Pauvreté aux États-Unis

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Sans abris à Los Angeles.

La pauvreté aux États-Unis concerne officiellement 46,5 millions de personnes, soit 15% de la population américaine [1].

Les statistiques officielles établissent que dans les années 1990 que un enfant américain sur quatre (25%) et un enfant Afro-Américain sur deux (50%) grandissait en dessous du seuil de pauvreté aux États-Unis, contre seulement 6 % des enfants en France, Allemagne et Italie, et 3 % dans les pays scandinaves[2].

Selon plusieurs universitaires, le taux officiel de pauvreté ne correspond pas a la réalité et serait en réalité plus élevé [3].

Mesure de la pauvreté aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Il y a deux façons différentes de mesurer la pauvreté : de manière absolue (en définissant un seuil de revenus nécessaire à la satisfaction des besoins fondamentaux) ou de manière relative (en fixant un seuil en proportion du revenu médian, par exemple 50%). Les États-Unis (ainsi que le Canada) utilisent un seuil absolu, ce qui rend les comparaisons difficiles avec la plupart des autres pays riches, qui utilisent un seuil relatif.

Statistiques officielles[modifier | modifier le code]

Le Bureau du recensement des États-Unis (Census Bureau) publie les seuils de pauvreté, selon différents critères : par exemple, des estimations nationales sur la pauvreté, classées selon le type de logement, l'origine ethnique, et d'autres caractéristiques démographiques et socio-économiques. Le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS) publie ses seuils dans un but administratif, par exemple pour déterminer si une personne ou une famille est susceptible de recevoir une aide publique d'un programme fédéral.

Depuis les années 1960, le gouvernement des États-Unis a défini la pauvreté en termes absolus. Le seuil de pauvreté absolue correspond au seuil en dessous duquel les personnes « manquent des ressources pour satisfaire les besoins fondamentaux pour une vie correcte et n'ont pas assez de revenus pour se nourrir suffisamment et avoir un logement et des vêtements permettant de rester en bonne santé »[réf. nécessaire].

Les seuils sont mis à jour annuellement, en fonction du taux officiel d'inflation [4].

Seuils officiels actuels (mesure absolue)[modifier | modifier le code]

Seuils de pauvreté officiel en 2009[5]
Nombre de personnes par foyer 48 États principaux Alaska Hawaii
1 10 830 $ 13 530 $ 12 460 $
2 14 570 $ 18 210 $ 16 760 $
3 18 310 $ 22 890 $ 21 060 $
4 22 050 $ 27 570 $ 25 360 $
5 25 790 $ 32 250 $ 29 660 $
6 29 530 $ 36 930 $ 33 960 $
7 33 270 $ 41 610 $ 38 260 $
8 37 100 $ 46 290 $ 42 560 $
Pour chaque personne supplémentaire, ajouter 3 740 $ 4 680 $ 4 300 $

Évolution du taux officiel de pauvreté[modifier | modifier le code]

Taux de pauvreté des personnes de 1959 à 2006 aux États-Unis[6], cliquez pour agrandir
Taux de pauvreté des familles de 1959 à 2006 aux États-Unis[7], cliquez pour agrandir

Le taux officiel de pauvreté aux États-Unis a évolué depuis l'an 2000, depuis son plus bas niveau à 11,3 % en 2000, à 12,7 % en 2004 et 12,3 % en 2006. Cela signifie que 37 millions de personnes étaient en dessous du seuil de pauvreté officiel en 2004. C'est 5,4 millions de plus que en 2000. Le taux d'enfants mineurs pauvres a, lui, augmenté de 16,2 % à 17,8 % dans la même période.

En 2006, on compte 36,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, l'augmentation de la démographie passant de 281,4 millions en 2000 à 300 millions en 2006 expliquant que malgré le taux en baisse, le nombre de personnes varie peu.

En 2006, 4,9 % des couples mariés sont pauvres, soit 2,9 millions de personnes, contre 28,3 % (4,1 millions) pour les femmes vivant seules ou les familles sans père.

En 1959, 22,4 % de la population était pauvre. Le seuil de pauvreté était de 2973 $ pour une famille de quatre personnes, tandis que le revenu médian était de 6973 $. Le seuil de pauvreté représentait donc 42,64 % du revenu médian[8]. En 2011, la proportion était de 15 %, pour un seuil de 22811 $ et un revenu médian de 75148 $. Le seuil de pauvreté représentait alors 30,35 % du revenu médian ; l'écart de revenu entre une famille pauvre et une famille médiane s'est donc considérablement accru pendant les cinquante dernières années.

Mobilité sociale et pauvreté[modifier | modifier le code]

Livre de Michael Cox[modifier | modifier le code]

Michael Cox, économiste libéral, défenseur auto-proclamé du capitalisme [9], membre du CATO Institute [9] et membre de la Société du Mont-Pèlerin [9], et Richard Alm, journaliste économique au Dallas Morning News ont réalisé un livre sur le sujet. Selon eux, 75 % des familles initialement pauvres étaient passés dans l'un des trois quintiles les plus riches[10]. Leur livre affirme que les américains vivent de mieux en mieux grâce au capitalisme et s'appuie sur le prix de biens de consommations pour le justifier. Leur livre ne prend cependant aucunement en compte la santé, les conditions de travail, le prix de l’énergie, ou encore l'éducation [11]

Étude de l'OCDE[modifier | modifier le code]

Selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) la mobilité sociale est moins grande aux États-Unis qu’en Europe [12].

Quand un père se situe dans le groupe des 20% d’Américains les plus pauvres, il y a 40% de chances que son fils n’arrive pas à faire mieux [12].

Inconvénients des mesures[modifier | modifier le code]

Critiques de la droite américaine et du patronat[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, des polémiques sont apparues et ont été mises en avant par le patronat américain.

En effet, avec la méthode de pauvreté relative, une augmentation du salaire médian concorderait avec l'augmentation du seuil de pauvreté, ce qui a comme effet mécanique d'augmenter le nombre de « pauvres » alors que selon les milieux d'affaires et la droite américaine une hausse des inégalités dans une société ne serait pas une mauvaise chose.

Constatant que « le calcul officiel de la pauvreté aux États-Unis était imparfait et n'informait pas correctement le public sur qui est pauvre et qui ne l'est pas », l'organisation gouvernementale United States National Research Council a chargé un panel de spécialistes, présidé par Robert Michael, ancien doyen de la Harris School of Public Policy Studies à l'Université de Chicago, de réfléchir à la question. Celui-ci a proposé un nouveau modèle, basé sur le revenu disponible, qui inclurait notamment les tickets-restaurant, les repas pris à l'école, et l'aide au logement. Il déduirait par contre les dépenses qui ne peuvent pas satisfaire les besoins fondamentaux, comme les impôts sur le revenu, les dépenses scolaires, les frais médicaux, les primes d'assurances et les dépenses liés au travail, dont les gardes d'enfants[13].

Critiques[modifier | modifier le code]

Selon plusieurs universitaires, le taux officiel de pauvreté ne correspond pas a la réalité et serait plus élevé [3]

Sans abris[modifier | modifier le code]

On assiste depuis les années 1980 a une hausse importante du nombre d'américains sans abris.

Selon Amnesty International, il y aurait 5 fois plus de maisons vides aux États-Unis que de sans abris [14].

En 2014, il existe environ 600.000 sans abris dont un nombre importants sont d'anciens combattants de l'armée américaine [15].

A New York, on estime que plus de 22000 enfants sont sans domicile fixe, le nombre le plus important depuis la grande dépression [16].

Alimentation[modifier | modifier le code]

En 2002, 89 % des foyers américains n'ont éprouvé aucun problème pour se nourrir correctement tout au long de l'année. Les 11 % restants ont éprouvé des difficultés, au moins temporairement. Sur ces 11 % un tiers (3,5 %) des foyers a éprouvé des difficultés au point qu'au moins un des membres de la famille a ressenti la faim, à un moment donné, pendant l'année 2002[17].

En 2009, alors que la crise s'aggravait, 28 millions de personnes recevaient des coupons alimentaires (food stamps), tandis que les programmes fédéraux alimentaires visant à nourrir les élèves après l'école voyaient leur fréquentation exploser [18].

Une étude américaine publiée en novembre 2009 établit qu'un enfant sur deux entre l'âge de 1 et 20 ans, au cours des trente dernières années, a eu au moins une fois recours aux bons alimentaires et conclut : « les enfants américains présentent un risque élevé de vivre une période au cours de laquelle leurs familles sombrent dans la pauvreté comme le prouve leur usage des bons alimentaires[19]. » Les auteurs de l'étude affirment que « les enfants américains sont ceux qui sont confrontés au plus haut niveau de pauvreté dans le monde occidental développé »[20].

Le nombre de personnes faisant partie d'un ménage incapable de s'alimenter adéquatement a augmenté de 14 millions, de 2007 à 2011 pour atteindre 50 millions [21]

En 2014, 47 millions d'américains reçoivent des bons alimentaires d'aide alimentaire [22] [23].

Indicateur de pauvreté humaine[modifier | modifier le code]

D'un point de vue international, le PNUD place les États-Unis en 16e position pour l'indicateur de pauvreté IPH-2 sur les 18 pays les plus développés[24]. Cependant, selon les milieux d'affaires et la droite américaine, cette statistique utilise des indicateurs de pauvreté relative et la comparaison entre pays serait donc discutable[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 46,5 millions de pauvres aux États-Unis, Le Figaro, 17/09/2013
  2. (en) Lee Rainwater et Timothy M. Smeeding, Doing Poorly : The Real Income of American Children in Comparative Perspective, Maxwell School of Citizenship and Public Affairs, Syracuse, Luxembourg Income Study Working Paper, n° 127, 1995 ; Greg J. Duncan et Jeanne Brooks-Gunn, « Urban Poverty, Welfare Reform, and Child Development », in Fred R. Harris et Lynn A. Curtis (dir.), Locked in the Poorhouse : Cities, Race, and Poverty in the United States, Rowman & Littlefield, Lanham (Maryland), 1998, p. 21-32.
  3. a et b « http://www.usnews.com/news/articles/2014/01/06/50-years-later-a-war-over-the-poverty-rate »
  4. How the Census Bureau Measures Poverty - Census Bureau
  5. (en) 2009 HHS Poverty Guidelines - U.S. Department of Health & Human Services
  6. (en) Historique des taux de pauvreté, de 1959 à 2006 - US Census Bureau
  7. (en) Historique des taux de pauvreté par familles, de 1959 à 2006 - US Census Bureau
  8. Voir http://www.umt.edu/mansfield/internationalprograms/eep/participants/files/gender-economics-spring-2014.pptx
  9. a, b et c « Michael Cox – Federal Reserve Bank Chief Economist, Champion of Capitalism, Author of Pulitzer Prize-nominated book, Myths of Rich and Poor: Why We’re Better Off Than We Think. »
  10. (en) The Poverty Hype, Walter Williams
  11. (en) « Myths of Rich and Poor: Why We're Better Off Than We Think »
  12. a et b (en) « Intergenerational Transmission of Disadvantage : Mobility or Immobility across Generations ? A Review of the Evidence for OECD Countries » », sur OECD Social Policy, Employment and Migration Working Papers,‎ 2007
  13. (en) Poverty definition flawed, more accurate measure needed, par William Harms - sur le site de l'Université de Chicago
  14. (en) « Vacant Houses Outnumber Homeless People in U.S. », sur TruthDig,‎ 2011
  15. (en) « The State of Homelessness in America 2014 », sur National Alliance to End Homelessness,‎ 2014
  16. (en) « Dasani’s Homeless Life », sur New York Times,‎ 2013
  17. (en) Household Food Security in the United States, 2002 - United States Department of Agriculture [PDF]
  18. Megan Greenwell, The Last Hope for Hungry Kids, Washington Post, 30 mai 2009
  19. (en) Mark R. Rank, Thomas A. Hirschl, « Estimating the Risk of Food Stamp Use and Impoverishment During Childhood », Arch Pediatr Adolesc Med. 2009;163(11):994-999.
  20. « Les petits Américains, les plus pauvres du monde développé », Le Figaro, 3 novembre 2009.
  21. « Des millions d'Américains ont faim », sur La Presse,‎ 2013
  22. Food Banks Anticipate Impact of Cuts to Food Stamps - New York Times - 2014
  23. « Le nouveau Farm Bill protège les agriculteurs américains contre les chutes des cours » - Le Monde - 11.02.2014
  24. Rapport Human Development Report 2006, p. 295 ; voir aussi (en) en:Human Poverty Index [PDF]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]