Hugh Hambleton

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hambleton (homonymie).
Hugh Hambleton
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Hugh George Hambleton (né en 1922 à Ottawa) est un économiste canadien et un espion au service de l'Union soviétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, George[1] Hambleton, est un journaliste anglais. Hugh Hambleton est titulaire de la double citoyenneté, canadienne et britannique[2]. Il fait ses études au Royaume-Uni et au Canada[2], notamment au Lisgar College d'Ottawa[3], et passe une partie de son enfance en France, où son père est correspondant de presse[2].

En 1944 et 1945, il fait partie des Forces françaises libres à Alger et il sert comme agent de liaison avec l'armée des États-Unis[2]. En 1945, il intègre la branche du renseignement de l'armée canadienne[2].

En 1952, il est recruté par un officier de renseignement soviétique. En 1954, il étudie l'économie à la Sorbonne[2],[4]. En 1956, il commence à travailler pour l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), à Paris. Il y travaille pendant cinq ans, au cours desquels il transmet des informations à l'Union soviétique[2]. Il se marie à Rome en 1959[1]. Il quitte l'OTAN en 1961[1]. De 1962 à 1964, il étudie à la London School of Economics, où il obtient un doctorat[1]. En 1964, il revient au Canada et la même année il obtient un poste de professeur d'économique à l'université Laval, à Québec[1],[2], poste qu'il conserve jusqu'en 1982.

En 1967, les Soviétiques reprennent contact avec Hambleton par l'intermédiaire d'un agent connu sous le faux nom de Rudolf Herrmann[1]. En 1977, ce contact, Herrmann, est arrêté par le Federal Bureau of Investigation (FBI) aux États-Unis. En 1978, Hermann devient informateur du FBI et révèle l'identité d'espions soviétiques en Amérique, dont Hambleton[5]. Des informations sur Hambleton sont aussi fournies par le transfuge Anatoli Golitsyne[2]. La Gendarmerie canadienne place Hambleton sous surveillance pendant plusieurs mois[1]. Le 5 novembre 1979, la résidence de Hambleton à Sainte-Foy et celle de sa mère de 91 ans à Ottawa sont perquisitionnées et du matériel d'espionnage y est découvert[1],[3]. Hambleton est interrogé à de nombreuses reprises par la Gendarmerie canadienne mais il n'est pas arrêté. Au début de 1980, les médias canadiens rendent publique l'affaire Hambleton. Des députés posent des questions à ce sujet à la Chambre des communes mais le gouvernement invoque la nécessité du secret. Hambleton soutient que les informations qu'il transmettait étaient anodines et étaient accessibles à n'importe qui[1]. Au mois de mai 1980, les avocats du gouvernement canadien qui étudient le dossier concluent que les informations transmises par Hambleton aux Soviétiques ne présentent pas de danger pour la sécurité du Canada et que Hambleton n'a contrevenu à aucune loi canadienne[1].

En juin 1982, Hambleton est arrêté au Royaume-Uni, lors d'un voyage dans ce pays. Il y est accusé en vertu de la loi britannique de 1911 sur les secrets officiels (Official Secrets Act)[1],[2]. En vertu de cette loi britannique sur les secrets officiels, le procès est secret, la preuve n'est pas révélée et le nom de l'avocat de l'accusé est secret[1]. New Scotland Yard divulgue seulement le fait que Hambleton est accusé et l'accusation. L'accusation est formulée comme suit [traduction] : « lors d'un ou de plusieurs jours, entre le 1er janvier 1956 et le 31 décembre 1961, à l'intérieur de la juridiction de la Central Criminal Court et dans un but préjudiciable à l'intérêt et à la sécurité du Royaume-Uni, il a communiqué des informations qui sont considérées, ou qui peuvent être, ou qui sont destinées à être, directement ou indirectement, utiles à un ennemi »[1]. Hambleton plaide coupable et le 7 décembre 1982 il est condamné à dix ans de prison. Il purge sa peine à la prison de Gartree, à Londres[3]. Il est transféré dans une prison au Canada en juin 1986. Il est libéré sous surveillance en mars 1989[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Leo Heaps, Hugh Hambleton, espion. Trente ans au service du KGB, Héritage, 1984, (ISBN 978-2762557596). (Traduit de : Hugh Hambleton, Spy. Thirty Years with the KGB, Methuen, Toronto, 1983.)
  • (en) John Barron, « Professor Who Spied for the KGB », Reader's Digest (United Kingdom), avril 1983, page 157
  • (en) J. L. Granatstein et David Stafford, Spy Wars: Espionage and Canada from Gouzenko to Glasnost, Key Porter, Toronto, 1990, 276 pages, (ISBN 978-1550132588)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l et m (en) Neil MacDonald, « The long, strange saga of Laval's 'Soviet spy' », article dans The Gazette, Montréal, 3 juillet 1982, en page B-5 (disponible sur Google news, page consultée le 6 novembre 2014)
  2. a b c d e f g h i j et k Richard C. S. Trahair et Robert L. Miller, Encyclopedia of Cold War Espionage, Spies, and Secret Operations, édition 2012, Enigma Books, New York, 572 pages, (ISBN 978-1-929631-75-9), aux pages 135-136 (extraits sur Google books, page consultée le 27 mars 2013)
  3. a b et c Bertrand de la Grange, Hugh Hambleton, 30 ans au service du KGB, reportage à Radio-Canada, émission Le Point, 25 octobre 1983 (en ligne sur le site des archives de Radio-Canada, page consultée le 27 mars 2013)
  4. Cette chronologie des événements est selon Trahair et Miller. Toutefois, la chronologie diffère selon les sources. Selon de la Grange, c'est en 1951 que Hambleton entre à la Sorbonne pour y entreprendre un doctorat en économique et c'est quatre ans plus tard qu'il est recruté par les Soviétiques. Selon MacDonald, qui dit rapporter les paroles d'une entrevue de Hambleton de 1980, c'est en 1950 à Ottawa que Hambleton, qui travaille alors à l'Office national du film, est contacté pour la première fois par Vladimir Borodine, un employé de l'ambassade russe, qui lui propose de recueillir des informations pour les Soviétiques
  5. (en) Nancy Lewis, « Meet Rudolph Herrmann: Double Agent », article dans The Post, Palm Beach, 4 mars 1980, en pages 1 et 13 (disponible sur Google news, page consultée le 6 novembre 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]