Watson (intelligence artificielle)

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Watson est un programme informatique d'intelligence artificielle conçu par IBM dans le but de répondre à des questions formulées en langue naturelle[1]. Il s'intègre dans un programme de développement plus vaste, le DeepQA research project. Le nom « Watson » fait référence à Thomas John Watson, qui joindra la CTR Computing Tabulating Recording Company en 1914, société qui deviendra IBM en 1924.

Watson a participé en février 2011 à 3 épisodes du jeu télévisé Jeopardy!, au terme desquels il a remporté le jeu. Il est capable de comprendre l’énoncé des questions, buzzer pour prendre la main, trouver les réponses en quelques secondes, et, grâce à une synthèse vocale, énoncer les réponses et choisir le thème et le montant de la prochaine question, comme l'exigent les règles du jeu.

Watson

Participation à Jeopardy![modifier | modifier le code]

Watson a participé, et gagné, au jeu télévisé Jeopardy! lors de trois épisodes diffusés aux États-Unis les 14, 15 et 16 février 2011, face à Ken Jennings et Brad Rutter, deux champions du jeu. Les gains ont été de 1 million de dollars pour IBM, 300 000 dollars pour Ken Jennings, et 200 000 dollars pour Brad Rutter. Les deux champions ont reversé la moitié de leurs gains à des associations caritatives, tandis qu'IBM en a reversé 50 % à World Community Grid et 50 % à World Vision.

L'ordinateur sur lequel le programme d'intelligence artificielle était exécuté était situé en dehors du plateau de télévision, un écran placé derrière le pupitre représentait Watson aux côtés des deux autres candidats. Cet écran affichait l'avatar de Watson, qui était le logo du projet : un globe terrestre surmonté de rayons lumineux, évoquant une ampoule allumée. Cet avatar s'animait plus ou moins rapidement selon la puissance de calcul employée à la recherche d'une réponse et sa couleur indique la certitude de la réponse trouvée. Ainsi, Watson affichait un logo dans les tons verts lorsqu'il était sûr de sa réponse, ou orange s'il doutait de celle-ci.

Pendant la session de répétition en condition réelle s'étant déroulée mi-janvier, Watson avait gagné face aux deux champions[2].

Test de l'université de Tokyo[modifier | modifier le code]

Dès septembre 2012, Watson prépare l'examen d'entrée à la prestigieuse Université de Tokyo [3]. Cet examen est divisé en cinq grandes matières (mathématiques, sciences physiques/biologie, sciences humaines, langue japonaise et langue étrangère)[4]. L'équipe derrière ce projet menée par Hidenao Iwane, du groupe d'informatique Fujitsu, pense qu'il réussira ce test avant 2021[5].

Détails techniques[modifier | modifier le code]

La configuration matérielle sur laquelle a fonctionné le programme d'intelligence artificielle a été conçue spécifiquement pour le jeu Jeopardy à partir de serveurs Power 750, de la gamme IBM Power Systems, contrairement à Deep Blue, qui était un super-calculateur hautement personnalisé[6].

La configuration matérielle est composée de 90 serveurs Power 750 réunis dans 10 racks. Chaque POWER 7 750 contient 4 processeurs POWER7 octo-cores cadencés à 3,55 GHz, soit 32 cœurs par serveur, soit au total 2880 cœurs POWER7[7]. La puissance de calcul atteinte permet à Watson de répondre aux questions dans des délais comparables à ceux de ses concurrents humains (IBM estime qu'avec un unique processeur, le programme aurait besoin de 2 heures pour répondre à une question)[8]. IBM a pensé pendant un temps utiliser une configuration de type Blue Gene, mais la faible parallélisation d'une partie du logiciel a fait qu'elle n'aurait pas permis de répondre dans le temps imparti[7].

Le programme d'intelligence artificielle utilise le framework Hadoop afin de pouvoir parcourir la grande quantité de contenu disponible localement (200 millions de pages lors de sa victoire à Jeopardy) très rapidement (en moins de 3 secondes pour Jeopardy)[9]. La question est transmise au programme par l'intermédiaire d'un fichier texte au même moment qu'elle est affichée pour les participants humains[7].

Applications actuelle et futures[modifier | modifier le code]

IBM se focalise désormais sur les façons de monétiser Watson en business analytics : « l’objectif est de finaliser trois projets pilotes avec des clients cette année et de lancer la phase de commercialisation de nouvelles offres avant la fin de 2012 ». Du fait de sa capacité à comprendre le langage naturel, Watson serait utile dans le domaine du diagnostic médical ou pour assister les conseillers financiers[10]. Citigroup explore actuellement cette technologie pour gérer la masse de données générée par la finance, par exemple « les 9000 pages de données produites quotidiennement par l’agence Reuters »[11]. D’autres cas d’usage du supercalculateur Watson sont envisagés notamment dans les centres de contacts.

Après l'intégration de l'Urban Dictionary dans son vocabulaire, Watson a été incapable de distinguer le langage poli de l'argot : il mettait souvent le mot bullshit en réponse à une demande de recherche. Watson aurait aussi pris la « mauvaise habitude » de lire Wikipédia[12]. IBM aurait décidé de restreindre Watson à un usage médical[13], mais certains membres de l'équipe d'Eric Brown estiment que Watson a déjà prouvé qu'il dépassait le test de Turing avec Jeopardy!

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. depuis la compétition, IBM fait référence à Watson comme étant le système ayant servi à exécuter le programme d'intelligence artificielle et ce programme
  2. (en) « IBM's Watson supercomputer destroys all humans in Jeopardy practice round », lire en ligne sur engadget.com
  3. Un article du Point
  4. Un article de la dépèche
  5. Un article du journal canadien La presse
  6. (en) « Watson: A Challenge for the Ages », lire en ligne sur ibm.com
  7. a, b et c « How Watson works: a conversation with Eric Brown, IBM Research Manager », lire en ligne sur kurzweilai.net
  8. (en) A System Designed for Answers
  9. http://developer.yahoo.com/blogs/hadoop/posts/2011/02/i%E2%80%99ll-take-hadoop-for-400-alex/
  10. Romain Gueugneau, IBM réfléchit aux utilisations du superordinateur Watson, Les Échos, 25 mai 2011, page 2 du supplément High-tech & Médias.
  11. Médecins et financiers consultent Watson, 01 Informatique, Patrice Poiraud cité par Gilbert Kallenborn, page 12.
  12. (en) Teaching IBM's Watson the meaning of 'OMG’
  13. Watson : le supercalculateur d'IBM qui dit des gros mots

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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