Fronton (grammairien)
Fronton (en latin Marcus Cornelius Fronto, Cirta, Numidie, v. 95[1] – v. 170) est un grammairien, rhétoricien et avocat africain romanisé[2].
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[modifier] Vie et œuvre
C'est vraisemblablement à la réussite, mal connue, de son père que Fronton doit d'avoir été sénateur[3]. Ses débuts de carrière sont connus par une inscription de Calama[4]. Il débuta par le poste modeste de triumvir capitalis, puis il fut questeur de la province de Sicile, poste sans éclat[3] avant d'être édile de la plèbe et préteur. Son jeune frère Quintus Cornelius Quadratus fit lui aussi une carrière sénatoriale. Choisi par Hadrien pour être le précepteur de Marc-Aurèle et de Vérus, ami de ce même Marc Aurèle et d’Antonin, Fronton devient consul en 142[5] et se retrouve au cœur d’un réseau de solidarité de sénateurs dont beaucoup sont africains et comprenant aussi son beau-fils C. Aufidius Victorinus, consul en 155.
Fronton, qui se disait « Libyen issu de Libyens nomades » (grec ancien : « Λίβυς τῶν Λιβύων τῶν νομάδων »)[6][7], est connu pour avoir entretenu une riche correspondance, qui ne nous est toutefois parvenue que sous la forme de palimpsestes et reste donc fragmentaire. Il échangea des lettres en latin et en grec avec des empereurs (ses élèves Antonin le Pieux, Marc-Aurèle et Lucius Verus), l'historien Appien et divers membres des grandes familles sénatoriales. Son approche de la rhétorique, qu'il considère comme source de tout savoir, même philosophique, fait son originalité et son intérêt.
[modifier] Notes
- P. Fleury, 2003, p. 12
- « Les Berbères romanisés avaient été loin dans l'assimilation. Ils avaient adopté la langue, les mœurs, même l'esprit de Rome qui put recruter chez eux des chevaliers, des sénateurs et susciter une élite intellectuelle représentée par Apulée, Fronton, Tertullien, saint Augustin » (André Berthier, L'Algérie et son passé, Picard, 1951, p. 25).
- van den Hout, 1999, p. vii
- CIL VIII, 5350 (ILS, 2928)
- Werner Eck, « M. Cornelius Fronto, lehrer Marc Aurels, consul suffectus im J. 142 », Rhein. Mus. f. Phil., 141/142, 1998, p. 193-196
- Ad M. Caesarem 2.3,5; cf. A. R. Birley, The African Emperor (London: Batsford, 1999), 43.
- Edward Champlin, Fronto and Antonine Rome (Cambridge, MA: Harvard University Press, 1980), 7-8.
[modifier] Bibliographie
- Textes de Fronton
- Correspondance, traduction et commentaire de Pascale Fleury, avec la collaboration de Ségolène Demougin, Les Belles Lettres, Paris, 2003 (ISBN 2251742026).
- Eloge de la négligence et autre textes, traduction du grec et du latin, préface et notes par Nicolas Waquet, Payot et Rivages, coll. « Rivages Poche/Petite Bibliothèque », n° 588, Paris, 2007, 136 p. (ISBN 978-267436-1729-5).
- Sur Fronton et son oeuvre
- Pascal Quignard, Rhétorique Spéculative, 1995 (où l'auteur place Fronton comme étant à l'origine d'un courant anti-philosophique, et littéraire, fait d'images, ou métaphores).
- M. P.J. van den Hout, A Commentary on the Letters of M. Cornelius Fronto, Mnemosyne Supplement 190, Leiden, Brill, 1999.
- Textes autour de sujets liés
- (en) Anthony R. Birley, Septimius Severus, the African Emperor, Routledge, 1999, 43 p.
- (en) Barnaby Rogerson, History of North Africa, Interlink Books, 2001, 75 p.
- Michael Brett and Elisabeth Fentress, The Berbers, Blackwell, 1997, 53 p.
- Gabriel Camps, Les Berbères, Éditions Errance, 1995, 122 p.
- Vincent Serralda, Le Berbère lumière de l'occident, Éditions latines, 1989, 48 p.