Sacrement de mariage

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Le sacrement de mariage est l'un des sept sacrements des Églises catholiques et orthodoxes.

Définition[modifier | modifier le code]

Catholicisme romain[modifier | modifier le code]

La définition qu'en donne l'Église catholique romaine est la suivante :

« L'alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu'à la génération et à l'éducation des enfants, a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement. »[1]

L'Église catholique romaine considère que le mariage fait partie du dessein de Dieu. L'Écriture Sainte s'ouvre en effet sur la création de l'homme et de la femme à l'image et à la ressemblance de Dieu :

« Dieu dit : Faisons l'Homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre. Dieu créa l'Homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa[2]. »

Histoire du sacrement de mariage[modifier | modifier le code]

C'est au IVe concile de Latran en 1215 que le mariage est intégré dans la liste officielle des sept sacrements de l'Église.

Au concile de Trente (1563), on affirme que la procréation n'est pas l'unique fin du mariage et qu'elle prend place à côté de la réjouissance mutuelle. La cérémonie religieuse devient obligatoire, les époux donnant leur libre consentement devant un prêtre[3].

Vers 1880, triomphe le mariage d'amour et non plus de raison, avec choix mutuel du conjoint[3].

Le mariage dans le dessein de Dieu[modifier | modifier le code]

L'Écriture Sainte s'ouvre sur la création de l'homme et de la femme à l'image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26-27), et s'achève sur la vision des « noces de l'Agneau » (Ap 19,7-9). D'un bout à l'autre, l'Écriture parle du mariage et de son « mystère », de son institution et du sens que Dieu lui a donné, de son origine et de sa fin, de ses réalisations diverses tout au long de l'histoire du salut, de ses difficultés issues du péché et de son renouvellement dans le Seigneur (1Co 7,39)[4].

Saint Paul voit dans le mariage le mystère de l'alliance nouvelle du Christ et de l'Église :

« Voici donc que l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair : ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Église. »[5]

Le mariage dans le Seigneur[modifier | modifier le code]

Au seuil de sa vie publique, Jésus opère son premier signe - à la demande de sa mère - lors d'une fête de mariage[6]. L'Église accorde une grande importance à la présence de Jésus aux Noces de Cana. Elle y voit la confirmation de la bonté du mariage et l'annonce que le mariage sera un signe efficace de la présence du Christ[7].

Unité et indissolubilité du mariage[modifier | modifier le code]

L'amour des époux exige, par sa nature même, l'unité et l'indissolubilité de leur communauté de personnes qui englobe toute leur vie[8].

L'unité du mariage est explicitée dès la Genèse :

C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair[9].

À l'exigence d'unité, le Christ ajoute une exigence d'indissolubilité, comme cela est stipulé dans l'évangile selon saint Matthieu :

« Des pharisiens s'approchèrent de lui et lui dirent, pour le mettre à l'épreuve : « Est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif ? » Il répondit : « N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme, et qu'il a dit : Ainsi donc l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair ? Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien ! Ce que Dieu a uni, l'homme ne doit point le séparer. » « Pourquoi donc, lui disent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie ? » « C'est, leur dit-il, en raison de votre dureté de cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; mais dès l'origine il n'en fut pas ainsi. Or je vous le dis : quiconque répudie sa femme – pas pour "prostitution" - et en épouse une autre, commet un adultère. » »[10]

L'apôtre Paul proclame l'indissolubilité du mariage dans la Première épître aux Corinthiens (1Co 7,10-11)[11].

Encycliques[modifier | modifier le code]

Les encycliques suivantes abordent la question du mariage :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme de l'Église catholique, § 1601, page 340, et Codex Iuris Canonici, can. 1055, § 1
  2. Catéchisme de l'Église catholique, Gn 1,26-27
  3. a et b Historique du sacrement de mariage sur le site de la paroisse de la communauté de paroisses de Gambsheim - Kilstett - La Wantzenau
  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 1602
  5. Ep 5,31-32, traduction de la Bible de Jérusalem
  6. Jn 2,1-11
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 1613
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 1644, page 349
  9. Gn 2,24
  10. Mt 19,3-9, le passage correspondant chez Marc est Mc 10,2-12
  11. Charles Journet, Le Mariage Indissoluble, Editions Saint-Augustin,‎ 1968 (lire en ligne), p. 7

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Généralités

Sur le mariage

Encycliques sur le mariage

  • Arcanum divinae (1880) : Sur le mariage chrétien et la famille.
  • Casti Connubii (1930) : première position moderne de l'église catholique sur le mariage.
  • Humanae Vitae (1968) : sur le mariage et la régulation des naissances.

Liens externes[modifier | modifier le code]