Sainte-Chapelle de Bourges

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Sainte-Chapelle de Bourges
L'Annonciation, Heures d'Étienne Chevalier, Jean FouquetPossible représentation de la Sainte-Chapelle de Bourges
L'Annonciation, Heures d'Étienne Chevalier, Jean Fouquet
Possible représentation de la Sainte-Chapelle de Bourges
Présentation
Culte catholique romain
Type sainte chapelle
Fin des travaux 1450
(détruite en 1775)
Style dominant gothique
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Cher
Commune Bourges

La Sainte-Chapelle de Bourges, bâtie à la demande du duc Jean de Berry, fut achevée en 1450 et détruite en 1757.

Historique[modifier | modifier le code]

Le religieux de Saint-Denis, chroniqueur du règne de Charles VI, évoque à plusieurs reprises la piété de Jean de Berry. Il n'est donc pas étonnant de trouver mention, en 1392, de l'érection d'une Sainte-Chapelle à Bourges. C'est une bulle du pape Clément VII qui l'autorisa. La volonté du duc était de faire élever à Bourges un édifice semblable à la Sainte-Chapelle de Paris.

enluminure du lectionnaire de la Sainte Chapelle de Bourges représentant Jean de Berry et Saint André

Elle a été battie rapidement de 1392 à 1397 par Drouet de Dammartin et dédiée à St Sauveur [1].
La Sainte-Chapelle fut investie le jour de Pâques 1405 par M.Arnaud Belin, trésorier et douze chanoines, treize chapelains et treize vicaires, puis consacrée le lendemain par Aymeric, archevêque de Bourges[2]. On alluma en cette occasion le grand lustre à cent bougies (trois-cent d'après la description de Thomas Platter), suspendu au centre de l'église.

Le 15 juin 1416, le corps de Jean de Berry est déposé dans la Sainte-Chapelle, puis inhumé dans son tombeau au centre de la nef.

La Pragmatique Sanction de Bourges est une ordonnance qui fut débattue dans le chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges et promulguée le 7 juillet 1438, par le roi de France Charles VII, avec l'accord du clergé réuni en assemblée à Bourges. Le roi s'affirme comme le gardien des droits de l'Église de France.

Article détaillé : Pragmatique Sanction de Bourges.

En 1447, le Roi fit don de 200 écus pour faire enchâsser la relique de la Vraie Croix, plus tard, en 1465, le reliquaire du chef de Saint-Jérôme fut vendu à la Sainte-Chapelle.

Le 9 août 1501, Louis II d'Amboise, nommé par Alexandre VI, évêque d'Autun, conserve sa charge de questeur de la Sainte-Chapelle.

Le 21 février 1505, le corps de Jeanne de France, femme déchue du Roi Louis XII, est déposé dans la Sainte-Chapelle durant un jour et une nuit avant d'être inhumé. Pour la dernière fois de l'existence de la Sainte-Chapelle et la seconde fois depuis sa consécration, on alluma le lustre monumental.

Le 29 octobre 1505, Madame de Bourbon-Montpensier décède. Elle fut inhumée sous la même travée que le Duc Jean[3].

La Sainte-Chapelle possédait un chœur perpétuel.

Du déclin à la destruction[modifier | modifier le code]

En 1683, dans son écrit sur les églises de Bourges, le Sieur Catherinot fait état du comportement du trésorier de la Sainte-Chapelle, vivant à la fois dans la puissance, qu'il compare au niveau de celle d'un archevêque, et dans l'autarcie.

Une tension entre les Chapitres de la Sainte Chapelle et celui de la Cathédrale n'est pas étrangère au destin du monument. En effet, le Cardinal de La Rochefoucault, archevêque de Bourges, soutenu par l'Abbé Véri, en souhaitait le démantèlement.

En 1693, la Sainte Chapelle fut incendiée et la toiture étant mal réparée, une partie du pignon s'écroula en 1756. Le Chapitre avait les moyens suffisants pour les réparations mais crût bénéfique et adroit de réclamer un soutien auprès de l'archevêque. Celui-ci saisit alors l'occasion pour faire détruire l'édifice, en faisant grossir le devis de remise en état.

Malgré les protestations des chanoines, qui avaient obtenu le soutien de la Princesse de Conti, la Sainte Chapelle fut rasée en 1775[4].

Description[modifier | modifier le code]

Batie sur le modèle de la Sainte Chapelle de Paris, la Sainte Chapelle de Bourges était rattachée perpendiculairement au Palais du Duc Jean de Berry, offrant son chevet hexagonal sur une place adjacente. Entre chaque contreforts, les murs étaient percés par d'imposantes verrières, pour certaines actuellement visibles dans la cathédrale Saint-Etienne de Bourges.

Dimensions[modifier | modifier le code]

  • longueur 38 m
  • largeur 12 m
  • hauteur 21,50 m
  • hauteur des verrières 16,50 m

Trésors[modifier | modifier le code]

Jean de Berry enrichit sa Sainte Chapelle de très nombreuses œuvres d'art[5] parmi lesquelles :

  • d'anciens et précieux manuscrits disposés en une bibliothèque, comportant une centaine de livres précieux dont la liste a été dressée par M. Hiver de Beauvois [6] .
    qui finit sans être vidée de son contenu, transformée en poulailler puis détruite[7] ;
  • un fragment de la "Vraie Croix" offert par le Roi Charles V ;
  • une statue d'animal monstrueux, surmontée de bois de daim d'une très grande taille, et figurant une bête fantastique soi-disant tuée par le Duc et dont la nature prête à discussion [8].
  • des ossements gigantesques ;
  • des objets précieux dont une liste a été dressée par Thomas Platter en 1599 [9].
  • le gisant du Duc (aujourd'hui en la cathédrale de Bourges) ;
  • des vitraux (dont certains fragments furent remontés sur cinq baies de l'église basse de la cathédrale)
  • un grand chandelier de bronze en forme de couronne suspendu au centre de la nef[10] ;
  • des statues, dont cinq sont visibles au Musée du Berry de Bourges ainsi que quelques pleurants dus aux sculpteurs Étienne Bobillet et Paul de Mosselman  ;

À noter qu'un pleurant aujourd'hui exposé au musée Rodin de Paris, fut acheté par Rodin lui-même pour sa collection personnelle, tandis que deux se trouvent à New York au Metropolitan Museum of Art[11] , deux au Louvre, et d'autres au Château de la Verrerie.

A Morogues, un banc d'œuvre de chêne avec un dais à triple clocheton datant du XVe siècle proviendrait de la Sainte Chapelle de Bourges[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claudine Billot, Les Saintes Chapelles royales et princières, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Thématiques du Patrimoine »,‎ 1998 (ISBN 2-85822-247-9), p. 60-61.
  • ouvrage collectif,, La Sainte-Chapelle de Bourges.Catalogue de l'exposition de 2004 à Bourges, Aimery Somogy Editions,‎ 2004 (ISBN 9782850567537)
  • La sainte chapelle de Bourges : sa fondation, sa destruction, par MA Girardot 1850, extrait du XX e vol des Mémoires de la société des Antiquaires de France, livre numérisé sur Googleplay [13]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.encyclopedie-bourges.com/saintechapelle.htm
  2. Eloge Panegyrique de la Ville de Bourges et Province de Berry, seconde partie, par le Sieur Catherinot
  3. Extrait du Vicaire de la Sainte Chapelle in Richesses de Berry, Ed Mobilita, 1983
  4. G. Wimbée in "Histoire du Berry des origines à 1790", page 120, G. Wimbée éditeur
  5. décrites par Thomas Platter en 1599
  6. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1856_num_17_1_445389
  7. p.147 des "Notes sur la bibliothèque de la Sainte Chapelle de Bourges par Léopold Delisle
  8. http://berry.medieval.over-blog.com/article-le-ranchier-de-la-sainte-chapelle-de-bourges-67072301.html
  9. Myriam Marrache-Gouraud. «Bourges, Trésor de la Sainte Chapelle». principal,http://www.curiositas.org/document.php?id=1914
  10. Les églises de Bourges, par le Sieur Catherinot, à Bourgeqs le 15 mars 1683
  11. http://www.metmuseum.org/toah/works-of-art/17.190.386,389
  12. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Morogues&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=3
  13. http://books.google.fr/books?id=a7P4xBE350oC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_atb#v=onepage&q&f=false