Abbaye Notre-Dame de La Couronne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Abbaye Notre-Dame.

Abbaye Notre-Dame de La Couronne
Vestiges de l'abbaye
Vestiges de l'abbaye
Présentation
Nom local L'abbaye
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1903)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente
Ville La Couronne
Coordonnées 45° 36′ 46″ nord, 0° 06′ 09″ est[1]

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Notre-Dame de La Couronne

Géolocalisation sur la carte : Charente

(Voir situation sur carte : Charente)
Abbaye Notre-Dame de La Couronne

L'abbaye Notre-Dame de La Couronne est un monastère de chanoines réguliers situé à La Couronne en Charente. En ruines, son abbatiale témoigne de l’introduction du style gothique dans l’ouest de la France.

Histoire de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Une première abbatiale est élevée au début XIIe siècle. Divers textes sont venus jusqu'à nous :

  • Le 12 mai 1118, Lambert et les religieux de La Palud posent la première pierre de l’église de La Couronne.
  • Le 12 mars 1122, jour de la Passion, les religieux font leur entrée dans l’église primitive de La Couronne… Elle perd son nom de La Couronnelle et prend celui de La Couronne. Ceci a lieu en présence de Guillaume, évêque de Périgueux, Girard, évêque d’Angoulême et légat du Saint-Siège et Vulgrin II, comte d’Angoulême. Lambert, élu abbé, est consacré le jour de Pâques[2].

Cette première église abbatiale est remplacée par une seconde, consacrée en 1201, due à l’abbé Junius à la fin du XIIe siècle à une période de renouvellement de la spiritualité après la réforme grégorienne.

La comtesse Isabelle d'Angoulême, veuve du roi d'Angleterre Jean Sans Terre a fait édifier à ses frais en avant du collatéral sud de la façade une chapelle funéraire sous le vocable de saint Nicolas, où les restes de son père, Aymar Taillefer, grand protecteur de l'abbaye, ont été transférés en 1218[3].

Selon une tradition locale rapportée par des sources anciennes, Isabelle d'Angoulême aurait été enterrée dans cette abbaye[3], près de son père, puis son corps aurait été exhumé et transporté au cimetière des Rois de l'abbaye de Fontevraud par son fils Henri III, roi d'Angleterre[4],[5]. Il se pourrait que l'abbaye ait accueilli une partie de ses viscères ou son cœur, comme cela se faisait parfois à cette époque, ce qui expliquerait cette tradition[3]. Selon les auteurs modernes, dont Nicholas Vincent, historien britannique spécialiste des Plantagenêts, Isabelle s'est retirée à l'abbaye de Fontevraud, où elle est décédée et a été inhumée en 1246[6].

Évolution du statut[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, l’abbaye revient aux chanoines réguliers de la congrégation de France, les génovéfains.

Guerres, pillages et destructions[modifier | modifier le code]

Elle subit des destructions durant la guerre de Cent Ans puis durant les guerres de Religion, d'où les reconstructions de parties en gothique dit « Plantagenet » et dit « flamboyant ».

Ruines de l'abbaye.

Perte temporaire de la fonction religieuse[modifier | modifier le code]

Elle est vendue comme bien national à la Révolution et a servi de carrière de pierres jusqu’à son classement Monuments Historiques en 1903.

Architecture de l'abbaye[modifier | modifier le code]

La partie actuellement visible date de la fin du XIIe siècle, à l’exception des deux travées occidentales de la nef et de la façade gothiques.

L’église abbatiale[modifier | modifier le code]

Elle est marquée de plusieurs phases de construction. Les supports, les décors et les sculptures dans le transept, la chapelle et le chœur roman saintongeais. Les voûtes d’ogives bombées dans les deux travées orientales de la nef sont l’expression du gothique dit « Plantagenêt » du XVe siècle.

Les deux travées occidentales de la nef et la façade ont été reconstruites dans le style gothique flamboyant après les guerres de religion au XVIe siècle.

Elle donne un excellent exemple de l'évolution de l'art gothique.

Le clocher[modifier | modifier le code]

Bâtiments du XVIIIe siècle particulièrement prégnants. Un dernier corps de bâtiment, placé au nord de l'abbatiale, date de la fin du XVIIIe-début du XIXe siècles.

bâtiments monastiques

Les bâtiments monastiques[modifier | modifier le code]

Au sud de l’abbaye, la galerie du cloître, les vestiges de la salle capitulaire et du réfectoire datent du XIIIe siècle tout comme les ailes autrefois dévolues aux convers.

entrée de l'abbaye

Les bâtiments sont organisés autour d'une cour fermée d'un portail monumental.

Le logis abbatial est placé dans son enclos bien fermé de hautes murailles, au sud de cet ensemble. Il fut élevé entre le XVe et le XVIe siècle. Il reprend les formes développées à cette époque dans les châteaux avec ses tours carrées et ses toits à fortes pentes. Quelques reprises sont faites au XVIIe siècle[7].

Des vestiges des murs de clôtures quelquefois ajourés de balustres délimitent encore clairement l'enclos et les jardins.

Une fontaine monumentale de la fin du XVIIe siècle est située à l'est du corps de logis central.

L'abbaye a été classée monument historique en 1903. La protection s’est étendue à l’ensemble des bâtiments en 1999[8].

Une tour ronde couverte d'un toit qui épouse la forme d'une cloche (rare en Charente) adossée à l'habitation caractérise le manoir de la Tour-Saint-Jean, ancienne dépendance de l'abbaye de la Couronne. Un souterrain, taillé dans le roc, est constitué de deux salles dont l'une a pu servir de chapelle ou d'oratoire.

Activité[modifier | modifier le code]

Le site appartient à deux propriétaires différents: le logis, la cour d’honneur, les bâtiments monastiques, le parc et ses abords aux établissements Ciments Lafarge.

Le cloître et l’abbatiale appartiennent au Conseil Général de la Charente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées prises sur Géoportail
  2. site histoire passion
  3. a b et c Pierre Dubourg-Noves (dir.), Histoire d'Angoulême et de ses alentours, Toulouse, Éditions Privat, coll. « Univers de la France et des pays francophones », , 319 p. (ISBN 2-7089-8246-X, notice BnF no FRBNF35072424, présentation en ligne), p. 92 (André Debord)
  4. [1]
  5. [2]
  6. (en) Nicholas Vincent, « Isabella, suo jure countess of Angoulême (c.1188–1246) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, janvier 2006. DOI:10.1093/ref:odnb/14483 (accès payant). Lire en ligne
  7. Frédéric Chassebœuf, Châteaux en Poitou-Charentes, Prahecq, Patrimoines et Médias, coll. « Belles visites », , 173 p. (ISBN 2-910137-91-0, OCLC 71887670)
  8. « Abbaye de La Couronne », notice no PA00104347, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :