Mutebi II

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Mutebi II
Titre
36e roi du Bouganda
En fonction depuis le 24 juillet 1993
(21 ans, 0 mois et 30 jours)
Couronnement 31 juillet 1993
Président Yoweri Museveni
Prédécesseur Lui-même (prétendant)
Prétendant au trône du Bouganda
21 mars 196924 juillet 1993
(24 ans, 4 mois et 3 jours)
Prédécesseur Mutesa II (roi, indirectement)
Successeur Lui-même (roi)
Prince héritier du trône du Bouganda
6 août 196621 mars 1969
(2 ans, 7 mois et 15 jours)
Prédécesseur Prince Edward Muteesa
Successeur Prince Jjunju Ssuuna
Biographie
Dynastie Abalasangeye
Nom de naissance Ronald Edward Frederick Muwenda Kimera Mutebi
Date de naissance 13 avril 1955
Lieu de naissance Mengo (Ouganda)
Père Mutesa II
Mère Sarah Kisosonkole
Conjoint 1) Vénétia Sebudandi
2) Sylvia Nagginda Luswata
Enfant(s) Premier lit :
Prince Jjunju Ssuuna
Deuxième lit :
Princesse Joan Nassolo
Princesse Victoria Nkinzi
Princesse Katrina Sarah Ssangalyambogo
Prince Richard Ssemakookiro
Héritier Prince Jjunju Ssuuna
Diplômé de Université de Cambridge
Monarques du Bouganda

Mutebi II (né le 13 avril 1955) est le 36e roi (kabaka) du Bouganda, royaume inclus dans l'actuel Ouganda[1], depuis 1993.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Le prince Ronald Mutebi est né le 13 avril 1955 à l'hôpital Mulago[2]. Il est le fils de Mutesa II, kabaka du Bouganda de 1939 à 1969 et premier président de la République d'Ouganda de 1962 à 1966. Sa mère est Sarah Nalule Kisosonkole, du clan Nikma. Mutebi est scolarisé à la Budo Junior School, à la King's Mead School dans le Sussex et au Bradfield College dans le Berkshire[1]. Il entre ensuite au Magdalene College de l'Université de Cambridge, où il mène des études de droit[1]. Son père l'annonce comme le futur héritier en 1969[1].

Exil puis accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

À la mort de son père, le 21 novembre 1969, le prince Ronald Mutebi, ayant accompli les rites funéraires traditionnels[1], lui succède virtuellement à la tête de la maison royale du Bouganda. Cependant, après la fin du mandat de président de Mutesa II en 1966, le coup d'État de Milton Obote puis la dictature d'Idi Amin Dada avaient dissous les royaumes traditionnels ougandais dont le Buganda, contraignant le kabaka potentiel à l'exil. Ce n'est qu'en 1986 que le prince Mutebi retourne en Ouganda[2]. En 1993, le président Yoweri Museveni accepte la restauration du Bouganda et d'autres royaumes traditionnels, à titre essentiellement honorifique et culturel, la politique restant menée par l'État fédéral ougandais : ce compromis permet le retour et le couronnement de Muwenda Mutebi II[3]. Mutebi II est proclamé kabaka le 24 juillet 1993, lors de la restauration des royaumes d'Ouganda, puis couronné à Buddo le 31 juillet[1].

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

Mutebi II a plusieurs enfants[4]. En 1986, Vénantie Sebudandi lui donne un fils, Jjunju Suuna, qui a le titre de kiweewa (prince) ; né à Londres, il suit des études en Ouganda au King's College de Budo avant de retourner au Royaume-Uni pour y poursuivre ses études.

Mutebi II a également plusieurs filles qui ont le titre d'omumbejja (princesses) : Joan Nassolo, Victoria Nkinzi et Sarah Katrina Mirembe Ssangalyambogo Nachwa, née le 4 juillet 2001 à Londres au Royaume-Uni..

En 1999, Mutebi II épouse Sylvia Nagginda[5],[2], fille de John Mulumba Luswaata de Nkumba, Kyaddondo, membre du clan Osumu, et de Rebecca Nakintu Musoke. Le mariage a lieu le 27 août à la St. Paul's Cathedral de Kampala. En tant qu'épouse du kabaka, Sylvia Nagginda a le titre de Nnabagereka.

Politique[modifier | modifier le code]

En tant que kataba du Bouganda, Mutebi II porte le titre de Ssabasajja (chef des tribus). Il représente les Bagandas, tribu majoritaire au Bouganda et dans la région de Kampala, capitale de l'Ouganda[3].

Durant les vingt premières années du règne de Mutebi II, la cohabitation entre le pouvoir culturel du kataba et le pouvoir politique du président Museveni se déroule sans anicroche[6]. Mais, fin 2009, des tensions se font jour entre le pouvoir politique du président Yoweri Museveni et le kataba défendant les intérêts de son royaume. Muwenda Mutebi II souhaite en effet conserver un droit de regard sur les questions foncières, fort de l'étendue du Buganda, plus grand des royaumes traditionnels ougandais, qui regroupe 50 % de la population du pays ; le pouvoir politique estime que le kataba outrepasse son rôle, en théorie purement culturel puisqu'il n'a aucun pouvoir politique[6]. En septembre 2009, l'opposition du pouvoir politique à l'organisation d'une visite officielle de Mutebi II provoque des manifestations des partisans du kataba à Kampala, violemment réprimées par le gouvernement[3]. Le président Museveni accuse à cette occasion le colonel Mouammar Kadhafi, Guide de la révolution de la Libye et son ancien allié, d'avoir financé les émeutiers afin d'affermir son réseau d'influence au sein des tribus ougandaises, dans des intérêts politiques et pétroliers[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Biographie de Muwenda Muetbi II sur Buganda.com. Page consultée le 13 mai 2011.
  2. a, b et c Biographie de Muwenda Mutebi II sur le site du royaume du Buganda. Page consultée le 13 mai 2011.
  3. a, b et c Calme précaire à Kampala après des manifestations meurtrières, dépêche AFP sur le site Jeune Afrique le 11 septembre 2009. Page consultée le 13 mai 2011.
  4. Généalogie des rois du Buganda sur Royalark. Page consultée le 13 mai 2011.
  5. Brève dans le journal indien The Tribune le 29 août 1999, sur le site tribuneindia.com. Page consultée le 13 mai 2011.
  6. a et b Museveni contre la monarchie, article sur Jeune Afrique le 21 septembre 2009. Page consultée le 13 mai 2011.
  7. La main du « Guide », article sur Jeune Afrique le 21 septembre 2009. Page consultée le 13 mai 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]