Rafik Khalifa

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Rafik Khalifa, de son nom complet Abdelmoumène Rafik Khalifa, est un homme d'affaires algérien, né en 1966 à Oujda, fils de l'ancien ministre Laroussi Khalifa, Son grand oncle n'est qu'autre que le poète Mohamed Laïd Al-Khalifa. Après la création très rapide d'un petit empire économique à la fin des années 1990, il apparaît comme le symbole de la réussite individuelle en Algérie. Mais son groupe fait faillite en 2003 et il est condamné en 2007 par la justice algérienne à la prison à vie[1] pour détournement de fonds et usage de faux. Il s'est entre temps réfugié à Londres où il est arrêté par la justice britannique en 2007 suite à un mandat d'arrêt européen délivré par la France[2]. Le 25 juin 2009, la justice britannique a autorisé son extradition mais son avocat a indiqué qu'il ferait appel. Il est remis officiellement aux autorités algériennes le 23 décembre 2013.

Un succès fulgurant[modifier | modifier le code]

Pharmacien de formation[3] et fils d'un ancien ministre de Ben Bella[3], Rafik Khalifa va fonder en quelques années un groupe important et afficher sa réussite flamboyante[3]. Le 12 avril 1998, il fonde El Khalifa Bank, qui gère les intérêts de petits actionnaires privés et d'institutionnels liés au gouvernement algérien. Il est alors un proche du premier cercle du président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Il développe ensuite ses activités à l'étranger et fonde un groupe qui compte bientôt jusqu'à 16 000 salariés. Il fonde une compagnie aérienne, Khalifa Airways, une société de location de voitures Khalifa Rent-a-car, avant de fonder en France une chaîne de télévision, Khalifa TV, puis une chaîne d'information en continu K-News, basée à Londres.

Au printemps 2002, il achète à Cannes, un ensemble composé de trois grandes et luxueuses villas: Bagatelle, autrefois propriété de La Môme Moineau, Matchotte et Virevent pour un montant de 37 millions d'euros[3]. Le 3 septembre 2002, il y organisera une somptueuse soirée pour le lancement de sa première chaîne de télévision, à laquelle seront conviées de nombreuses personnalités internationales du show-business[3]. Rafik Khalifa commence à susciter l'intérêt des médias français.

La chute[modifier | modifier le code]

Mais, le 27 novembre 2002, la Banque d'Algérie bloque les transferts vers l'étranger de Khalifa Bank. Le groupe sombre alors rapidement notamment après qu'en février 2003, trois de ses proches collaborateurs sont arrêtés sur le tarmac de l'aéroport d'Alger avec 200 000 euros en liquide. Au début de l'année 2003, une procédure de liquidation judiciaire est ouverte[3]. Rafik Khalifa se serait alors livré à des opérations peu orthodoxes pour la sauvegarde de son patrimoine[3] comme la disparition organisée de véhicules de luxe de sa société de location[3] ou la vente à perte de ses villas cannoises à des sociétés situés dans la Wilaya de Mila [3]. Une enquête révèle la disparition de 50 millions d'euros de la Khalifa Bank d'Alger et Khalifa est soupçonné d'avoir dilapidé l'argent des proches du président algérien. Dix-sept enquêtes judiciaires sont alors ouvertes sur les affaires de Rafik Khalifa, qui vit à Londres[1] depuis octobre 2002. Il a été condamné le 22 mars 2007 à la réclusion à perpétuité pour association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, et faux et usage de faux.

L'affaire connait également des suites judiciaires à Mila où plusieurs des proches de Khalifa sont inquiétés[3] puis Khalifa lui-même. Le parquet de Nanterre ouvre fin 2003 une information judiciaire pour « abus de confiance, banqueroute par détournement d'actifs, banqueroute par dissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée »[2]

Réfugié en Grande-Bretagne, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et la justice britannique instruit alors l'affaire en vue d'une éventuelle extradition. Sa défense avance alors que Abdelmoumène Rafik Khalifa n'est pas le suspect numéro 1[4] et que la faillite du groupe serait orchestrée par le gouvernement du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Le procès a un important retentissement car il a impliqué plus de cent accusés et plus de deux cents témoins.

En juin 2009, la justice britannique a autorisé son extradition vers l'Algérie.

Le 28 avril 2010, le ministre britannique de l'Intérieur, Alan Johnson donne son aval à l'extradition de Rafik Khalifa vers son pays, où il a été condamné à la prison à perpétuité[5].

Le 24 décembre 2013, il a été remis aux autorités algériennes et directement entendu par le procureur général de la cour de Blida institutrice de l'affaire et emprisonné à la prison de Blida[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Tycoon algérien condamné à prison à perpétuité BBC World', le 22 mars 2007.
  2. a et b "GB: la justice autorise l'extradition vers l'Algérie de l'ex-magnat Khalifa", dépêche AFP, citée par Le Monde, 25 juin 2009.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j "Les ultimes affaires de Khalifa" par Gilles Gaetner, article de L'Express, du 28 juin 2004.
  4. "Le défilé des experts se poursuit", sur le portail de la presse d'Algérie.
  5. http://www.france24.com/fr/20100428-londres-extrader-rafik-khalifa-magnat-algerie-condamne-perpetuite
  6. http://www.maghrebemergent.com/actualite/maghrebine/item/33148-abdelmoumene-khelifa-a-ete-remis-aux-autorites-algeriennes-urgent.html