Abir Moussi

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Abir Moussi
عبير موسي
Illustration.
Fonctions
Députée de la deuxième circonscription de Tunis
En fonction depuis le
(4 mois et 13 jours)
Élection 6 octobre 2019
Législature IIe
Groupe politique Parti destourien libre
Présidente du Parti destourien libre
En fonction depuis le
(3 ans, 7 mois et 13 jours)
Secrétaire général Hatem Lamari
Prédécesseur Hamed Karoui
Biographie
Date de naissance (45 ans)
Lieu de naissance Jemmal, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Rassemblement constitutionnel démocratique puis Parti destourien libre
Profession Avocate

Abir Moussi (arabe : عبير موسي), née le 15 mars 1975 à Jemmal, est une avocate et femme politique tunisienne.

Elle est la présidente du Parti destourien libre depuis 2016 et députée depuis 2019.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abir Moussi naît le 15 mars 1975 à Jemmal d'un père travaillant à la sûreté nationale et d'une mère institutrice[1],[2],[3].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Titulaire d'une maîtrise en droit et d'un DEA en droit économique et en droit des affaires, elle devient avocate au barreau de la Cour de cassation[2]. Elle est par ailleurs vice-présidente de la municipalité de l'Ariana, présidente du comité du contentieux et membre du forum national des avocats du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et secrétaire générale de l'Association tunisienne des victimes du terrorisme[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée secrétaire générale adjointe chargée de la femme au RCD[2]. À la suite de la chute du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali et à la dissolution du RCD en 2011, à laquelle elle s'oppose en tant qu'avocate[4], Moussi rejoint le Mouvement destourien fondé par l'ancien Premier ministre Hamed Karoui[5]. Le , Moussi est nommée présidente du Mouvement destourien rebaptisé en Parti destourien libre[1]. Régulièrement qualifié de parti d'extrême droite[6], ce dernier rassemble les sympathisants de l'ex Rassemblement constitutionnel démocratique qui dominait le pays avant la révolution[7],[8].

Moussi prend ainsi la direction des nostalgiques de la dictature autoritaire de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, sous lequel selon elle « il n'y avait ni chômage ni pauvreté », la révolution l'ayant fait tomber étant « un complot des Européens et des sionistes »[9]. Elle ne reconnaît par conséquent pas la Constitution de 2014[9] et prône l'établissement d'un régime présidentiel[10].

Moussi s'est déclarée opposée à la dépénalisation de l'homosexualité[11]. Le , l'ONG Aide de défense homosexuelle pour l'égalité des orientations sexuelles (ADHEOS) appelle à interdire l'espace Schengen à Abir Moussi suite à des propos homophobes et incitant à la haine, dans lesquels elle demande l'emprisonnement systématique des homosexuels qu'elle associe à des criminels[12],[13]. En , elle soutient par ailleurs la pratique du « test anal » pratiquée à l'encontre des homosexuels par les forces de l'ordre, s'il a lieu « à la suite d'une décision judiciaire »[14].

Bien que se revendiquant en faveur de l'égalité homme-femme en matière d'héritage, elle s'oppose au projet du gouvernement sortant de la mettre en œuvre, jugeant que celui-ci, en étendant les droits aux enfants nés hors mariage, représente une atteinte à l'institution de la famille[15],[16],[17]. La proposition de la Commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe) d'introduire cette égalité tout en laissant le choix aux légataires d'utiliser l'ancien système basé sur le Coran attire également les critiques de la candidate, qui y voit « la porte ouverte aux mariages coutumiers et à une discrimination entre les femmes elles-mêmes »[10].

Elle est élue députée de la deuxième circonscription de Tunis lors des élections législatives de 2019[18].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Elle est officier de l'ordre de la République[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée et mère de deux filles[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Brahim Oueslati et Fawzia Zouari, « Tunisie : Abir Moussi, portrait d'une Benaliste convaincue », sur jeuneafrique.com, (consulté le 23 mai 2019).
  2. a b c d e et f « Biographie de Mme Abir Moussi », sur turess.com, (consulté le 4 août 2019).
  3. Amina Mkada, « Biographie de Abir Moussi, candidate à l'élection présidentielle anticipée », sur kapitalis.com, (consulté le 22 janvier 2020).
  4. « Tunisie : Abir Moussi, portrait d'une Benaliste convaincue », sur jeuneafrique.com, (consulté le 18 août 2019).
  5. Frida Dahmani, « Tunisie : ces anciens cadres de l'ère Ben Ali qui ont su rebondir », sur jeuneafrique.com, (consulté le 23 mai 2019).
  6. Khalil Aidani, « La nouvelle extrême-droite tunisienne », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 20 août 2019).
  7. « Tunisie : Hamed Karoui lance une initiative pour rassembler les destouriens », sur news.gnet.tn, (consulté le 1er juillet 2019).
  8. « Le Mouvement destourien rebaptisé le Parti destourien libre », sur shemsfm.net, (consulté le 26 mai 2018).
  9. a et b « Tunisie : ces favoris de la présidentielle », sur lepoint.fr, (consulté le 7 septembre 2019).
  10. a et b Frida Dahmani, « Tunisie. Abir Moussi : « Nous voulons instaurer un régime présidentiel » », sur jeuneafrique.com, (consulté le 23 août 2019).
  11. « Abir Moussi : l'homosexualité peut affecter le modèle familial tunisien », sur businessnews.com.tn, (consulté le 10 mars 2020).
  12. « L'ONG ADHEOS appelle l'État français à interdire l'espace Schengen à l'extrémiste tunisienne Abir Moussi », sur adheos.org, (consulté le 23 mai 2019).
  13. Ayda Labassi, « L'ADHEOS appelle à interdire l'espace Schengen à Abir Moussi »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur huffpostmaghreb.com, .
  14. « Présidentielle : Abir Moussi refuse la dépénalisation de l'homosexualité et approuve le test anal », sur kapitalis.com (consulté le 10 mars 2020).
  15. « Abir Moussi : le principe de l'égalité successorale légitimera les enfants nés hors-mariage », sur businessnews.com.tn, (consulté le 7 septembre 2019).
  16. « Selon le PDL, l'égalité dans l'héritage entre l'enfant légitime et l'enfant naturel est une menace à l'institution de la famille », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 7 septembre 2019).
  17. Rihab Boukhayatia, « Présidentielles : l'égalité à l'héritage, ligne de clivage symptomatique », sur nawaat.org, (consulté le 7 septembre 2019).
  18. « Législatives en Tunisie : Ennahdha en tête avec 52 sièges, selon les résultats officiels », sur jeuneafrique.com, (consulté le 11 octobre 2019).