Tonton Macoute

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En Haïti, un Tonton Macoute est un membre de la milice paramilitaire des « Volontaires de la Sécurité Nationale » (VSN), créée à la suite d'un attentat contre le président François Duvalier, le 29 juillet 1958[1]. Elle sera ensuite employée par son fils et successeur Jean-Claude Duvalier.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de Tonton Macoute doit son origine au personnage folklorique du vieux paysan haïtien, qui portait un costume bleu et rouge et un grand sac en bandoulière appelé « macoute ». Dans la tradition haïtienne, ce personnage est devenu l'équivalent du croque-mitaine, du Père Fouettard ou du Bonhomme sept-heures qui effraie les enfants. Les tontons macoutes sont aussi appelés « bonhommes-bâton » en créole[2].

Destinée à assurer la protection rapprochée du président, cette milice de plusieurs milliers d’hommes répondait à l'idée de Duvalier de faire de chaque Haïtien un défenseur de la « Révolution ». Ses membres, ne touchant aucun salaire, firent de l'extorsion et du crime organisé leurs moyens de subsistance[3]. Ils se sont fait rapidement une sinistre réputation en raison des violations graves des droits de l’homme dont ils se sont rendus coupables contre les opposants politiques et les populations civiles (viols, tortures, meurtres, arrestations arbitraires, massacres…).

L’extrême violence de ses membres et le recours aux superstitions favorisaient l'arbitraire du régime de Duvalier, muselant toute tentative d'opposition dans la population.

Après la chute de la dictature duvaliériste, l'expression « macoutisme » sera employée pour désigner les régimes politiques qui s'appuient sur la corruption, tout en faisant usage de la violence contre les opposants et les civils. D'une manière plus générale, le macoutisme s'applique aussi à une forme de terrorisme institutionnel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Etzer Charles (préf. Jean Ziegler), Le pouvoir politique en Haïti de 1957 à nos jours, Karthala,‎ 1994, pp.168-172
  2. Marie Meudec, Corps, violence et politique en Haïti, Aspects sociologiques, vol. 14, no 1, avril 2007
  3. André-Marcel d'Ans, Haïti : Paysage et société, Karthala, 1987

Voir aussi[modifier | modifier le code]