Union des comités de mères de soldats de Russie

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L'Union des comités de mères de soldats de Russie (en russe : Союз комитетов солдатских матерей России) est une ONG russe qui agit pour la défense des droits de l'homme au sein de l'armée russe. Elle a été créée en 1989 sous le nom de Comité des mères de soldats de Russie (Комитет солдатских матерей России), et constitue aujourd'hui une des principales organisations de la société civile en Russie.

Son actuelle secrétaire générale est Valentina Melnikova.

Action[modifier | modifier le code]

Leur rôle est double: aider les jeunes qui sont appelés au service militaire et leur famille pour leur faire connaître leurs droits et pour les faire respecter; militer pour une réforme militaire qui supprimerait la conscription obligatoire au profit d'une armée de métier.

Voici quelques-uns des problèmes concrets que les Mères de soldats prennent en charge:

  1. Protéger les appelés souffrant de pathologies et qui sont appelés au service militaire. En Russie, il existe un décret reprenant la liste des maladies incompatibles avec l’armée; mais ces textes ne sont pas toujours accessibles à la population, notamment en milieu rural. L'association a obtenu, au début de son activité, un exemplaire de la liste de pathologies permettant l'exemption d'un soldat. À partir de ce moment-là, la défense de soldats malades a été plus facile, notamment grâce à des liens établis avec certains médecins militaires, mais les autorités militaires rechignent souvent à appliquer les règles et à examiner scrupuleusement les conscrits.
  2. Protéger les soldats souffrant de mauvais traitements, de la part des soldats plus âgés comme des officiers. Ces mauvais traitements sont aussi bien physiques que psychologiques et entraînent parfois la mort du conscrit (du fait des blessures ou par suicide). Lorsque le Comité est alerté par les familles des soldats, il arrive souvent à obtenir le transfert du soldat dans une autre unité militaire ou sa démobilisation.
  3. Défendre les déserteurs. Il n’est pas rare que des jeunes fuient l’armée car ils y sont maltraités, aussi bien par des soldats plus âgés que par des officiers. Ils sont alors considérés comme des déserteurs et risquent des peines d’emprisonnement. Avant la création du Comité, les fugitifs devaient vivre dans la clandestinité. Le comité les invite à venir aux permanences afin d’examiner leur dossier et d’obtenir une démobilisation ou une affectation dans une autre unité militaire. Il n'était pas rare, pour les membres du comité, au début des années 1990, d’accueillir des jeunes à leur domicile mais la demande s’est intensifiée et il a fallu trouver une solution collective pour l'ensemble de ces soldats. Le Comité des mères de soldats a réussi à faire admettre qu'un soldat qui s'enfuit de son unité pour cause de mauvais traitements ne soit jamais renvoyé dans la même unité - même si, en réalité, les militaires enfreignent souvent ce principe si le Comité n'intervient pas. En 1990, une unité militaire spécifique, appelée "point de rassemblement", a été créée, sur l'initiative du Comité des Mères de soldats. Cette caserne spécifique, située à Moscou, accueille les soldats qui ont déserté leur unité, le temps que leur dossier soit examiné, ce qui permet de les mettre à l'abri de brimades et de leur apporter un soutien médical, juridique et psychologique. Le Comité des mères de soldats a réussi à modifier la loi sur le service militaire, pour qu'un soldat désertant parce que son intégrité physique ou psychique est en danger ne soit pas poursuivi en justice.
  4. Informer les futurs appelés et leurs familles sur leurs droits et suivre la régularité des procédures d'incorporation.
  5. Aider les soldats démobilisés blessés ou malades à obtenir des compensations financières, des soins, des prothèses...

Impact médiatique[modifier | modifier le code]

Le Comité des mères de soldats s'est fait connaître en Occident à partir de la première guerre en Tchétchénie de 1994-1996. Les images des mères allant chercher leur fils soldats ou prisonniers dans la région en guerre ont été largement diffusées. L'intervention du Comité au moment des deux guerres en Tchétchénie a été également politique, contre la poursuite de la guerre et contre l'envoi de conscrits aux combats.

C'est aussi à ce moment-là que de nombreux Comités des mères de soldats ont été créés en province. Actuellement, près de 200 Comités composent l'Union des comités des mères de soldats de Russie. Il existe également des Comités indépendants, tels que l'organisation des Mères de soldats de Saint Pétersbourg.

En 2004, l'Union des Comités des mères de soldats de Russie a créé le Parti populaire uni des mères de soldats (Единая Народная Партия Солдатских матерей). Toutefois, la réglementation électorale - demandant aux partis de réunir 50 000 adhérents minimum - ne lui a toujours pas permis de participer à des élections, du moins de manière autonome.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valentina Melnikova et Anna Lebedev : Les petits soldats : Le combat des mères russes ed. Bayard (2001) (ISBN 2-227-13919-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]