Mykola Skrypnyk

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Mykola Skrypnyk
Image illustrative de l'article Mykola Skrypnyk
Fonctions
Commissaire du peuple à l'Éducation
mars 1927 – février 1933
Premier ministre Vlas Chubar
Commissaire du peuple à la Justice
avril 1922 – mars 1927
Premier ministre Christian Rakovsky
Commissaire du peuple à l'Intérieur
juillet 1921 – avril 1922
Premier ministre Christian Rakovsky
Biographie
Nom de naissance Mykola Oleksiyovych Skrypnyk
Date de naissance 25 janvier 1872
Lieu de naissance Yassynouvata, Empire russe
Date de décès 7 juillet 1933 (à 61 ans)
Lieu de décès Kharkiv, RSS d'Ukraine
Nationalité Soviétique ukrainien
Parti politique Parti communiste

Mykola Oleksiyovych Skrypnyk (en ukrainien : Микола Олексійович Скрипник, né le 25 janvier 1872 - mort le 7 juillet 1933) est un leader bolchevik ukrainien. Il a été commissaire du peuple à l'Éducation en RSS d'Ukraine, et à ce poste a été le promoteur principal de la politique d'ukrainisation menée à cette période.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ascension[modifier | modifier le code]

Mykola Skrypnyk est né dans le village de Yassynouvata, dans le gouvernement de Yekaterinoslav. Il étudie d'abord à Barvinkove, puis fait ses études secondaires à Izioum et à Koursk. Dès 1897, il s'investit dans la cause marxiste[1]. En 1901, alors qu'il étudie à l'Institut de Technologie de Saint-Pétersbourg, il est arrêté pour des motifs politiques et est exclu de l'Institut. Cela le conduit à s'investir complètement dans l'activisme révolutionnaire. Il sera arrêté à quinze reprises et exilé à sept reprises.

Après la Révolution de Février, Skrypnyk revient d'exil à Petrograd, où il est élu « secrétaire du Conseil Central des comités des usines ». Durant la Révolution d'Octobre, il est membre du Comité militaire révolutionnaire de Petrograd.

En mars 1918, Lénine le nomme à la tête du gouvernement bolchévique d'Ukraine, poste qu'il occupe jusqu'à la dissolution du gouvernement dans un « Bureau d'insurrection », le 18 avril 1918.

Skrypnyk travaille pour la Tchéka durant l'hiver 1918-1919, puis retourne en Ukraine où il occupe le poste de commissaire du peuple à l'Inspection ouvrière paysanne (1920-1921), puis à l'Intérieur (1921-1922) et enfin à la Justice (1922-1927)[1].

Fin 1922, durant les débats sur la formation de l'Union soviétique, Skrypnyk défend l'indépendance des républiques, et dénonce la proposition du nouveau Secrétaire général, Joseph Staline, de les fusionner dans une unique République socialiste fédérative soviétique centrée autour de la Russie. Si Lénine semble préférer la première option, après sa mort, la constitution de l'Union soviétique est achevée en janvier 1924, avec peu d'autonomie pour les républiques. Ayant perdu cette bataille, Skrypnyk et d'autres autonomistes se tournent vers la culture.

Ukrainisation[modifier | modifier le code]

En mars 1927, Skrypnyk est nommé Commissaire à l'Éducation en Ukraine. Il convainc le Comité central ukrainien d'introduire une politique d'ukrainisation et d'encourager la culture et la littérature ukrainienne. La langue ukrainienne est institutionnalisée dans les écoles et la société, et le taux d'alphabétisation augmente fortement.

Skrypnyk convoque une conférence sur l'orthographe en 1927 à Kharkiv. Cette conférence permet d'arriver à un compromis entre les différentes variantes orthographiques, et de publier un premier alphabet standardisé applicable à l'ensemble de l'Ukraine. L'orthographe de Kharkiv, ou Skrypnykivka, est officiellement adoptée en 1928.

Skrypnyk voyait l'autonomie de l'Ukraine et l'ukrainisation comme les meilleurs moyens pour atteindre le communisme, et restait opposé au nationalisme ukrainien.

Les purges[modifier | modifier le code]

En janvier 1933, Staline envoie Pavel Postyshev en Ukraine pour superviser l'inversion de l'ukrainisation, le renforcement de la collectivisation,—dont la confiscation des récoltes qui contribuera au Holodomor—, et pour conduire des purges au sein du parti communiste bolchévique d'Ukraine, prélude aux Grandes Purges de la seconde moitié des années 1930.

Skrypnyk est démis de ses fonctions, et ses mesures sont critiquées publiquement. Plutôt que de devoir désavouer sa politique, il se suicide le 7 juillet 1933 chez lui, à Kharkiv. Par la suite, la politique d'ukrainisation portée par Skrypnyk est renversée. Il sera cependant partiellement réhabilité en 1962[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) « Mykola Skrypnyk et la politique d'ukrainisation », sur www.persee.fr, Cahiers du monde russe et soviétique - 1971 (consulté le 6 novembre 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]