Proskynèse

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Enluminure du XIe siècle : proskynèse devant l'empereur byzantin Basile II, la sacralisation du souverain est évidente.

La proskynèse, du grec proskynesis, προσκύνησις, en latin adoratio, est un rituel antique et médiéval utilisé à la cour des souverains ou dans un cadre liturgique. Elle « sacralise », voire « divinise », l'homme qui en est l'objet.

Description[modifier | modifier le code]

Le geste de proskynèse est d'origine perse achéménide au VIe siècle av. J.-C.[1]. Dans les temples pour adorer les dieux ou à la cour des grands rois, l'étiquette exigeait une inclination du buste et un baiser de la main en l'air. Plus tard, chez les Parthes, Ie siècle av. J.-C., le rituel nécessite une génuflexion. Sous les Perses sassanides du IIIe siècle, il se transforme en une prosternation totale : toute personne reçue à une audience royale devait se jeter à terre et rester dans cette position jusqu'à ce que le roi lui ordonne de se relever[2].

Adoptée par Alexandre le Grand en 330 av.J.-C., la proskynèse choquait les Grecs car ils estimaient que ce rituel mettait le roi à l'égal des dieux[3]. Il fut ensuite adopté par certains royaumes helléniques comme l'empire séleucide. Par ce biais ou par imitation des Sassanides[4], l'empereur romain Dioclétien l'adopta à son tour à sa cour en l'an 291 : par elle l'empereur devient un être divin, ceux admis en sa présence devaient se présenter en silence, les mains voilées, se prosterner puis baiser le bord de son vêtement[5]. Comme pour les Grecs cinq siècles plus tôt, la pratique choqua mais s'imposa[6]. Les Byzantins perpétuèrent cette tradition jusqu'au XVe siècle : les sujets de l'empereur devaient s'allonger devant lui pour le saluer[7].

Le rituel, qui se retrouve aujourd'hui dans la religion chrétienne dans des cérémonies comme la prise d'habit d'un moine ou d'une religieuse, n'est pas une proskynèse car il s'agit là de se prosterner devant Dieu et non devant un être humain. En Islam, la prosternation n'est que pour Allah et ce rituel n'existe pas dans les cours des souverains[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Briand, Histoire de l'empire perse, Fayard, 1996, p. 234-236
  2. Philip Huyse, La Perse antique, Les Belles Lettres, 2005, p. 235
  3. Philip Huyse, La Perse antique, Les Belles Lettres, 2005, p. 36
  4. Alain Decelier, Les Byzantins, 1988, p.88
  5. Jean-Michel Carrié, Aline Roussel, L'empire romain en mutation, Points, 1999, p. 151
  6. Ammien Marcellin, Histoire de Rome, IVe siècle, livre XV, chapitre 5
  7. Michel Kaplan, Tout l'or de Byzance, Gallimard, 1998, p. 35

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]