Blue Brain

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Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Le cerveau bleu.

Le projet Blue Brain (littéralement « cerveau bleu ») a pour objectif de créer un cerveau synthétique par processus de rétroingénierie. Fondé en mai 2005 à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse, ce projet étudie l'architecture et les principes fonctionnels du cerveau.

Objectifs[modifier | modifier le code]

En 2002, Henry Markram s'installe à l'EPFL ; en 2005, il convainc IBM de constituer une équipe internationale de 35 informaticiens, mathématiciens, biologistes et physiciens. En 2008, les chercheurs ont achevé la première étape du projet : ils sont parvenus à traduire sous forme de données mathématiques les propriétés biologiques d'un fragment de cerveau de rat ; ils ont modélisé 10 000 neurones virtuels connectés entre eux par 30 millions de synapses et quelques kilomètres de fibres.

Cette reconstitution virtuelle d'une colonne corticale, c'est-à-dire l'unité de base du cortex constituée de milliers de neurones, a permis d'identifier 240 types de neurones[1].

Progrès[modifier | modifier le code]

Selon Markram, le premier cerveau virtuel de mammifère serait disponible vers 2018. « Chaque année, il y a 35 000 publications en neurosciences. Un chercheur ne peut en lire qu'une centaine : nous n'irons nulle part sans un modèle qui puisse intégrer toutes ces connaissances fragmentées. »[2].

Technologies[modifier | modifier le code]

Le Blue Gene de Lausanne a 8 000 processeurs et effectue 22 800 milliards d'opérations par seconde (22,8 téraflops). La puissance de calcul de la prochaine génération de supercalculateurs atteindra un million de milliards d'opérations par seconde, sur 450 m2 et consommera 3 millions de watts pour un coût de 3 millions de dollars par an.

Financements[modifier | modifier le code]

Le projet a été d'abord financé par le gouvernement suisse et ensuite par des subventions et quelques donations de personnes privées. L'EPFL a acheté l'ordinateur Blue Gene d'IBM à prix réduit en raison de sa qualité de prototype. Pour avancer plus vite, IBM s'est engagé à fournir « à prix d'ami » 4 superordinateurs de plus en plus puissants sur dix ans[3].

Limites[modifier | modifier le code]

  • La plasticité cérébrale n'est pas prise en compte par le modèle informatique ;
  • L'information traitée dans des zones spécialisées du cerveau : le projet fait l'impasse sur les aires cérébrales ;

Cette simulation ne reflètera que partiellement le fonctionnement d'un cerveau. Les ondes électromagnétiques cérébrales ne seront pas simulées et l'ensemble des interactions complexes entre neurones et ondes électromagnétiques ne sont pas simulées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marine Corniou, « Henry Markram, l'homme qui veut modéliser notre cerveau », Science et Vie, page 108.
  2. Marine Corniou, « Henry Markram, l'homme qui veut modéliser notre cerveau », Science et Vie, page 110.
  3. Marine Corniou, « IBM intéressé au premier chef », Science et Vie, page 107.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]