Streptocoque B

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Les streptocoques du groupe B), dont le streptococcus agalactiae est le principal représentant, est un groupe de Streptocoque.

Les premiers cas d’infection néonatale à streptocoques du groupe B ont été décrits par Eickhoff en 1964[1].
Cette bactérie est aussi responsable d'infection chez les personnes âgées.

C'est aussi un pathogène important en médecine vétérinaire, car il provoque la mammite bovine (inflammation du pis) chez les vaches laitières. Son nom y fait allusion (« agalactiae » signifie « absence de lait »).

Caractères bactériologiques particuliers des Streptocoques du groupe B[modifier | modifier le code]

  • L'hémolyse est souvent plus discrète que celles des autres groupes, il existe même des souches qui ne sont pas du tout hémolytiques.
  • Les colonies sont de type S, petites et transparentes (peu opaques).
  • Les chaînettes au gram sont parfois très longues.
  • L'hydrolyse de l'hippurate de Na est assez spécifique du groupe B = confirmation d'un streptocoque B. (Hippurate → benzoate (précipité persistant en présence de fer)).

Dépistage systématique au cours de la grossesse[modifier | modifier le code]

Le dépistage systématique du portage de Streptococcus agalactiae est recommandé en fin de grossesse, idéalement entre 34 et 38 semaines d’aménorrhée car la prévalence en France atteint 10 %, soit au moins 5 000 femmes enceintes par an, la fréquence des infections : chorioamniotites, infections chez le nouveau-né de plus de 2 500 g, endométrites du post-partum et l'efficacité de l'antibioprophylaxie per-partum guidée par le résultat du dépistage réduisant de 75 % les risques infectieux[réf. nécessaire].

Pour cette raison, les valeurs prédictives d’un dépistage prénatal sur la colonisation au moment de l’accouchement varient inversement avec le temps écoulé entre le dépistage et l’accouchement. Trois à quatre semaines avant l’accouchement, les valeurs prédictives positive et négative du dépistage sont respectivement de 88 et 96 %[2], alors que la valeur prédictive positive est de 43 % seulement pour les dépistages réalisés plus de 6 semaines avant l’accouchement.

Prophylaxie[modifier | modifier le code]

L’antibioprophylaxie per-partum de l’infection à SGB utilise la pénicilline G aux doses de 5 millions d'UI, puis 2,5 millions d'UI en intraveineuse toutes les 4 heures jusqu’à l’expulsion, ou l’amoxicilline à raison d'une dose de charge de 2 grammes en intraveineuse et renouvelée toutes les 4 heures jusqu'à l'accouchement.

La première injection devrait être réalisée soit dès la rupture de la poche des eaux s’il existe un portage de streptocoque, soit dès le début du travail. En l'absence de dépistage au cours de la grossesse, les intervenants peuvent se fier aux facteurs de risque. Les facteurs de risque de l'infection au Streptoccocus B au nouveau-né sont :

  • Commencer le travail avec 37 semaines de gestation (avec ou sans rupture des membranes).
  • À terme, rupture des membranes depuis plus de 18 heures.
  • Une fièvre non expliquée durant le travail.
  • Avoir eu un bébé infecté par le streptoccocus B et avoir eu une infection des reins ou de la vessie causée par le streptoccocus B durant la grossesse.

S’il existe une allergie à la pénicilline, l’érythromycine à la dose de 500 mg toutes les 6 heures ou clindamycine 900 mg toutes les 8 heures peut remplacer l’amoxicilline, mais il existe 30 % de résistance à cet antibiotique, d’où l’intérêt de faire un antibiogramme en cas d’allergie connue à la pénicilline. Les femmes recevant déjà des antibiotiques actifs sur le SGB, pour le traitement d’une chorio-amniotite par exemple, ne doivent plus recevoir un traitement complémentaire par la pénicilline. La céfotaxime est aussi utilisée dose pour dose malgré le risque d’allergie croisée avec la pénicilline.

Chez l'animal[modifier | modifier le code]

Chez les bovins[modifier | modifier le code]

Les vaches sont sensibles à ce streptocoque, cause de mammites.

Chez les poissons[modifier | modifier le code]

Les officiers de la faune et de la pêche (Fisheries and wildlife officers) du Queensland (Australie) ont étudié un cas de décès groupé de plus de 50 mérous trouvés entre 2008 et 2010, échoués morts sur les plages du nord de l'État. Ces poissons semblent tous avoir été infectés par Streptococcus agalactiae[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Eickhoff TC, Klein JO, Daly AK et al. « Neonatal sepsis and other infections due to Group B beta-hemolytic streptococci » N Engl J Med. 1964, 271, 1221-8.
  2. (en) Yancey MK, Schuchat A et al. « The accuracy of late antenatal screening cultures in predicting genital group B streptococcal colonization at delivery » Obstet Gynecol. 1996, 88, 811-5.
  3. (en) Paull, Nathan (April 6, 2010). "Mystery groper deaths" ; Townsville Bulletin. Consulté 2010-04-06.

Liens externes[modifier | modifier le code]