Monastère royal de las Huelgas de Burgos

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Monastère de Santa María
la Real de las Huelgas
Image illustrative de l'article Monastère royal de las Huelgas de Burgos
Présentation
Nom local Monasterio de Santa María la Real de las Huelgas
Culte Catholique romain
Type Monastère
Rattachement Ordre cistercien
(congrégation de saint Bernard)
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XIIIe siècle
Style dominant Roman
Gothique
Protection Classé BIC (1931)
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Castille-et-León Castille-et-León
Province Burgos Province de Burgos
Commune Burgos
Coordonnées 42° 20′ 10″ N 3° 43′ 13″ O / 42.3361, -3.7202 ()42° 20′ 10″ Nord 3° 43′ 13″ Ouest / 42.3361, -3.7202 ()  

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Monastère de Santa María la Real de las Huelgas

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Monastère de Santa María la Real de las Huelgas

Le monastère royal de las Huelgas de Burgos est un monastère cistercien fondé en 1187 par le roi Alphonse VIII et sa femme Aliénor Plantagenêt. Accueillant toujours des moniales, il est situé à 1,5 km à l'ouest du centre de la ville de Burgos.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le roi de Castille Alphonse VIII de Castille (1158-1214) et son épouse Aliénor Plantagenêt fondent, en 1187, près de Burgos, à l'emplacement d'une résidence jusqu'alors consacrée aux divertissements royaux, l'abbaye Santa Maria la Real, plus connue sous le nom de Las Huelgas Reales (de "holganza" : repos, loisirs, en espagnol).

Guillaume II, l'abbé de Cîteaux (1186-1189), a donné son accord dans une lettre du mois de septembre, qui précise que les moniales elles-mêmes choisiront un ou deux abbés de monastères cisterciens de la région pour assurer les visites. Aliénor joue un rôle important dans cette décision. Elle est la fille d'Aliénor d'Aquitaine, elle-même retirée à l'abbaye de Fontevraud, et d'Henri II d'Angleterre, et donc la sœur de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre.

Des moniales viennent de l'abbaye de Tulebras en Navarre, fondée en 1157, pour constituer le noyau de la communauté dont doña Misol est la première abbesse. Alphonse VIII souhaite que sa fondation prenne la tête d'une congrégation dans laquelle entreraient les autres maisons de moniales cisterciennes de Castille.

Le monastère de Las Huelgas se voit richement doté par ses fondateurs qui lui apportent en donation quarante-neuf propriétés dont l'Hospital del Rey, distant de quelques centaines de mètres.

De nombreuses jeunes filles de la noblesse castillane prononcent leurs vœux dans cette abbaye qui, par décision d'Alphonse VIII en 1199, devient le panthéon de la famille royale. Las Huelgas ne tarde pas à commander à une véritable seigneurie, jouissant des juridictions temporelle et spirituelle, et empiétant sur celles des évêchés.

Puissante et riche, l'abbaye se constitue, au fil du temps, une importante bibliothèque. Elle possède, entre autres, un lectionnaire exécuté dans le scriptorium de la toute proche abbaye cistercienne de San Pedro de Cardena, une Bible copiée en 1181, un Commentaire de l'Apocalypse de Beatus de Liebana, de 1220, une Règle de saint Benoît, de 1246.

Les travaux du monastère commencèrent dès 1187, pour se terminer dans la deuxième moitié du XIIIe siècle.

L’église[modifier | modifier le code]

L'extérieur a les lignes pures de l'art cistercien. L'intérieur est séparé en deux parties par la clôture. La clôture est surmontée, côté nef, par une Descente de croix du XIIIe siècle.

Dans la chapelle centrale, derrière le grand autel, se dresse un retable baroque exécuté en 1665, sur lequel une Assomption de la Vierge est encadrée par les statues de saint Benoît et de saint Bernard et celles des fondateurs en prière. Au-dessus de la porte communiquant avec la nef centrale, un tableau illustrant la bataille de Las Navas de Tolosa, à laquelle participa Alphonse VIII, est une œuvre de 1594, de Jeronimo et Pedro Ruiz de Camargo.

Grâce à son support articulé, une chaire, réalisée en 1560, en fer repoussé et doré, permettait au prêcheur de se faire entendre, de part et d'autre de la clôture, aussi bien par les fidèles, côté transept et chœur, que par les moniales assises dans leurs stalles dans la nef.

La nef centrale, flanquée de deux nefs latérales, celle de Sainte-Catherine, au nord, et celle de Saint-Jean, au sud, abrite le double sarcophage d'Alphonse VIII et d'Aliénor, tous deux décédés en 1214.

Dans la nef centrale, comme dans les deux bas-côtés, de nombreux autres sarcophages ont trouvé place comme celui, dans la nef Sainte-Catherine, de l'infant don Fernando de la Cerda, fils d'Alphonse X le Sage, mort en 1275.

Deux portes dans la nef Saint-Jean, où se trouve le sarcophage de Marie d'Aragon, moniale de Las Huelgas et fille de Fernand le Catholique (1474-1516), permettent d'accéder, au sud, au cloître gothique.

Le cloître San Fernando[modifier | modifier le code]

Gothique du XIIIe – XVe siècle. Il subsiste des fragments des stucs mudéjars des voûtes des galeries exécutées entre 1230 et 1260 dont les entrelacs ou motifs inspirés de tissus et d'ivoires persans sont d'une extrême finesse.

Le cloître roman[modifier | modifier le code]

Il se trouve au sud-est du précédent, date de la période 1180-1190 comme, à son angle nord-est, la chapelle de l'Assomption de style mudéjar. De fines colonnes géminées aux chapiteaux très stylisés donnent à ce cloître de l'élégance. On traverse ensuite plusieurs salles de l'ancien palais d'Alphonse VIII, de décoration mauresque.

La chapelle Saint-Jacques[modifier | modifier le code]

De la fin du XIIIe siècle, presque à l'écart, à l'est du monastère, a conservé un plafond artesonado avec sa polychromie d'origine et sa frise de stucs.

D'après la tradition la statue gothique de saint Jacques, aux bras articulés, armait chevalier les princes de sang royal.

Le musée des tissus médiévaux[modifier | modifier le code]

Il occupe une salle ouvrant sur le cloître.
L'ensemble d'étoffes et de parures exposé dans l'ancien grenier à grain est un témoignage exceptionnel sur le costume royal dans la Castille du XIIIe siècle. Ces vêtements (tunique, pelisse, cape) ont été retrouvés dans les tombes. Les plus précieux proviennent de la tombe de l'infant Fernando de la Cerda (mort en 1275), fils d'Alphonse X le Sage, qui n'avait pas été profanée par les soldats de Napoléon en 1809.

Ils comprennent les vêtements de l'infant, une longue tunique, le « pellote » (pantalon très large à bretelles), et une immense cape à porter au-dessus, tous dans une même étoffe brodée de soie et de fils d'argent. Sur la tête se portait le « Birrite », sorte de couronne en soie ornée de perles et de pierres précieuses.

La salle capitulaire[modifier | modifier le code]

Elle s'ouvre dans la galerie Est et abrite le « Pendòn », un trophée de la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212. Il provient de la tente de Miramamolin al-Nasir, le chef almohade vaincu.

  • Le « pendòn » est réalisé avec des appliques de soie. Le motif en étoile reprend les exhortations des enluminures figurant sur les exemplaires du Coran de l'époque. Des citations du Coran (sourate 16,10-12) prêchent la guerre sainte et promettent le paradis aux combattants pour la foi.

Protection[modifier | modifier le code]

Le monastère fait l’objet d’un classement en Espagne au titre de bien d'intérêt culturel depuis le 3 juin 1931[1].

Le pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. On vient d'Atapuerca, la prochaine commune est Rabe de las Calzadas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base BIC du ministère espagnol de la Culture sous le nom Monasterio de Santa María la Real de las Huelgas et le n° de référence RI-51-0000453.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]