Sémillante

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La Sémillante était une frégate de la marine française du XIXe siècle. Dans son voyage depuis l'arsenal de Toulon vers la guerre de Crimée, elle fait naufrage au large des îles Lavezzi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cimetière où sont inhumés les naufragés de la Sémillante.
Pyramide de granite construite en hommage aux victimes du naufrage.

La Sémillante quitte le port de Toulon le 14 février 1855, commandée par le capitaine Jugan, à destination de la Crimée (mer Noire) pour apporter aux forces françaises des vivres, des renforts en troupe et en matériel pour faire la guerre à la Russie.

Son équipage est de 293 hommes, outre son état-major. À son bord, a pris place un détachement de 393 militaires de l’armée de terre avec un matériel important (canons, mortiers, munitions, vivres…).

Elle est prise dans une violente tempête au large de la Sardaigne et son commandant décide de passer par les bouches de Bonifacio, aux îles Lavezzi, dans une zone de brisants et d’écueils. Poussée par une rafale du sud, elle heurte à la vitesse de 12 nœuds un rocher sous-marin signalé par une bouée. Broyée par le choc, elle coule par le fond dans la nuit du 15 au 16 février 1855, corps et biens ; tout a été instantanément englouti.

Le 18 février, les premiers cadavres, certains complètement déchiquetés, sont ramenés sur les grèves par les courants. Ils sont tous inhumés sur l’île, faute de moyens de transport, par une corvée de 50 soldats, détachés en renfort des marins. Le 20, le nombre de corps inhumés s’élève à 250.

Sur les quelque 700 hommes à bord de la Sémillante, 560 reposent dans les deux cimetières de l’île. Les136 autres corps (et l'état-major) ne sont pas retrouvés. Seuls le capitaine Jugan et l’aumônier sont identifiés.

La plaque sur le bâtiment des cimetières sur les îles Lavezzi indique :

« À la mémoire des officiers des armées de terre et de mer qui ont trouvé la mort dans le naufrage de la Sémillante le 15 février 1855 vers midi.

Leurs restes sont confondus ici avec ceux de leurs hommes unis dans le repos éternel comme ils l'étaient dans le devoir. Que leurs noms soient connus pour nous permettre d'honorer leur mémoire. »

Cet incipit en la mémoire des naufragés est suivi par une succincte liste de noms dont les restes sont enterrés ici. Les cimetières comprennent d'autres plaques exhortant à prier pour tel ou tel naufragé…

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Daudet, L’Agonie de la « Sémillante » (lire sur wikisource)
  • Jérôme Lorenzi, Du sang dans les voiles (Journal de bord) [roman], Borgo, éd. Mediterranea, 1998. ISBN 2-910698-19-X
  • Danielle Favereau, La Véritable Histoire de la « Sémillante » [roman], Bastia, éd. Anima Corsa, 2003. ISBN 2-912819-27-X
  • Frédéric Zurcher et Elie Margollé, Les Naufrages célèbres (chapitre XX), ed. L'Ancre de Marine (réédition de l'édition de 1873), 1997. ISBN 2-84141-104-4
  • Dominique Milano, ancien maire de Bonifacio, Le Naufrage de la « Sémillante », ed.1980
  • Une vendetta, Guy de Maupassant. Dans cette œuvre dont le décor est Bonifacio, Maupassant nous parle d'une chienne ayant le même nom que le bateau ayant fait naufrage.

Liens externes[modifier | modifier le code]