Torre del Oro

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Tour de l'Or
La façade sud-est de la Tour de l'Or
La façade sud-est de la Tour de l'Or
Présentation
Nom local Torre del Oro
Période ou style Almohade
Type Tour
Date de construction 1221-1222
Dimensions Hauteur 36 m[1]
Protection Bien d'intérêt culturel (3 juin 1931)[2]
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Province Province de Séville Province de Séville
Ville Séville
Adresse Paseo de Cristóbal Colón s/n, 41001 Séville
Localisation
Coordonnées 37° 22′ 57″ N 5° 59′ 46″ O / 37.38242, -5.99617 ()37° 22′ 57″ Nord 5° 59′ 46″ Ouest / 37.38242, -5.99617 ()  

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La Tour de l'Or (Torre del Oro en espagnol) est une tour d'observation militaire de la ville andalouse de Séville (Espagne). Elle fut construite au début du XIIIe siècle, durant la domination almohade, afin de contrôler l'accès à la ville depuis le Guadalquivir. Elle faisait partie des fortifications érigées autour du centre historique de la ville et de l'Alcazar par les Almoravides et les Almohades entre les XIe et XIIIe siècle.

Localisation[modifier | modifier le code]

Elle se trouve à quelques mètres du bord du canal Alphonse-XIII (qui reprend l'ancien tracé du Guadalquivir[3]), sur le Paseo de Cristóbal Colón, au niveau de la rue Almirante Lobo, dans le quartier de Santa Cruz[4],[Note 1].

Origine de son nom[modifier | modifier le code]

Son nom viendrait du fait que l'or ramené de l'Amérique au XVIe siècle lors de la Courses aux Indes y aurait été conservé. La même légende expliquerait le nom de la Tour de l'Argent[5]. Selon une autre hypothèse, il serait dû à l'aspect doré qui le caractérisait à l'origine. Les travaux de restauration de 2005 montrèrent que cet aspect brillant, mis initialement sur le compte d'un revêtement d'azulejos dorés, était dû à un mélange de chaux et de paille pressée[1],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte des murailles de Séville au XVIIe siècle dessinées sur le plan actuel du centre historique de Séville. On y retrouve le tracé de la muraille entourant l'Alcazar ainsi que la coracha à l'extrémité de laquelle se trouve la Tour de l'Or.
Les armoiries de la ville de Santander, en Cantabrie. On y retrouve le navire du capitaine Ramón de Bonifaz, la Tour de l'Or et la chaîne brisée qui aurait permis aux chrétiens de reprendre Séville.

Les murailles almoravides et almohades[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Murailles de Séville.

Aux XIIe et XIIIe siècle, les Almohades entretinrent et améliorèrent les fortifications construites entre les XIe et XIIe siècle par les Almoravides pour protéger la ville des troupes des rois Alphonse VI et Alphonse VII[6],[7]. La dernière étape de l'édification de l'enceinte fortifiée eut lieu à la fin du règne almohade avec la construction de la Tour de l'Or en 1221[7]. C'était une tour albarrane : elle ne faisait pas partie de l'enceinte principale mais se trouvait devant la muraille entourant l'Alcazar en passant par la Tour de l'Argent avant de la rejoindre par une coracha (es), un pan de muraille perpendiculaire à l'enceinte principale[5]. Contrairement à la plupart des tours qui étaient de section rectangulaire, la Tour de l'Or, plus massive, comme les autres tours palatines, a une base dodécagonale[Note 2]. Le pan de la coracha situé entre la Tour de l'Or et la Tour de l'Argent fut démoli en 1821[6],[8]. La tour a servi de prison durant le Moyen Âge.

La prise de Séville par Ferdinand III : la légende de la chaîne de la Tour de l'Or[modifier | modifier le code]

Selon la légende, le centre vital du port de Séville était délimité au XIIe siècle par un système de madriers et de chaînes qui, arrimées à la Tour de l'Or d'un côté, passaient sous l'eau jusqu'à une autre tour située à Triana, sur l'actuelle rue Fortaleza. Les chaînes pouvaient être hissées par un treuil et ainsi fermer la zone. Lors de la reconquête de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens en 1248, la chaîne aurait été brisée par l'équipage du navire du capitaine Ramón de Bonifaz, originaire de Santander, ce qui permit à Ferdinand III de Castille de pénétrer dans le port, privant ainsi les Almohades de leur principal moyen d'approvisionnement. Pourtant, dans les chroniques écrites par Alphonse X de Castille, qui décrivent avec précision la prise de Séville, une seule chaîne est mentionnée : celle qui fixait le pont flottant situé plus au nord, à l'emplacement actuel du pont Isabelle II, et il semblerait que ce soit cette dernière qui fut arrachée par le navire du capitaine de Bonifaz, venant d'amont, chargé de pierres et de terre pour en augmenter le poids, et donc la puissance. Le pont ainsi détruit priva les Almohades de leur principale voie de ravitaillement, ce qui mena à leur perte[9]. Le système de chaînes et de madriers situé au niveau de la Tour de l'Or fut érigé plus tard et existait par contre au XVIe siècle[1],[6],[10]. Cette légende de la Reconquista se retrouve malgré tout, depuis, sur les armoiries de la Cantabrie ainsi que sur celles de plusieurs de ses communes : Santander, Laredo, Castro-Urdiales et San Vicente de la Barquera.

La Course au Indes[modifier | modifier le code]

Après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492 commença une période d'exploration et de colonisation appelée la Courses aux Indes. Durant cette époque de splendeur, la totalité de l'activité portuaire de Séville était concentrée à l'Arenal. Avant d'être le quartier qu'on connaît au XXIe siècle, l'Arenal était la zone bordant l'est du fleuve et délimitée au sud par la Tour de l'Or et au nord par la Porte de Triana. La tour fut utilisée comme lieu de stockage sécurisé pour protéger les métaux précieux régulièrement apportés par la flotte espagnole.

La révolution de 1868 et la destruction des murailles[modifier | modifier le code]

À partir de 1859, l'éventuelle destruction des murailles, qui se trouvaient alors dans un état déplorable, fut intensivement débattue entre le conseil municipal (partisan de la démolition), la Commission des Monuments, l'Académie des Beaux-Arts et la Société Economique d'Amis du Pays (Sociedad Económica de Amigos del País). Il fut décidé de détruire partiellement l'enceinte et de supprimer plusieurs portes. Suite à la Révolution de 1868, un des premiers objectifs du nouveau gouvernement fut l'éradication des murailles. Mais malgré cette destruction extensive, quatre portes de ville (sur les 19 que la ville comptait à l'origine) furent sauvées de la démolition, ainsi que trois tronçons de murailles et sept tours, dont la Tour de l'Or[7].

Transformations et restaurations de la tour[modifier | modifier le code]

La tour originelle ne possédait qu'un niveau. Le deuxième niveau, dodécagonal comme le premier, fut ajouté à la demande du roi Pierre Ier de Castille au XIVe siècle. Le lanterneau circulaire qui forme le troisième niveau, datant de 1760, est l'œuvre de l'ingénieur militaire Sebastián Van der Borcht. La tour fut restaurée en 1900, entre 1942 et 1944 pour la création du musée maritime, entre 1991 et 1992 dans le cadre de l'Exposition universelle, en 1995 et en 2005[1],[11].

La Tour de l'Or aux XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

La Tour de l'Or est inscrite depuis le 3 juin 1931 comme bien d'intérêt culturel[2]. Elle abrite depuis le 24 juin 1944 un musée maritime qui possède sur 633 m2 une collection de gravures, de photos, de lettres, de modèles réduits, d'instruments de navigation et de documents historiques. Quatre cents pièces proviennent du Museo Naval de Madrid. Le musée souligne l'importance de l'histoire navale de Séville et l'importance de la rivière pour la ville[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Contrairement à ce qu'on peut régulièrement lire, la zone limitée par la Tour de l'Or, la Tour de l'Argent, la Puerta de Jerez et le Paseo Vicente Aleixandre ne fait pas partie du quartier d'El Arenal mais de celui de Santa Cruz. Cette liste des rues de quartiers l'atteste : (es) « Barrios y secciones del distrito Casco Antiguo » (consulté le 27 novembre 2013)
  2. Les autres tours palatines sont également différentes : la Tour d'Abd el Aziz est de section hexagonale et la Tour de l'Argent est de section octogonale

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (es) « Torre del Oro », sur http://www.visitasevilla.es (consulté le 7 décembre 2013)
  2. a et b (es) « Consulta a la base de datos de bienes inmuebles : Torre del Oro », sur http://www.mcu.es (consulté le 7 décembre 2013)
  3. (es) Mariano Palancar Penella, « Sevilla y el Guadalquivir », sur http://hispagua.cedex.es (consulté le 7 décembre 2013)
  4. « Google Maps » (consulté le 7 décembre 2013)
  5. a et b (es) Mercedes Espiau Eizaguirre, La Casa de la Moneda de Sevilla y su Entorno : Historia y Morfología, Séville, Junta de Andalucía,‎ 1991, 297 p. (ISBN 8474056624, lire en ligne)
  6. a, b, c et d (es) Romualdo de Gelo, « Antiguas Murallas y Puertas de Sevilla », sur http://www.degelo.com (consulté le 18 novembre 2013)
  7. a, b et c (es) « Patrimonio Inmueble de Andalucía », sur http://www.iaph.es (consulté le 21 novembre 2013)
  8. (es) « Muralla urbana de Sevilla », sur http://castillosnet.org,‎ 13 mai 2011 (consulté le 19 novembre 2013)
  9. (es) José María de Mena, Historia de Sevilla, Plaza & Janes,‎ 2010, 432 p. (ISBN 9788401389849, lire en ligne)
  10. Carlos Martínez Shaw (dir.), Marina Alfonso Mola et al. (trad. Marie-Joëlle Tupet, Christine Dermanian et al.), Séville XVIe siècle : De Colomb à Don Quichotte, entre Europe et Amériques, le cœur et les richesses du monde, Paris, Éditions Autrement,‎ 1992, 230 p. (ISBN 2862603686, ISSN 11574488), chap. 2 (« Une ville-monde »), p. 58
  11. a et b (es) « Museo naval Torre del Oro (Sevilla) », sur http://www.portalcultura.mde.es,‎ 2009 (consulté le 7 décembre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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