Messe de Saint Grégoire

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La Messe de Saint Grégoire, plumes sur bois 68 x 56 cm, Mexique 1539. Musée des Jacobins d'Auch.
Œuvre de Diego Huanutzin, montreur de marionnettes aztèque entre 1539-1541. Cette technique était une spécialité aztèque appelée "amanteca" ; il s'agirait du plus vieil exemple d'art chrétien en Amérique.

La Messe de Saint Grégoire est un sujet iconographique religieux apparu à l'époque de la chrétienté médiévale et que l'on retrouve encore après la Contre-Réforme.

Ces œuvres, tableaux, gravures, enluminures, sculptures, etc., représentent le pape Grégoire le Grand (540-604) en train de célébrer la messe en l'église Sainte-Croix-de-Jérusalem de Rome, avec en face de lui sur l'autel la vision du Christ en tant qu'Homme de douleur[1], en réponse à sa prière pour convertir une personne doutant de la présence réelle.

Historique[modifier | modifier le code]

La Messe de Saint Grégoire par Bernt Notke (1435-1509). Aarhus, Danemark

Les références les plus anciennes actuellement connues datent du VIIIe siècle dans les récits de Paul Diacre et au siècle suivant chez Jean Diacre. Dans cette dernière version, le pape célèbre la messe, lorsqu'une femme se met à rire pendant la communion, déclarant à son compagnon qu'elle ne croit pas en la présence réelle. Aussitôt après la prière de Grégoire le Grand, l'hostie se transforme en doigt sanglant. Différents textes reprennent cette histoire au cours des siècles suivants, comme la Légende dorée, transformant la vision en apparition du Christ de douleur.

C'est surtout après l'Année Sainte 1350 à Rome que ce thème connaît rapidement un engouement croissant dans le domaine de l'art auprès des fidèles. En effet, une icône byzantine de mosaïque sur ce sujet, peinte plusieurs siècles auparavant, connaît une nouvelle ferveur. Une copie du XIIIe siècle en est conservée aujourd'hui à Rome, à la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem. Les copies se multiplient et le sommet de la vénération de cette image est atteint pour l'Année Sainte 1500, lorsqu'elle est toujours associée à des indulgences. On retrouve ce sujet dans les livres d'heures[2], puis il se développe grâce à l'imprimerie. La Messe de Saint Grégoire est particulièrement populaire au nord des Alpes, où l'on rencontre également des œuvres sculptées. Une gravure sur bois de Dürer datant de 1511 est particulièrement réputée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

La Messe de Saint Grégoire, groupe sculpté de 1480, musée de Bode, Berlin
  1. Pendant qu'il célèbre la messe, une des personnes de l'assistance doute de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Quand Grégoire se met à prier, l'assistance aurait eu la vision du Christ sur l'autel, entouré des instruments de la Passion et versant dans le calice eucharistique le sang de sa plaie au côté.
  2. Souvent dans l'office de la Croix, ou au début des psaumes pénitentiels

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La messe de Saint Grégoire du musée des Jacobins d'Auch : une mosaïque de plumes mexicaine du XVIème siècle , La Revue du Louvre et des musées de France 1994, no5-6, pp. 38-47 Réunion des musées nationaux, Noisiel, France (1961).
  • Rayonnement d'un modèle. Emprunts méconnus à la 'Messe de saint Grégoire' flémallienne dans la peinture et la tapisserie bruxelloises, Didier Martens, Annales d'histoire de l'art et d'archéologie 2001, vol. 23, pp. 25-59 INIST
  • La Messe de Saint-Grégoire d'Auch et l'évêque Julián Garcés de Calatayud, Claude Arrieu, bulletin de la Société archéologique, historique... du Gers, n°390, 4e trimestre 2008, p.513 à 531. (cinq photos)
  • "La Messe de Saint Grégoire, une oeuvre métisse, musée des Jacobins d'Auch", Claude Arrieu, bulletin de la Société Archéologique, Historique...du Gers, n° 406, 4e trimestre 2012, p. 493 à 521. (1 reproduction pleine page de la Messe).