Noilly Prat

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Action Noilly Prat de 1000 francs au porteur

Le Noilly Prat est un vermouth créé en 1813 par Joseph Noilly à Marseillan, à partir d'une recette originale. Son fils Louis Noilly (1801-1865) fonde une première compagnie à Marseille en 1843. Il confie la direction de cette entreprise à Claudius Prat (1824-1859), qui l'année suivante devient son gendre. Mais ce n'est qu'en 1855 que la marque Noilly Prat prend naissance grâce à l'association de Louis Noilly avec Claudius Prat.

Château d'Avignon[modifier | modifier le code]

Château d'Avignon aux Saintes-Maries-de-la-Mer

Après la mort précoce de son mari et le décès de son père, Anne Rosine Noilly-Prat (1825-1902) reprend la direction de l'entreprise et réussit à la positionner au niveau international. Dans les années 1880, Louis Prat Noilly (1845-1932), fils de Claudius et d'Anne-Rosine, se fait construire un somptueux château néo-renaissance au milieu des vignobles plantés dans le sable de Camargue au lieu-dit « Montcalm » à Vauvert. Ce vaste ensemble comprenait chais, bâtiments pour le nombreux personnel, chapelle romano-byzantine, etc. Dans la foulée, il fait l'acquisition en 1893 du château d'Avignon[1], de l'autre côté du Petit Rhône, qu'il fait intégralement réaménager (commune des Saintes-Maries-de-la-Mer). Il possède également des immeubles à Marseille et à Paris.

Élaboration[modifier | modifier le code]

Les chais Noilly-Prat à Marseillan (en arrière plan, les cuves de la cave coopérative)

Son élaboration est complexe et vise à reconstituer le goût du vin importé en bateau et exposé sur le pont au soleil et aux embruns. Deux cépages blancs issus de la région, le picpoul, vin de plaine, et la clairette, vin des coteaux, sont vieillis séparément dans des foudres en chêne du Canada, utilisé parce que sa sève blanche ne colore pas le vin et que sa fibre dense laisse peu de place à l'évaporation. Après huit mois, ils sont transvasés dans des demis-muids, des fûts de chêne du Limousin (plus poreux), et passent un an en plein air. Au bout de cette longue période de vieillissement pendant laquelle 6 % du contenu des fûts s’évapore (c'est « la part des anges »), les vins sont assemblés selon un dosage bien précis. On y ajoute alors des mistelles et des alcoolats de citrons et de framboises.

Commence ensuite, dans la « salle des Secrets », la dernière étape de la fabrication, celle de la macération. Une vingtaine de plantes et d’herbes du monde entier sont utilisées selon un dosage gardé secret : camomille d’Italie, coriandre de Bulgarie, écorce d’orange amère d’Espagne, noix de muscade d’Indonésie, centaurée du Maroc, etc.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Bouteille de Noilly Prat

Longtemps populaire, au point d'être considéré comme le Martini français, le Noilly Prat est tombé en désuétude depuis la Seconde Guerre mondiale et n'est quasiment plus utilisé que pour l'élaboration de sauces classiques déglacées et de cocktails (l'Adriana, le Cardinal, le Bronx).

La maison Noilly Prat a été achetée par Martini & Rossi en 1971 qui a fusionné en 1992 avec Bacardi-Martini.

Types de vin[modifier | modifier le code]

  • Noilly Prat Dry (disponible dans toute la France). Il s'agit de la recette originelle de 1813 qui a des prédominances de camomille et de coriandre. C'est le plus connu en France et dans le monde entier.
  • Noilly Prat Rouge (vendu exclusivement à l'export, disponible à Marseillan). Élaboré en 1956, détenant des arômes de clous de girofle, de noix de muscade, et d'écorce de quinquina.
  • Noilly Prat ambré (disponible à Marseillan et dans les magasins spécialisés). Élaboré en 1986 avec des notes plus douces grâce à la présence de vanille, de cannelle, et d'écorces d'oranges amères.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éliane Richard (dir.), Noilly Prat à Marseille : une entreprise, des œuvres, un patrimoine, Marseille, La Thune, 2005, 136 p. ISBN 2-913847-35-8
  • Éliane Richard et Roland Caty, « Noilly Prat, une entreprise oubliée 1843-1989 ». In Industries en Provence n° 14 « Des produits & des saveurs », 15 décembre 2006, 96 p. éd. REF.2C (Mirabeau). ISBN 2-9525451-2-X.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Château d'Avignon http://www.cg13.fr/cadre-de-vie/culture/chateau-davignon.html

Liens externes[modifier | modifier le code]