Suehiro Maruo

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Suehiro Maruo

丸尾 末広

Naissance 28 janvier 1956 (58 ans)
Nagasaki, Japon
Nationalité Japonaise
Profession
Auteur
Langue d’écriture Japonais
Genres

Œuvres principales

Suehiro Maruo (丸尾 末広, Maruo Suehiro?), né le 28 janvier 1956 à Nagasaki au Japon est un artiste et mangaka japonais.

Il est considéré comme un des maîtres du manga d'horreur, en particulier dans le genre Ero guro, ou érotico-grotesque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Suehiro Maruo quitte le lycée en 1972 à l'âge de 16 ans pour s'installer à Tokyo, où il multiplie les petits emplois, notamment dans la reliure. Un an plus tard, il propose son premier manga au magazine Weekly Shōnen Jump qui est rejeté, considéré comme trop explicite par l'équipe éditoriale[1]. Son goût pour l'érotisme morbide lui vient de manière plus ou moins contrainte : « Je dessinais pour des revues porno, j'étais naturellement poussé à intégrer une touche érotique. Si cela n'avait pas été dans ce contexte, je ne l'aurais pas fait »[2].

La publication de Ribon no Kishi (リボンの騎士, littéralement « Princesse Saphir »?) dans le magazine Garo en 1980 marque ses débuts officiels comme mangaka[3]. Sa première anthologie, Barairokaibutsu (薔薇色の怪物, le Monstre en Rose?) est publiée en 1982. La Jeune fille aux camélias, publié en 1984, est adapté en anime par Hiroshi Harada en 1992.

Bien qu'assez célèbre comme mangaka, Suehiro Maruo est également un artiste reconnu au Japon. Il a produit de nombreuses illustrations pour des pochettes de disques, des affiches de concert, ainsi que pour des magazines, romans et d'autres supports.

Jean Giraud, alias Mœbius, rendit hommage au sens de la subversion du mangaka à l'occasion de sa première publication en France, L’Aspirant flûtiste dans le magazine (À suivre) en 1991[4] : « Maruo est l’incandescence totale de la colère sexuelle, de la volonté destructrice, de l’appel au secours permanent d’un enfant torturé, dans un regard plein de compassion mais en même temps aveuglé par une rage terrible[5]. »

Son manga L'Île Panorama remporte le Prix culturel Osamu Tezuka dans la catégorie « Nouveauté » en 2009[6] et le Grand prix de l'Imaginaire en 2011 dans la catégorie « Manga »[7].

Il est l'invité du 41e festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2014[8].

Influences[modifier | modifier le code]

Meurtre d'Ohagi par Saisaburô, des Vingt-huit Meurtres Célèbres en Vers de Yoshitoshi.

Une des inspirations de Suehiro Maruo se trouve dans le muzan-e (en) de Yoshitoshi, une collection de ukiyo-e qui décrit avec détail des scènes de tortures et de meurtres. Maruo a d'ailleurs réalisé en 1988 avec Kazuichi Hanawa le recueil Bloody Ukiyo-e qui contient quatorze tableaux en hommage à Yoshitoshi et Utagawa Yoshiiku[9]. Il effectue également des adaptations d’œuvres littéraires japonaises modernes : outre La Chenille et L'Île Panorama, inspirés des écrits d'Edogawa Ranpo, auteur qui tient une grande place dans son œuvre[10], il transpose également en manga un roman de Kyūsaku Yumeno, L'enfer en bouteille.

Maruo est également influencé par la culture occidentale, en particulier par le surréalisme[10]. Le cinéma tient notamment une grande place dans son esthétique, avec la reprise de certaines images de films tels que Le Cabinet du docteur Caligari ou La Chute de la maison Usher. Le thème récurent de l'oculinctus, pratique consistant à lécher l’œil de son partenaire, fait explicitement référence à la célèbre scène d'un chien andalou réalisé par Luis Buñuel sur un scénario de Salvador Dalí[2], tandis que celui du monstre, du freak, lui vient de Tod Browning, réalisateur de La Monstrueuse Parade[11],[9]. La peinture d'Otto Dix, l'art d'Hans Bellmer ou encore les écrits de Georges Bataille constituent également certaines de ses sources d'inspiration[1].

Hommages et adaptations[modifier | modifier le code]

Naoki Urasawa a nommé l'un des personnages de son manga 20th Century Boys Maruo en l'honneur du mangaka. Ce dernier apparaît également sous les traits d'un professeur dans le manga et l'anime Chibi Maruko-chan[12].

John Zorn, saxophoniste américain, utilisa certains dessins de Maruo pour l'illustration d'albums de son groupe Naked City[13]. Il contribua également à l'avant-propos de la collection des œuvres traduites en anglais de Maruo, publiée en 2005.

Publications en français[modifier | modifier le code]

Mangas[modifier | modifier le code]

  • La Jeune fille aux camélias, IMHO, 2005
  • Yume no Q-Saku (夢のQ-SAKU?), Le Lézard noir, 2005
  • Lunatic Lover’s (月的愛人LUNATIC LOVER'S?), Le Lézard noir, 2006
  • Vampyre I (笑う吸血鬼?), Le Lézard noir, 2006
  • Vampyre II (ハライソ 笑う吸血鬼2?), Le Lézard noir, 2006
  • L'Île Panorama, Casterman, collection « Sakka », 2010
  • La Chenille, Le Lézard noir, 2010
  • DDT, Le Lézard noir, 2013
  • L'Enfer en bouteille (瓶詰の地獄, Binzume no Jigoku?), Casterman, collection « Sakka », 2014
  • New National Kid (新ナショナルキッド, Shin National Kid?), Le Lézard noir, 2014

Revues[modifier | modifier le code]

  • L'Aspirant flûtiste dans (À suivre) hors-série no 1 : « Silence, on rêve », 1991
  • Hebi Ichigo, le Monsieur qui dort dans Popo Color (première série) no 1& 2, 1995
  • Une jeune fille modèle, extrait du recueil National Kid dans Bang ! (Première série) no 2, 2003
  • Nuit putride dans Black no 1, 2004
  • Shōnen, extrait du recueil National Kid dans Bang ! (Deuxième série) no 1, 2005

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • L'Art du bain japonais, texte de Leonard Koren, Le Lézard noir, 2004
  • Exercices d'automne ou l’Art de ramasser les feuilles mortes, texte de Leonard Koren, Le Lézard noir, 2004
  • Ranpo Panorama, illustrations inspirées par Edogawa Ranpo, Le Lézard Noir, avril 2013

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Arnaud Vaulerin, « Suehiro Maruo, le maître japonais du manga noir », sur http://www.liberation.fr,‎ 2014 (consulté le 24 février 2014)
  2. a et b Amandine Schmitt, « Viol, inceste, meurtre... Rencontre avec Suehiro Maruo, maître du manga érotico-gore », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ 2014 (consulté le 24 février 2014)
  3. (ja+en+de+fr) Masanao Amano, Manga Design, Cologne, Taschen, coll. « Mi »,‎ 15 mai 2004, 19,6 cm × 24,9 cm, broché, 576 p. (ISBN 978-3-8228-2591-4, présentation en ligne), p. 478
    édition multilingue (1 livre + 1 DVD) : allemand (trad. originale Ulrike Roeckelein), anglais (trad. John McDonald & Tamami Sanbommatsu) et français (trad. Marc Combes)
  4. « Suehiro Maruo », sur http://bd.casterman.com (consulté le 24 février 2014)
  5. Mœbius, « Silence, on rêve », (À suivre), no 1 H.S.,‎ 1er août 1991 (ISSN 2-203-94356-4), cité dans Suehiro Maruo (trad. Miyako Slocombe), L'enfer en bouteille, Casterman, coll. « Sakka »,‎ 2014 (ISBN 978-2203081437), préface de Mœbius
  6. a et b (en) Ryan Sands, « Suehiro Maruo wins Osamu Tezuka Cultural Prize », sur http://www.samehat.com,‎ 2009 (consulté le 4 mars 2014)
  7. a et b Laura Crevel-Floyd, « Le grand prix de l’imaginaire pour le manga L’île Panorama », sur http://laprovence-bd.blog.laprovence.com,‎ 2011 (consulté le 5 mars 2014)
  8. « Maruo au 41e festival », sur http://www.bdangouleme.com (consulté le 21 février 2014)
  9. a et b Marc Boisclair, « Trauma Oculaire : Suehiro Maruo », sur http://sinistremag.com,‎ 2011 (consulté le 24 février 2014)
  10. a et b Suehiro Maruo (trad. Miyako Slocombe), La Chenille : « Corps déviants », préface de Miyako Slocombe, Le Lézard noir (ISBN 978-2353480234)
  11. Matthieu Maksymowicz, « Interview de Suehiro Maruo au FIBD 2014 », Coyote magazine, no 48,‎ avril-mai 2014, p. 36-37 (ISSN 126-3942)
  12. Frédéric Potet, « Angoulême : Suehiro Maruo, dressé sur les « ruines de son âme » », sur http://www.lemonde.fr,‎ 2014 (consulté le 24 février 2014)
  13. (en) John Brackett, « From the Fantastic to the Dangerously Real: Reading John Zorn's Artwork », Echo, no 8,‎ 2006 (ISSN 1535-1807, lire en ligne)
  14. Philippe P, « Spécial Sélection officielle Angoulême (30) - La Chenille », sur http://www.francesoir.fr (consulté le 4 mars 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]