SDECE à prendre des mesures à l'encontre de ceux qui étaient nommés par Martel, à la grande stupéfaction des Américains.

En conséquence, les services de renseignements de la France furent mis à l'écart de la collaboration occidentale, ce qui empêcha le bon fonctionnement de l'OTAN pendant un an. En fin de compte, il y eut trois ans de rupture entre les services de renseignements français et américains.

L'affaire ne fut rendue publique que des années plus tard, lorsque l'ancien attaché du SDECE à l'ambassade de France à Washington, Philippe Thyraud de Vosjoli, la rapporta dans un article du magazine Life en 1968 après qu'il eut fait défection aux États-Unis. Un ami de Vosjoli, Leon Uris, s'inspira très librement de l'affaire pour une version très romancée dans son roman Topaz[1], dont Alfred Hitchcock tira le film l'Étau.

Anatoliy Golitsyne[modifier | modifier le code]

En 1961, Anatoliy Golitsyne était un major au KGB qui était affecté à l'ambassade de l'Union soviétique à Helsinki (Finlande) sous le nom d'"Ivan Klimov". Le , il fit défection aux États-Unis avec son épouse et sa fille en franchissant par train la frontière suédoise. Sa défection était si grave pour le KGB que des ordres furent immédiatement envoyés d'annuler toutes les rencontres avec les agents de terrain de crainte qu'ils puissent être identifiés[2].

Golitsyne fut transporté aux États-Unis et interviewé par David Murphy (en), le chef de la Division de la Russie soviétique à la CIA. Après un certain temps, Golitsyne commençait à faire des demandes croissantes et à se plaindre de son traitement. Le considérant donc peu fiable, Murphy le confia à James Jesus Angleton, le directeur du contre-espionnage[3]. La description de Golitsyne d'un espion au sein de la CIA, qu'il ne connaissait que par le nom de code "Sasha", fit en sorte qu'Angleton chercha pour plusieurs années l'homme et accusa de nombreux membres de la CIA d'étre cet espion. Toute l'affaire est encore très controversée[4].

Les informations de Golitsyne aboutirent à l'identification ou à la confirmation de l'identification d'espions soviétiques partout dans le monde occidental, y compris Kim Philby, Donald Duart Maclean, Guy Burgess et l'agent double Aleksander Kopatzky. Golitsyne déclara également que leurs contacts avaient si bien infiltré l'OTAN qu'ils pouvaient produire tout document secret dans un délai de quelques jours. Un si grand nombre d'informations avaient été reçues par le KGB qu'il utilisait les numéros de documents propres de l'OTAN pour les cataloguer.[1]. Golitsyne était incapable d'identifier directement l'agent dormant à l'OTAN mais savait qu'il parlait français[5]. Golitsyne suggérait également qu'il y avait un vaste réseau d'espions du KGB parmi les divers membres de l'armée française et des bureaux du gouvernement[6][7].

Lettre de Kennedy[modifier | modifier le code]

Kennedy était alarmé par les conséquences. Incapable de faire confiance aux réseaux de communications officielles, il décida donc de rédiger une lettre personnelle à de Gaulle et de la faire livrer directement par un messager. En rappelant le caractère inquiétant de l'information, Kennedy proposa à de Gaulle un accès direct à l'agent par les membres des services de sécurité français [6].

La lettre arriva à pendant que les relations franco-américaines étaient à un point bas. Durant l'après-guerre, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient mis en place des réseaux d'espionnage dont le siège était à Paris, avec l'objectif explicite d'espionner les Soviétiques mais avec un rôle secondaire de veiller sur l'évolution de la situation politique française. Les Français, bien qu'ils fussent conscients de ces réseaux, les tolérèrent pendant les années 1950, mais de Gaulle avait une politique d'indépendance nationale, qui exigeait que la France soit en mesure de garder ses secrets. De Gaulle commença une politique visant à tenter de briser ces réseaux et ordonna au SDECE de commencer ces efforts en [7].

De Gaulle s'attendait tellement à une sorte de représailles de la part de la CIA qu'il est allé jusqu'à croire à tort que les États-Unis pourraient être derrière l'Organisation de l'armée secrète. C'est pendant ces événements qu'arriva la lettre de Kennedy. Elle fit en sorte que les Français crurent que Martel pourrait être un agent de la CIA, avec comme mission de discréditer et d'ébranler les services secrets français. Néanmoins, une lettre personnelle du Président des États-Unis ne pouvait pas être ignorée[7].

Interrogatoires des services français[modifier | modifier le code]

De Gaulle chargea Jean-Louis de Rougemont, le chef de la division du renseignement du Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), de confirmer si Martel était un transfuge soviétique. De Rougemont avait également des contacts personnels avec ses homologues des services américains. Il s'envola pour Washington au printemps de 1962 pour rencontrer ses contacts, et il obtint trois ou quatre jours d'entretiens personnels avec Golitsyne. Son identité était un secret très protégé et était appelé alors "Martel". De Rougemont crut d'abord que Martel était une ruse des services américains, mais ses rencontres avec Golitsyne le convainquirent rapidement du contraire[6].

De retour en France, De Rougemont rapporta ses informations à Étienne Burin des Roziers, Secrétaire général de l'Élysée, qui organisa une réunion avec les chefs du SDECE et de la Direction de Surveillance du Territoire (DST), responsables de la sécurité extérieure et intérieure. Ceux-ci étaient déjà au courant de rumeurs selon lesquelles un espion soviétique de haut rang était dans les mains de la CIA. Des Roziers leur confirma que le transfuge était réel, qu'il est aussi important que les rumeurs avait suggéré et que ses informations sur les services de sécurité français exigeaient immédiatement une profonde enquête par des experts du contre-espionnage[6].

Une mission fut rapidement organisée qui arriva à Washington en [3] et se mit en contact avec l'attaché des renseignements à l'ambassade de France, Philippe Thyraud de Vosjoli, qui lui fournit un lieu sûr pour interroger Golitsyne. De Vosjoli fut très contrarié d'apprendre que les réunions précédentes avaient eu lieu sans sa participation et que la lettre de Kennedy à de Gaulle avait été trop peu spécifique et avait mis en cause à tort l'ensemble des services français. De Vosjoli pensait alors que Martel pouvait être un agent double, avec comme mission de bouleverser les relations franco-américaines. Les rapports de l'enquête, qu'il transmit à Paris, le convainquirent rapidement du contraire[6].

Dans une série de questions particulièrement éloquente, les officiers français tentèrent de piéger Martel. Comme il avait affirmé avoir vu personnellement des rapports de l'OTAN à Moscou, les enquêteurs lui présentèrent un certain nombre de documents, certains étant vrais et d'autres faux. Cet épisode se révéla particulièrement troublant pour les services français. S'il était incapable d'identifier tous les documents, tous ceux qu'il prétendait avoir vu étaient vrais. À l'inverse, tous ceux qu'il mettait de côté étaient des faux. Martel fournit ensuite une description complète de l'organisation et de travail du SDECE, y compris les détails d'une réorganisation qui avait eu lieu, dans le secret, en 1958[6].

Lorsque les agents le pressèrent de livrer davantage de détails sur l'identité des agents, Martel ne put fournir que des détails de leurs opérations et des descriptions générales. Il n'avait fait que voir leurs rapports, et il n'avait pas été impliqué dans leurs activités réelles, mais il était globalement informé des positions qu'ils occupaient. De retour en France après deux semaines d'interrogatoires, l'équipe examina avec attention les entretiens et tenta d'établir une première liste d'espions infiltrés potentiels. Elle retourna à Washington pour confirmer ses soupçons avec Martel, qui fut capable de confirmer ou d'infirmer les suspects comme espions potentiels. Ces entretiens permirent l'identification de réseaux entiers au sein des ministères de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères, d'un espion au sein du cabinet de de Gaulle, du réseau nommé "Saphir" d'au moins six agents au SDECE,[8] et d'un deuxième réseau au SDECE, spécifiquement chargé de l'espionnage des secrets nucléaires des États-Unis[6].

Montée du climat de méfiance[modifier | modifier le code]

C'est ce dernier élément qui conduisit à la méfiance intense par rapport aux informations de Golitsyne au sein des renseignements français. Martel affirma que le réseau nucléaire avait été fondé par le KGB en 1959. Ce réseau existait mais avait été fondé par les Français à partir de 1960. Le plan fut lancé par Louis Joxe, à qui de Gaulle avait confié la tâche de la construction de la force de frappe nucléaire française. Joxe ayant conclu que la France n'ayant pas les moyens de construire elle-même un système de défense nucléaire, elle devait donc voler les technologies des États-Unis s'ils refusaient de les fournir. Ce climat conduisait le SDECE à penser que la CIA avait connu l'existence de ces plans et qu'elle avait donc fondé le personnage de Martel pour effrayer les Français[7]. Un des plus hauts fonctionnaires de la SDECE de l'époque s'exprima sur l'affaire en ces termes :

Nous ne pouvions jamais être sûr si c'était Martel ou la CIA qui parlait. Nous avons accepté qu'il y avait un espion français à l'OTAN. Nous avons décidé de le rechercher. Mais aucun de nos hommes n'a eu des indices plus que vagues de la part de Martel sur le fait qu'il y avait quelqu'un derrière cet homme. Toutes les informations de la personne haut placée venait via la CIA. Je vous assure que, bien que nous traitions cette information avec circonspection — à cause de nos suspicions sur la CIA, voyez-vous — nous avons fait tous les efforts possibles pour trouver une telle personne. Mais nous n'avons jamais eu de pistes spécifiques.

Des agents américains assistaient aux réunions de débriefing françaises, ce qui avait pour effet curieux de rendre encore plus tendues les relations entre ces deux pays. Comme l'équipe française tentait de confirmer les noms donnés par Martel, les Américains devenaient de plus en plus méfiants. Comme l'équipe essaya de nombreux noms, les États-Unis croyaient que tout le gouvernement de la France. était impliqué[6].

Tout cela restait cependant mineur comparé à la colère que suscita la nouvelle que la France donnait l'apparence de mettre sur pied une équipe de renseignement nucléaire[9].

Le général Paul Jacquier, qui venait d'étre nommé chef de la SDECE, arriva à Washington le . Sa mission fut d'informer les États-Unis que la France allait transformer le SDECE en une organisation mondiale, qui agirait à la fois contre l'Est et l'Ouest[10].

Les services de renseignements britanniques venaient d'arrêter Vassall et étaient en train de rassembler plusieurs des autres agents auxquels Martel faisait référence. Par contre, la France n'avait rien fait à la suite des découvertes de l'affaire. Lors d'un dîner officiel en honneur de Jacquier, les États-Unis lui indiquèrent clairement qu'ils attendaient une action rapide. Un agent alla même jusqu'à dire à Jacquier :

Votre service est infiltré. Nous savons que vous n'êtes pas en faute, parce que vous êtes nouveau dans votre travail et nouveau dans ce métier. Mais vous devez prendre les bonnes mesures.

[6]

De grandes conséquences mais peu de réactions en France[modifier | modifier le code]

Les membres de l'OTAN avaient déjà des relations tendues entre eux au début des années 1960, l'effort visant à former une force nucléaire multilatérale (en) ayant abouti à un débat virulent. C'est dans cet environnement que l'affaire Martel explosa. À l'automne 1962, celle-ci avait en grande partie mis fin à la circulation d'informations au sein de l'OTAN, et seules les informations les plus essentielles au bon fonctionnement de l'organisation s'échangeaient encore[7].

C'est alors qu'il fut suggéré pour la première fois en dehors de la France que Martel était un agent double. Les critiques soulignèrent que les pistes de Martel s'adressaient généralement à des agents en place depuis de nombreuses années et qu'ils avaient maintenant largement dépassé leur âge d'or en termes d'accès à des informations utiles. Cette information était toutefois responsable du quasi-effondrement de l'OTAN[7].

Toutefois, à mesure que le poids de l'information s'infiltrait dans les services secrets de divers pays, la certitude qu'il disait la vérité devenait complète. Parmi les seuls militaires, John Vassall (en) de l'Amirauté britannique, Stig Wennerström, fonctionnaire du ministère suédois de la Défense, Hugh Hambleton, économiste canadien (travaillant à l'OTAN), Heinz Felfe, agent du Service fédéral de renseignement allemand[10] et Jack Dunlap (en), sergent militaire américain (travaillant à la National Security Agency) furent tous exposés en raison des rapports de Martel[7].

La France, par contre, ne fit pas grand-chose avec les révélations de Golitsyn. Les efforts pour traquer l'espion de l'OTAN causèrent la seule action publique française dans l'affaire Martel. Georges Pâques fut arrêté le et soupçonné d'espionnage. Il avoua finalement avoir espionné pour les Soviétiques depuis 1944. Il était un des plus hauts responsables français à l'OTAN et était naturellement soupçonné d'être à l'origine de nombreux documents que Martel avait vus. Cependant, Pâques n'était devenu actif au sein de l'OTAN qu'en 1962 et donc ne pouvait pas être la source d'informations antérieures que Martel avait vues. On croit maintenant qu'Hambleton, qui était francophone, fut la véritable source de ces documents, mais cela ne fut découvert que bien des années plus tard[11].

Un certain nombre d'autres suspects ont été étudiés, mais aucune preuve accablante n'a jamais été trouvée. Parmi eux se trouvait Joxe, en raison de la possibilité que sa suggestion d'espionner des secrets nucléaires américains était en fait un plan soviétique qu'il exécutait. Le diplomate Georges Gorse a également été soupçonné, qui sera suivi, dans une étrange tournure des événements, du chef adjoint du SDECE, Léonard Hounau, et du chef du contre-espionnage du SDECE, René Delseny, qui avait débriefé Martel en 1962. Après une autre rencontre avec Martel en novembre, Hounau fut discrètement congédié, mais aucune autre action ouverte ne fut entreprise[10]. Certains analystes pensent que le climat politique critique en France après la fin de la guerre d'Algérie fit en sorted que de Gaulle enterra l'histoire par crainte d'un coup d'état de droite[7].

Le fait de savoir s'il y avait ou non un agent double haut placé est toujours ouvert à la spéculation. Golitsyn avait dit aux États-Unis qu'il y avait un espion similaire hautement placé au sein de la CIA, mais il ne le connaissait que par le nom de code "Sasha". Cela mena Angleton à une chasse à la taupe, de plus en plus paranoïaque, qui dura plusieurs années mais resta infructueuse. Son enquêteur, Clare Edward Petty, a conclu que c'était peut-être Angleton lui-même qui était l'espion, qui aurait travaillé de concert avec Golitsyn, qui serait un agent double. Des calomnies furent lancées à travers et à l'extérieur la CIA, et la carrière de nombreuses personnes fut ruinée quand Angleton suggéra que ces personnes pourraient être l'agent double en question[12].

Renvoi de de Vosjoli[modifier | modifier le code]

Selon le récit de de Vosjoli[6], un certain nombre d'événements suspects montraient que le SDECE avait été effectivement pénétré si profondément, comme Martel le suggérait.

Au début de l'été de 1962, de Vosjoli fut averti des rumeurs d'une accumulation d'armes soviétiques à Cuba qui semblaient des missiles surface-air. De Vosjoli s'envola vers la Havane au mois d'août, où il reçut des rapports indiquant qu'un nouveau type de missile avait aussi été vu qui était bien plus grand que les modèles précédents. Ces rapports inclurent notamment les informations d'un ancien officier français, qui était en mesure de faire la différence entre les deux modèles. De Vosjoli transmit cette information au directeur de la CIA, John McCone.

Jacquier appela de Vosjoli à Paris en décembre pour lui faire deux demandes : révéler le nom de tous ses contacts à Cuba et commencer à mettre en place un réseau aux États-Unis pour espionner sur la technologie nucléaire américaine. De Vosjoli en fut stupéfait puisqu'il s'agissait du réseau que Martel avait évoqué, qui avait semblé alors n'avoir aucun fondement dans les faits, mais on lui demandait maintenant de mettre en place ce même réseau. Cependant, le lendemain, la raison lui fut donnée, les Français ayant appris que les États-Unis et le Royaume-Uni venaient avaient de négocier les accords de Nassau, qui donnaient au Royaume-Uni l'accès aux technologies nucléaires américaines. Les Français ne pouvaient donc plus attendre pour déployer leurs efforts en la matière[6].

Un mois plus tard, en , de Vosjoli transmit un long rapport de l'un de ses contacts cubains qui contenait les détails des forces soviétiques à Cuba. Le SDECE avait exigé que de Vosjoli livre le nom de son contact, ce qu'il fit éventuellement. L'agent fut bientôt arrêté par les Cubains, et de Vosjoli fut informé qu'il était lui-même connu des Cubains et qu'il ne devait plus y séjourner[6].

C'est cette série d'événements qui amena de Vosjoli à contacter Hervé Alphand, l'ambassadeur de France aux États-Unis. Alphand contacta des membres de confiance du ministère des Affaires étrangères de la France et constata qu'ils n'étaient absolument pas au courant de la question et que le SDECE ne leur avait pas communiqué les informations de Martel. Le SDECE identifia immédiatement de Vosjoli comme source de la demande et l'informa le qu'il serait remplacé. De Vosjoli ne rentra pas en France[6] et est considéré le seul exemple d'un officier de renseignement français ayant fui aux États-Unis[6].

L'inaction de la France dans l'affaire Martel, conjuguée au rejet très public de De Vosjoli, finit par entraîner une rupture totale du partage de renseignements entre la France et les États-Unis à partir de 1964. Les problèmes ne furent pas entièrement réglés pour trois ans, lorsque les communications normales ont repris.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Life 1968, p. 31.
  2. (en) Vasili Mitrokhin et Christopher Andrew, The Mitrokhin Archive: The KGB in Europe and the West, Penguin, (ISBN 978-0-14-196646-5, lire en ligne)
  3. a et b Richelson 1997, p. 287.
  4. Mason 2014, The Sapphire Affair.
  5. Arboit 2007.
  6. a b c d e f g h i j k l m et n de Vosjoli 1968.
  7. a b c d e f g et h Barry 1968, p. 38-39.
  8. Richelson 1997, p. 288.
  9. (en) Fergus Mason, Stranger Than Fiction: The Real Life Stories Behind Alfred Hitchcock's Greatest Works, Absolute Crime, (lire en ligne)
  10. a b et c (en) Jeffery T. Richelson, A Century of Spies: Intelligence in the Twentieth Century, Oxford University Press, , 288 p. (ISBN 9780199761739, lire en ligne)
  11. (en) Gérald Arboit, « Note historique N°1 : In his defector he trusted: how the CIA counterintelligence staff broke the western intelligence community for ten years (1962-1973) », Centre Français de Recherche sur le Renseignement,‎ (lire en ligne)
  12. (en) « James Jesus Angleton », sur Spartacus Educational (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Fergus Maçon, Le Saphir Affaire: La Véritable Histoire d'Alfred Hitchcock Topaze, Absolue De La Criminalité, (lire en ligne).