Nigoun

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Nigoun (pl. nigounim, en hébreu ניגון, « air fredonnant » ) est un terme qui sert à se référer aux chants religieux hassidiques et aux airs qui y sont liés. C'est une forme de musique vocale souvent sans parole quoique des sons tel “bim-bim-bam” ou “Ai-ai-ai!” soient souvent utilisés. Parfois des versets de la Torah ou des passages d'autres textes juifs classiques sont chantés d'une manière répétitive sous forme de nigounim. Il s'agit pour une grande part d'improvisations, bien qu'ils puissent être fondés sur un passage thématique ou que leur forme puisse être stylisée. Certains se présentent sous forme de lamentation tandis que d'autres sont joyeux ou victorieux.

Les nigounim font partie de la culture ashkénaze et plus particulièrement du mouvement hassidique. Les différents groupes hassidiques ont chacun leurs propres nigounim, souvent composés par leur Rebbe. Ils se réunissent lors du chabbat et des fêtes juives pour les chanter en groupe autour d'une table. Il existe aussi des nigounims destinés à la méditation personnelle appelés devekous ou devekout' ' (« liant avec Dieu »). Ils sont généralement beaucoup plus lents que les niggunims chantés en groupe et sont presque toujours chantés sans paroles. Le Baal Shem Tov, fondateur du hassidisme parlait des devekous nigounim comme étant « des chants qui transcendent les syllabes et les sons ». Plusieurs airs toujours en usage de nos jours lui sont attribués

Certains nigounims proviennent de sources non juives. Les juifs hassidiques suivant l'exemple du Baal Shem Tov ont adopté des hymnes et même des chansons populaires. Ainsi les Loubavitch ont repris l'air de La Marseillaise, de la marche de Napoléon[1] ainsi que des chansons à boire allemandes et russes les transformant en nigounim. Beaucoup de Hassidims considèrent que ces chants dans leur forme séculaire sont en exil spirituel. En les adaptant sous des formes liturgiques ils estiment « élever des étincelles de sainteté  » suivant ainsi le système kabbalistique de Isaac Louria. Le processus continue toujours de nos jours, des nouveaux nigounim apparaissant régulièrement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La marche de Napoléon version Loubavitch

Pinson, DovBer, Inner Rhythms: The Kabbalah of Music, Jason Aronson, Inc. 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]