Philippe Thyraud de Vosjoli

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Philippe Thyraud de Vosjoli
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Philippe Thyraud de Vosjoli né le 30 novembre 1920 à Chalon-sur-Saône est un ancien officier du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE). Installé aux États-Unis en 1951, il a été le chef de poste du SDECE à Washington de 1951 à 1963, devenant notamment correspondant inamovible auprès de la CIA, le service de contre-espionnage américain dirigé par James Angleton[1] pour finir par être le premier (et vraisemblablement le seul à ce jour) officier de renseignement français à faire défection aux États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Thyraud de Vosjoli a connu les geôles franquistes en Espagne ; il a rallié la France Libre à Alger, en 1943. Sa carrière au SDECE se termine sur un grave conflit avec les autorités de son service d'appartenance, lié à plusieurs incidents :

  • le refus, selon lui, du SDECE de donner crédit aux révélations d'Anatoli Golitsyne, un officier du KGB de très haut rang qui a fait défection aux États-Unis en 1961, sur l'existence d'un réseau d'agents soviétiques nommé Saphir au sein du SDECE et de l'entourage immédiat du président De Gaulle ;
  • la désapprobation d'une partie de ses supérieurs hiérarchiques pour avoir transmis d'initiative à ses homologues américains des renseignements déterminants dans le cadre de la crise des missiles de Cuba[2] ;
  • l'ordre qui lui aurait été donné de constituer un réseau d'espionnage contre les États-Unis[3].

Rappelé à Paris pour consultations en octobre 1963, il choisit de démissionner et de rester aux États-Unis[4],[5],[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Thyraud de Vosjoli a écrit sur son expérience le livre Lamia, l'anti-barbouze (ISBN 0-7759-0333-7)

En littérature et au cinéma[modifier | modifier le code]

En 1967, Philippe Thyraud de Vosjoli a fortement inspiré Leon Uris, auteur du roman Topaz qui insinue « que le cœur de l'espionnage soviétique en France battait à l’Élysée » [7]. L'ancien fonctionnaire du SDECE s'identifie au personnage d'André Devereaux[8].

Le roman sera adapté au cinéma par Alfred Hitchcock avec le film L'Étau en 1969.

En 1973, il est aussi considéré[réf. nécessaire] comme à l'origine du personnage de Lucien Berthon, incarné par l'acteur Philippe Noiret dans le film Le Serpent d'Henri Verneuil.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Tom Mangold, Cold Warrior (ISBN 9780671662738)
  • Pierre de Villemarest, L’espionnage soviétique en France 1944-1969, Nouvelles éditions latines, 319 p., 1969.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Pesnot, émission Rendez-vous avec X sur France Inter, 26 avril 2003.
  2. Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer, Histoire politique des services secrets français, La Découverte, , 738 p. (ISBN 978-2707177711).
  3. (en) « A Head That Holds Some Sinister Secrets », LIFE, vol. 64, no 17,‎ , p. 31 (lire en ligne, consulté le 5 décembre 2015)
  4. (en) Georges Pâques, French Spy for Soviets, Dies at 79 Sur le site nytimes.com
  5. (en) France : The Sapphire Affair Sur le site time.com
  6. Article du Figaro, le 7 août 2018
  7. Françoise Giroud, « Editorial », L’Express, no 881,‎
  8. Pierre Péan, L'Homme de l'ombre : Éléments d'enquête autour de Jacques Foccart, Fayard, 1990. Chapitre 17, "Topaz". "Quand le livre sort, toute la communauté diplomatique de Washington s'amuse à identifier les personnages de Topaz [...]. Le roman fait des dégâts, car tout un chacun a reconnu Philippe Thyraud de Vosjoli derrière le personnage d'André Devereaux."