Pollinisation des pommiers

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La pollinisation des pommiers est ce qui concerne le transport par les insectes de pollen compatible ou semi-compatible vers les stigmates des fleurs.

Généralités[modifier | modifier le code]

Les insectes butineurs sont essentiels à la pollinisation des pommiers. Les principaux sont les bourdons, les osmies et s'il y a des ruches d'apiculteurs dans les environs, les abeilles domestiques. Pour une bonne pollinisation des pommiers, il faut éviter de planter dans les alentours des fleurs, arbustes et arbres non fruitiers qui fleurissent en même temps qui détourneraient les insectes du travail de pollinisation de vos fruitiers.

La pollinisation peut aussi être artificielle afin de créer des hybrides ayant des qualités spécifiques héritées des deux parents choisis par l'hybrideur.

Lors de la plantation, la disposition des arbres fruitiers pour obtenir une bonne pollinisation est parfois problématique pour l'arboriculteur car de nombreux pommiers ne peuvent produire une quantité correcte de pommes que si certaines conditions sont remplies.

En effet, bien que les variétés soient parfois partiellement autofertiles, la majorité des variétés cultivées sont autostériles[1] et, pour être fécondées, elles doivent être plantées à proximité d'une variété compatible (allogamie) qui fleurit en même temps car la pollinisation est faite par les insectes tels les bourdons et les abeilles (qui peuvent parcourir plusieurs kilomètres). L'idéal reste tout de même de planter deux variétés compatibles à quelques mètres l'une de l'autre.

Toutes les variétés non triploïdes peuvent être des pollinisateurs pour une autre variété sous réserve que leur pollen soit de bonne qualité et que leur date de pleine floraison concordent à plus ou moins trois jours, il faut donc se renseigner sur cette compatibilité[2].

Dans les vergers professionnels, on féconde chimiquement ou utilise généralement des pommiers à fleurs qui, en plus d'être jolis, font d'excellents pollinisateurs. Chez vous, dans votre petit jardin, faire ce choix c'est perdre un emplacement pour un arbre productif de fruits…

Certaines variétés, telles que 'Red Windsor', 'Reine des reinettes', 'Granny Smith' ou 'Golden delicious', sont souvent considérées comme de bonnes pollinisatrices car elles produisent un pollen abondant et de qualité. Leur période de pleine floraison (stade F2) est assez longue, ce qui permet de couvrir les périodes de floraison d'un grand nombre d'autres cultivars. La Golden Delicious devrait souvent être évitée car elle est parente directe d'autres variétés, ce qui influence l'efficacité du pollen. Un cultivar réputé bon pollinisateur est toutefois très mauvais pollinisateur d'un cultivar qui aurait le même S-génotype que lui!

La 'Golden delicious' est souvent considérée comme variété de référence temporelle. Si une variété fleurit avant, on dit qu'elle a une floraison précoce, après, on parle de floraison tardive (utile dans les zones à gels tardifs).
Sur les étiquettes des pommiers que vous achetez, on indique l'époque de floraison par une lettre qui regroupe 4 jours consécutifs par rapport à un calendrier fictif du mois de mai ou, on indique le nombre de jours d'écart par rapport à la 'Golden delicious'.

  • A 1-3: Très précoce
  • B 4-7: Début de saison (Red Windsor, Alkmene, Delbarestivalle…)
  • C 8-11: Mi-saison (Ariane, Discovery, Rubinola, Santana…)
  • D 12-15: Fin de saison (Golden Delicious, Topaz, Pinova…)
  • E 16-19: Tardive (Delbardivine, Golden Orange…)
  • F 20-23:
  • G 24-…:

Détermination des dates de floraison[modifier | modifier le code]

Stades de floraison du pommier. Deux variétés sont en mesure de se polliniser l'une l'autre quand elles arrivent simultanément (à plus ou moins trois jours) au stade F2.

Chaque année on relève les dates du stade F2, puis on recadre par rapport à une variété de référence et on fait ensuite une moyenne sur une dizaine d'années.

Génétique du pommier[modifier | modifier le code]

Le génome du pommier comprend 17 chromosomes ; la majorité des variétés de pommiers (telles que Reine des Reinettes, Granny Smith ou Golden Delicious) sont diploïdes et possèdent donc 34 chromosomes. Certains caractères s'héritent de façon simple, par exemple la résistance à la tavelure du pommier qui est sous le contrôle de nombreux gènes dont Vf. D'autres caractères sont aussi codés par plusieurs gènes et ont donc une hérédité complexe (épistasie) ; c'est le cas du port de l'arbre, de sa fertilité, de la forme et de la qualité du fruit.

La pollinisation croisée et le S-génotype[modifier | modifier le code]

L'expérimentation démontre que dans des conditions culturales ordinaires, il est préférable de planter un verger avec une compatibilité complète (deux allèles différents) entre deux cultivars adjacents[3].

On caractérise un cultivar par son S-génotype qui est un groupe de numéros attribués à des allèles différents. Pour deux cultivars adjacents on parlera de compatibilité partielle lorsque seulement un allèle est différent entre eux et, de compatibilité complète quand deux allèles sont différents entre eux. Par exemple, le S-génotype du cultivar Gloster 69 est S4S19, celui de Braeburn est S9S24. Ces deux cultivars ayant deux S-Génotypes totalement différents et des périodes de floraison communes, ils sont donc totalement compatibles et leur association donnera une pollinisation optimale

La connaissance des divers S-génotypes permet d'optimiser la pollinisation naturelle entre les arbres d'un verger alors que l'utilisation de listes de "pollinisateurs" ne distingue pas la compatibilité complète de la compatibilité partielle.

S-génotypes des variétés les plus courantes[modifier | modifier le code]

Des listes plus complètes sont disponibles sur Internet[4].

Variétés autofertiles[modifier | modifier le code]

De nombreux cultivars de pommiers ont été rendus autofertiles ou partiellement par des techniques de transgénèse[5]. Certains supportent bien d'être plantées seuls (mais ils produiront toujours plus en présence d'un autre arbre pollinisateur):

Toutefois, il y a très peu de chances qu'une fleur, même autofécondée, produise des fruits contenant des graines donnant une variété identique à la plante mère. L'autofécondation ne permet que la conservation des structures homozygotes.

Variétés stériles[modifier | modifier le code]

Pommier triploïde[modifier | modifier le code]

Un pommier triploïde est un pommier dont le génome est constitué de 3 "lots" de 17 chromosomes.

En raison de cette anomalie, les triploïdes, quoique souvent vigoureux, produisent un pollen de très mauvaise qualité qui les rendent non autofertiles (ou très faiblement) et incapables de polliniser d'autres variétés de pommiers. Ils donnent des pommes avec peu ou pas de pépins féconds.

Pour pouvoir produire des pommes en quantité normale, ils doivent donc impérativement être plantés en association avec une variété compatible et si l'on veut que la variété pollinisatrice produise elle aussi, il faudra planter un troisième arbre compatible avec celle-ci (puisque le pollen du triploïde est inefficace).

En cas de manque de place, il est possible de greffer un rameau d'une variété compatible qui suffira à polliniser l'arbre hôte. Le plus simple dans un petit jardin familial, c'est d'exclure les triploïdes et de se limiter aux diploïdes résistants.

On utilise parfois le semis de pépins de pommier pour tenter d'obtenir de nouvelles variétés ou pour faire des porte-greffes. Cette pratique a de faibles chances de réussite avec des pépins de variétés triploïdes car on obtient souvent des descendants aneuploïdes se développant de façon anormale (nanisme, dégénérescence, etc.).

En effet, selon une étude de Einset en 1945, sur 329 semis de pépins de variétés triploïdes librement pollinisées, 2 (0,6 %) étaient haploïdes, 6 (1,8 %) étaient diploïdes, 4 (1,8 %) étaient triploïdes, et 10 (3,0 %) étaient tétraploïdes, alors que 307 (92,8 %) étaient aneuploïdes. Cela dit, les 8 % se développant correctement ont plus de chances de donner une variété intéressante qu'avec des pépins de variétés diploïdes. Ils seront plus vigoureux et auront de plus gros fruits.

Liste de variétés triploïdes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]